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Joomla : Porte du Médoc

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La reconstruction de l’église en 1804.

Voici le devis estimatif des ouvrages de maçonnage, charpente, couvertures, plâtres, menuiseries, serrurerie, vitrage et peinture à faire pour achever la construction de l’église de la commune et canton de Blanquefort, suivant les plans et dessins sur lesquels elle a été commencée et d’après ce qui est déjà fait.

Premièrement la façade du portail, présentement bâtie jusqu’à la hauteur de seize pieds, et qui doit s’élever en totalité avec son fronton à celle de trente-six pieds, sera achevée suivant son architecture intérieure et extérieure. Les murs de refend aboutissant à cette façade et qui soutiennent les voûtes des tribunes présentement faites, et qui doivent porter celles de la nef et des bas-côtés dans cette partie de l’édifice, seront continués dans toute leur élévation jusqu’à la couverture de la même matière qu’ils sont commencés et porteront un entablement qui sera le même que celui des colonnades de la nef auquel il fera suite. Les voûtes à faire que ces murs doivent soutenir seront faites en pierre de Roque et à plein cintre et prendront leurs naissances au-dessus des entablements conformément au dessin qui en a été fait.

Le péristyle ce porche n’a que quinze pieds sous œuvre ou de hauteur de colonnes, d’ordre Toscan qui doit faire partie de cette façade, dont les fondements sont faits. La dernière marche bâtie dans son pourtour et les six bases des colonnes de la façade posées sur place, seront achevés. Les colonnes auront six assisses en pierre dure y compris la base, et le reste avec chapiteau sera en pierre de Bourg. Les entablements et l’attique qui sera faite au-dessus pour cacher la couverture seront aussi en pierre de Bourg, et bien liés et soutenus avec des tirants en fer. Il y aura une dalle en cuivre pour recevoir les eaux de la couverture contre la façade et les jeter de chaque bout du péristyle.

La façade du nord élevée présentement à sept pieds de haut, et donc la hauteur totale doit être de vingt-quatre pieds avec l’entablement, sera achevée de la même manière que ce qui est déjà fait et dont l’intérieur est à colonnes engagées et à portiques avec cinq fenêtres. Le tout en pierre de Bourg d’appareil à la demande de l’ouvrage. La petite tour d’escalier à l’extérieur du clocher pour monter en haut, et bâtie présentement aux deux tiers, ainsi que l’escalier sera achevée avec son entablement, balustrade et coupole qui doit se terminer ; tous les murs commencés qui tiennent à ladite tour, et qui doivent revêtir le clocher pour lui donner la solidité nécessaire seront achevés de la même manière que ce qui est déjà fait.

La façade à colonnes engagées et à portique ouvert qui doit former le bas-côté de la droite, et le séparer d’une ancienne quatrième aile de ce côté du midi, sera élevée sur socle en pierre dure de la même manière que toutes les autres colonnes intérieures, auxquelles cette façade correspond ; et cette élévation en pierre dure sera seulement de quatre assisses y compris celle de la base des colonnes ; et jusqu’à l’entablement tout le reste sera en pierre de Bourg ; et les piles seront bâties jusqu’à l’emporte d’une seule pierre par assise qui formera la colonne et les deux pieds droits des portiques. La partie de mur de cette façade qui n’est pas vue et qui doit porter les charpentes sera faite de moellons.

Les deux colonnades qui doivent former la nef avec des bas-côtés seront élevées sur des socles en pierre dure ainsi qu’il vient d’être dit de celles qui sont engagées : et ces colonnades qui sont chacune de six colonnes d’ordre dorique seront toutes cannelées.

La façade extérieure de la quatrième aile du midi sera démolie environ douze pieds pour être rebâtie avec cinq fenêtres correspondantes aux cinq de la façade du nord. Les anciens murs du sanctuaire, soit dans la partie droite comme dans celle circulaire, seront haussés à la demande du reste de l’édifice. Il y sera fait un entablement dans leur pourtour intérieur semblable à celui des colonnes de la nef, et qui y fera suite. Il sera ouvert au-dessous de cet entablement deux fenêtres pour éclairer cette partie de l’édifice conformément à la demande de l’architecture dont elle sera décorée ; et cette décoration sera faite en bois de sapin avec quatre pilastres d’ordre dorique comme les colonnes de la nef, et de trumeaux de lambris ; le tout orné le plus convenablement et peint. Toute cette partie de l’édifice sera voûtée en pierre de Roque et à plein cintre, la partie circulaire formera un demi-dôme.

Tout ce qui pourra être nécessaire d’être fait de plus aux anciens murs, soit ouvertures de portes, démolition, ragréages, crépissage sera également fait. Toutes les charpentes seront faites en bois de sapin du nord ; et celle des parties de l’édifice qui seront en colonnades sera faite en petites fermes de deux pieds en deux pieds de distance ; et chacune de ces fermes portera un cintre en dessous, tant sur la nef que sur les bas-côtés pour lattes dessus. Les voûtes qui seront en plâtre en manière de plafond ; et il y aura de plus entre chaque cintre des fermes un autre cintre de planches afin de donner à ces plafonds toute la solidité possible : c’est par la même raison aussi que la latte de ces plafonds aura six lignes d’épaisseur et en bon bois de sapin du nord. Tous les entablements au-dessus des colonnades intérieures seront en plâtre avec des consoles sur lesquelles ils seront lattés pour les portes.

Les plafonds du péristyle seront également faits en plâtre ainsi que les architravées intérieures. Toutes les couvertures seront lattées en planches de bois de sapin appelé échancré ou de bois qu’on appelle dans ce pays bois de brute comme étant les meilleures espèces pour ces sortes d’ouvrage ; et le tout sera couvert en tuile creuse de gironde.

Le sanctuaire sera pavé en grand carreau d’un pied de terre cuite râpé et taillé ; cette partie étant élevée d’une marche au-dessus le reste de l’église, cette marche sera de six pouces d’élévation ; et de pierre dure de la première qualité, et bien taillée ; elle recevra une banquette en fer ou à balustres ouvrante au centre et sur les deux rives.

L’intérieur de la nef et les deux bas-côtés seront pavés en grands carreaux de pierre appelée dallotte bien taillée pour l’ancienne ou quatrième aile demeurera carrelée telle qu’elle est.

Le péristyle sera pavé en carreaux de pierre de Barsac et il y aura trois marches à son pourtour conformément au plan.

Toutes les fenêtres qui sont au nombre de douze, ainsi que les trois éventails au-dessus des tribunes, seront garnies de châssis en fer pour le verre, ouvrant et fermant, et bien vitrés et peints. Les trois portes de la façade seront réparées selon qu’elles en auront besoin. Les trois tribunes seront carrelées en carreau de terre cuite ordinaire ; et il sera fait à ces trois tribunes des balustrades et banquettes en bois et peintes.

Il sera fait trois autels en bois de chêne avec leurs marchepieds ; celui pour le chœur de la nef sera plus recherché dans ses formes et ornements que les autres deux qui seront au bout des bas-côtés. Il ne sera point ici question de retables ; cette décoration quoique nécessaire, mais qu’on peut vouloir plus ou moins riche restera pour avoir lieu avec le temps selon l’agrément de la commune.

On a pris également le parti d’abandonner dans ce moment un autre objet de décoration non moins important puisqu’il ferait partie essentielle de l’architecture de l’édifice sous un certain rapport : il s’agirait de la voûte de la nef qui exigerait une peinture de compartiments à la fresque ou à la détrempe, qui, la divisant d’une manière agréable la rendrait plus conforme au caractère de l’édifice et aux règles de l’apparence nécessaire en architecture en lui donnant un air de légèreté.

C’est à quoi les difficultés qu’on fait entrevoir de nouveau dans les moments suffisamment de fonds entrainent ; de manière que ces derniers articles demeurant supprimés le bâtiment achevé d’ailleurs bien fait suivant les règles de l’art conformément au plan sur lesquels il a été commencé, et qu’il est expliqué ci-dessus se montera à la somme de vingt-huit mille cinq cents francs.

Signé : Blanchard [architecte].

Le maire de la commune de Blanquefort soussigné certifie le présent devis pour ce qui concerne l’église de Blanquefort, montant à la somme de vingt-huit mille cinq cents francs.

Blanquefort, le 14 messidor an 12 [3 juillet 1804].

Signé : Pepe maire.

Texte transcrit par Martine Le Barazer. Source : AD sous-série 2 O 850.

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