Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

Le château de Blanquefort, décrit par Léo Drouyn en 1847.

Il se trouve à l’est de l’église et à quelques distances dans le marais. On y parvient par des chemins en très mauvais état, qui à l’approche du château, traversent des oseraies et des marécages. Le château était entouré d’une double enceinte ; les trous des fossés qui circonscrivent la première, quoique n’étant pas figurées sur le plan que je possède, sont néanmoins bien apparents encore au levant et au midi. De ce dernier côté, sur le bord de ce fossé est un chapiteau de colonnes en marbre blanc sculpté en feuilles d’acanthes assez grossières et se rapprochant de la forme qu’on leur donna aux XI et XIIèmes siècles ; voici quelles sont les dimensions de ce chapiteau : hauteur 0 m 65, diamètre à la base 0 m 45 et au sommet 0 m 65. Le fossé régnant tout autour du château au pied des murs qui circonscrivent la 2ème enceinte est partout très apparent quoiqu’à certaines parties il soit à peu près comblé et praticable aux piétons. On y trouve, éparses, ça et là plusieurs de ces grosses boules en pierre, dont on se servait dans la défense des places et qu’on précipitait au moment des assauts sur les assaillants du haut des tours et des murs. On remarque sur la levée à l’est des traces d’un ouvrage qui pourrait avoir été une barbacane. La principale porte d’entrée du château est dans cette même direction ; je l’ai dessinée assez exactement pour me dispenser d'en donner la description. Ces caractères principaux ne la font pas remonter au-delà du XVIème siècle.

Au moyen de cette porte, on pénètre dans la seconde enceinte entourée comme je viens de le dire d’un mur ou rempart fortifié d’espace en espace par des tours rondes de dimensions diverses, et, par leur appareil se rattachant à des époques successives, comprises entre le XIIème siècle environ et le XVIème. La première tour qu’on trouve à droite en pénétrant dans cette enceinte était un corps de garde destiné à la défense de cette porte. Les murs de cette tour sont percés de meurtrières dont une est cruciforme. Il y a une cheminée. La seconde tour, toujours à droite de la porte présente au rez-de-chaussée une salle de forme carrée pourvue d’une cheminée et voutée en arc de cloîtres. Elle est percée de 2 meurtrières dont l’extrémité inférieure est arrondie pour faciliter le service des armes à feu. Sur le sol, est une de ces boules en pierre qu’on trouve au pied des murs d’enceinte. Au premier étage est une salle de forme octogonale et voûtée en ogive. Ici, la voûte est à nervures qui retombent sur des consoles en forme de chapiteaux, à double rang de feuilles de chênes. Quelques-uns sont à têtes plates. Les nervures de la voûte sont arrondies.

On distingue encore le chambranle de la cheminée ; à gauche de celle-ci, est un chapiteau à double rang de feuilles de chêne ou de vigne et au-dessus un lion léopardé. Cette salle est éclairée à l’orient par une baie de fenêtre dans l’épaisseur de laquelle est taillé un banc, probablement celui du châtelain car il est surmonté comme décor d’une accolade formée par un tore qui retombe sur des colonnettes de grosseur égale à celle du tore et sans châpiteau. Au midi, se trouve une autre fenêtre avec banc, sans décor. Il n’existe plus que les formerets de la voûte qui couvrait cette salle. Les nervures qui coupèrent ces formerets ont la baguette. À droite de la cheminée, au nord, est une meurtrière, arrondie à son extrémité inférieure ; il s’en trouve une autre au-dessous de la fenêtre au levant. À l’extrémité nord de cette salle, on avait pratiqué un trou ou puits de forme carrée ayant 10 pieds environ de profondeur qui se fermait au moyen d’une trappe et dans lequel on communiquait par un corridor voûté. Au nord-ouest est une meurtrière cruciforme arrondie dans le bas. L’épaisseur des murs de cette tour varie ; elle est de 2 m au nord, coté attaquable et de 1 m 22 seulement au midi, c’est-à-dire du côté de l’enceinte ; les baies de fenêtres sont en arc plein-cintre surbaissé.

La tour qui occupe le flanc nord-ouest du rempart est beaucoup plus grosse que toutes les autres de l’enceinte ; son sommet dépasse peu le niveau de la cour de la seconde enceinte dont le niveau dépasse celui du marais environnant. L’épaisseur de cette tour demi-circulaire est de 4 mètres 15, y compris un corridor ou chemin de ronde.

Près de cette tour et dans la partie ouest, le rempart présente une ouverture qui, peut-être, était originellement une cage d’escalier servant à pénétrer soit dans quelques salles basses soit à parvenir à une poterne extérieure. Du coté sud-ouest, des constructions récentes qu’habitent un paysan gardien du lieu et sa famille, s’adossent aux courtines qui continuent ensuite sans autre interruption que de petites tours demi-circulaires dans l’une desquelles se trouvent encore des boules en pierre et viennent se rejoindre à la tour qui du côté du midi défendait la porte d’entrée de concert avec la tour du côté nord que j’ai décrite plus haut.

Texte de Léo Drouyn. Cahier 1 162 T 15 1 Blanquefort 27 juillet 1847 MM. Ch Des Moulins, Panel fils et moi.

joomla template