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L’aviation militaire à Blanquefort en 1914-1918.

Presque inexistante en 1914, l’aviation militaire a connu un développement très rapide. Il apparaît maintenant que Blanquefort a joué, à divers titres, un rôle important dans cette aventure.

Une école d’aviation ? Au début de la guerre, l’armée française aligne 162 avions sur un front de près de 700 kilomètres ; ils sont principalement utilisés pour l’observation du champ de bataille et le guidage des tirs de l’artillerie. Très vite, l’avion devient irremplaçable et les commandes affluent. La formation des hommes, qu’il s’agisse des pilotes, des observateurs ou des mécaniciens nécessite la création de structures adaptées. À la fin de 1915, un 3ème groupe d’aviation est créé à Bordeaux ; il administre les formations de l’aviation des territoires d’opérations extérieures. Il met sur pied un « Centre de perfectionnement des spécialistes de l’aviation » qui forme les nombreux mécaniciens et conducteurs d’automobiles de l’aviation. Installé quai des Queyries puis sur les Allées de Boutaut à Bordeaux-Nord, il possède un dépôt au château Dulamon où les stagiaires en fin de formation attendent leur départ en escadrilles. Ils semblent apprécier leur séjour qui dure parfois plusieurs mois. Des cartes postales envoyées par les stagiaires ont pu faire penser que l’école était située à Blanquefort.

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Un aérodrome. La plupart des constructeurs d’avions sont établis en région parisienne. Ils produisent 50 appareils en août 1914, 383 en août 1915, 745 en août 1916, 1302 en août 1917 et 2912 en août 1918. Cette progression dépasse les capacités de production ; une décentralisation de cette industrie est décidée en 1918, la région bordelaise accueille plusieurs constructeurs. Certains s’installent dans des usines déjà existantes comme De Marçay à Bacalan et Savary & De la Fresnaye sur les boulevards, leurs premiers avions sortent en septembre 1918. D’autres comme Blériot, Nieuport ou Salmson décident la construction de nouvelles usines, ils n’auront pas le temps de démarrer leur production avant la fin de la guerre. Le SFA (service des fabrications de l’aviation) établit et contrôle les marchés ; il ouvre donc une antenne à Bordeaux pour assumer sa mission sur ces nouveaux lieux de production. Afin de pouvoir assurer la réception en vol et le stockage des avions, il décide de créer un aérodrome à Blanquefort. Les choses sont rondement menées : les terrains sont réquisitionnés en septembre 1918 et l’aérodrome est ouvert. Des hangars « Bessonneau » abritent les avions neufs en attente d’acheminement vers les escadrilles. La proximité immédiate de la voie ferrée a probablement joué un rôle déterminant dans le choix de cette implantation ; les avions étant acheminés par rail vers les escadrilles. La paix venue, les commandes aux industriels sont annulées et les terrains réquisitionnés sont remis à leurs propriétaires en octobre 1919.

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Le 5ème groupement d’annexes du service des entrepôts généraux.

Le service des fabrications de l’aviation a dans ses attributions la fourniture aux industriels des matières premières ; c’est la mission du service des entrepôts généraux dont une annexe ouvre à Blanquefort sous les ordres du commandant Meynier.

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Un aviateur blanquefortais. Léopold Michel Montoya, né en 1897 à Blanquefort, s’est engagé dans l’armée en 1909. Il a servi en Algérie et au Maroc, puis en France à la mobilisation. En 1917, il passe dans l’aviation, obtient son brevet de pilote et est envoyé dans l’aviation de l’armée d’orient qui combat dans les Balkans. Le 5 avril 1918, il est abattu par les Allemands qui l’inhument sur place après lui avoir rendu les honneurs militaires. C’est par le plus grand des hasards qu’en 1905, un gendarme français servant en Macédoine après les combats qui ont affecté cette région, a pu retrouver la tombe de ce combattant de l’air.

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Un siècle avant. En 1818, Èlisa Garnerin est célèbre pour ses ascensions en ballon suivies de sauts en parachute. Le 8 février, en fin d’après-midi, elle s’élève du Jardin Public. Emporté par le vent, le ballon s’éloigne rapidement et notre parachutiste atterrit dans une vigne, près de la rue Paulin. « Le ballon fut retrouvé, déchiré en morceaux, à Blanquefort, à deux lieues de Bordeaux. Un paysan qui l’avait vu tomber avait achevé la destruction ».

Texte et documents de Michel Baron.

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