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BLANCAHÒRT OCCITANA PRESENTACION DE QUAUQUES NOMS DE LÒCS-DITS  A COMPTAR DE LA LOR ETIMOLOGIA GASCONA E MEDOQUINA.

Tribalhs dau talhèir de microtoponimia dau GAHBLE Seteme de 2009.


PRESENTATION DE QUELQUES NOMS DE LIEUX-DITS  A PARTIR DE LEUR ETYMOLOGIE GASCONNE ET MEDOCAINE
Travaux  de l’atelier de microtoponymie du GAHBLE Septembre 2009.

Mode d’emploi :

Chaque toponyme est présenté d’abord sous sa forme orthographique la plus récente (plans de ville, derniers cadastres…).
Il est suivi par sa situation sur le plan de ville le plus récent (édition 2009), exemple 3D, puis par sa forme occitane selon la graphie dite classique (graphie en vigueur aujourd’hui, qui s’inspire de la graphie des Troubadours), et enfin d’une ou plusieurs propositions de sens.
Sont parfois cités les travaux de Simin Palay, auteur d’un dictionnaire français-gascon très complet au XXème siècle.

TOPONYMES GASCONS DE BLANQUEFORT.

Ardiley (3D) : Ardilèir, endroit argileux (formé sur ardila, forme nord-gasconne d’ « argile »).

Argelès (3A) : Doublon d’Ardiley, avec lequel il partage la même étymologie. Cette forme, que l’on retrouve en Gascogne pyrénéenne (Argelès-Gazost) et en Catalogne (Argelès-sur-Mer) ne semble pas véritablement locale. Est-ce le nom de quelqu’un, qui a été donné à une parcelle ? Ou bien une déformation d’Ardiley ?

Barrail Bernard (3H),  Barrail de Gasse (2H), Barrail de l’Eglise (4H), Barrail du Milieu (6D), Barrail Lacouplay (3I), Barrail Neuf (4G), Grand Barrail (4H) : tout ceci est formé sur le mot gascon barralh, qui signifie « enclos, lieu fermé de barrières, parc à bestiaux, champ clôturé ».

Bel Air (1D) : Peut venir de bel èrm, c'est-à-dire grand espace en friche, vide ou désolé. Bel/beth peut avoir le sens de « gros, imposant ». Un èrm est un espace vide et désolé.

Beley (4D): Peut-être déformation de Bel Air.

Berdaca (2E) : Pourrait venir de verdacar, l’endroit de verdure, vert, avec beaucoup de végétation.

Bernada (4C) : Féminin de Bernat = Bernard, qui peut être aussi bien un nom de famille qu’un prénom. La Bernada, c’est
-    soit une femme prénommée Bernada (dont Bernadèta – Bernadette est le diminutif)
-    soit la femme, la sœur, l’épouse, de Bernard, ou d’un M. Bernard.
Attention : pourrait aussi être une déformation de bernèda, aulnaie, plantation d’aulnes.

Bigney (5E) : De vinhèir, « vigneron » en gascon local. Il est peu probable que ce toponyme corresponde à un espace planté de vignes, la terminaison en èir évoquant un métier, une pratique.

Bigorre (3C) : Sans doute un chafre (=surnom) donné à quelqu’un originaire de Bigorre (Bigòrra).

Bioussas (4C) : Semble plutôt pyrénéen, voire toulousain. Formé sur biule/biulet « peuplier » avec un augmentatif/dépréciatif às.

Birehen (4E) : Vira hen, action de retourner le foin afin qu’il ne moisisse ni ne pourrisse.

Bois du Baneau (4E): La bana était un récipient destiné à contenir du lait, du vin, etc. C’était aussi, semble-t-il, une unité de mesure. D’après Simin Palay, lo banèir est un « mesureur de vin ». Signalons aussi que du côté de Sabres, lo banèr/banèir veut dire « l’évier ». Ici, « Baneau » semble se référer à un patronyme.

Bousquet (3G) : Bosquèt, diminutif de bòsc = « bois, forêt » : petit bois.

Bouyre (5C) : Sans doute à prononcer « Bouïré » (avec un « é » final très court), ce toponyme semble venir de boèiria ou boiria, qui signifie « étable, bouverie, lieu où l’on gardait ou élevait les bœufs et les vaches ».

Breillan (4B) : Nom de famille, d’origine incontestablement occitane, pour lequel je n’ai trouvé aucune étymologie satisfaisante. Probablement une formation gallo-romaine, avec ce suffixe an ou ac qui désigne une propriété : la propriété de Brillus ?

Brignais (3E) : Dérivé de vrenhas, les vendanges. Localement en gascon maritime, le « e » fermé se prononce « i ». Mais je ne suis pas certain de l’éthymon de vrenha (que personnellement je prononce avec un « è » ouvert), la proposition est donc à prendre avec prudence.

Cabotte (5F) : Cavòta = petite « cave », au sens de pièce souterraine où l’on garde les provisions, mais aussi de « cavité, dépression, trou ». On peut même le trouver employé comme adjectif qualificatif, cave-a, comme en ancien français, dans le sens de « creux, creusé ».

Cagnarde (2H et 2I) : Canharda, en langage familier et même vulgaire, c’est celle qui à la canha, c’est-à-dire la flemme. Flemmarde, paresseuse.

Camerouge (5D) : Cama roja, « jambe rouge » sans doute le sobriquet de quelqu’un, ou le nom populaire d’une maison, d’une taverne…

Campot (3C) : En l’état actuel, campòt = « petit champ ».

Canard (4F) : En occitan de Gironde, lo canard désigne aussi le canard comme en français (se dit aussi guit).

Cantegrit (4E) : Canta gric (se prononce « grit ») = chante grillon, lieu où l’on entendait chanter les grillons.

Cantelaude (4B) : Canta lauda, élision de canta alauda = « chante alouette ».

Canteret (6D) : Diminutif de cantèra = « talus, hauteur », mais aussi « limite, bordure ».

Capdehaut (5D) : Cap de haut « extrémité de la hauteur, sommet, extrémité de la colline » ; pourrait toutefois aussi désigner un nommé Cap (le patronyme existe ou a existé) qui était « du haut ».

Carpinet (5D) : Sans doute de carpe, « charme » (l’arbre). On voit mal le sens du suffixe inet. Un diminutif ? Ce serait donc « le petit charme » ? Pas du tout certain.

Caseneuve (5E) : Forme francisée de casa nava, « maison neuve ». Il semble qu’en Bordelais, « neuve » puisse se dire aussi bien nava (comme dans Cazenave, ou Villenave d’Ornon), que sous la forme francisée neuva.

Castera (4D) : Casterar, au sens propre, « l’endroit, l’espace où il y a (ou avait) un château ». Le suffixe ar semble un augmentatif indiquant également la qualité. Pas extension, casterar signifie aussi bien « la citadelle, la place forte » que « le château en ruine ».

Caychac (3C) : Caishac, le domaine de Cassius.

Corn (5D) : Cornèir signifie « coin », cornau « hameau, zone défrichée pour peuplement ». Nous pourrions avoir avec corn une forme archaïque ou « première ». Sans garanties.

Costelaude (4C) : Còsta lauda (même phénomène que pour « Cantelaude ») : la côte aux alouettes.

Coulom (4C) : Sans doute une déformation (ou une prononciation locale) de colom, « pigeon, colombe ». Hypothèse plus vraisemblable qu’une piste issue de « colon, colonie » (qui existe par ailleurs, mais sous d’autres formes).

Cournalet (3B) : Cornalèt, petit cornau, petit hameau, petite zone d’habitation.

Fongravey (4D) : Font gravèir (a) : la fontaine ou la source "gravière", c'est-à-dire qui sourd à l'endroit où il y a de la grave, ou bien qui contient elle-même des graviers ; plutôt liée à un endroit bourbeux, où l’on « tchampouille »… (autre sens de grava).

Gabarey (4E) : Gabarèir : – soit "le gabarrier", c'est dire celui qui a une gabarre, ou fabrique des gabarres (ancien habitant ?) ;
– soit -et c'est plus probable- l'endroit où il y a du gabàs c'est-à-dire des buissons, des halliers, des épineux, et plus particulièrement des églantiers, des ajoncs ou des ronciers.

Gabareyre (4C) : Gabarèira : version féminine du précédent, qui confirme plutôt la deuxième hypothèse (la toponymie s'appuie essentiellement sur la végétation et la géographie des lieux) : la zone gabarèira, c'est la zone où il y a des épineux, des ronces, des broussailles des ajoncs (on trouvera aussi gabarar).

Galochet (4C) : Origine obscure, quoique gasconne de façon quasi-certaine. Un petit ruisseau de Saint Macaire s'appelle le Galouchey. Simin Palay cite galouchey comme signifiant "sabotier" en Gironde.  Il y a donc sûrement ici la racine galòcha = sabot, galoche.
À rapprocher plutôt de galochèr (galoutchè chez Palay qui ne l’a recueilli qu’en  vallée d’Aspe) signifiant « qui a une vilaine démarche ». Je rapprocherais ce nom, puisqu’il s’agit d’un hydronyme avéré, du nom du ruisseau de l’Escamat, à Sabres, qui semble avoir la même valeur sémantique. Le ruisseau « qui torille, qui torteja », l’arriu tòrt, en quelque sorte.

Garenotte (5D) : Garenòta : petite garenne, lieu sauvage où on trouve notamment des chênes verts (garric).

Grattecap (5C) : Grata cap : chafre, sobriquet de quelqu’un : "gratte-tête", qui existe comme nom de famille.

Grattequina (3I) : Grata qui n'a : probablement un autre chaffre... La prononciation du "a" final indique soit le verbe avoir (gratte qui n'en a, qui n'a rien), ou une quelconque formation finale en ar... Il peut aussi s’agir d’un grata esquina, « gratte-dos », évoquant les broussailles entre lesquelles il faut se frayer un chemin.

Grava (3D) : Gravar : l'endroit où il y a de la grave. Le fait que le "a" final soit resté dans la prononciation prouve qu'il y avait une consonne muette à la fin pour le justifier, sinon il se prononcerait "grave" ou "grabe" (ortho. grava).

Gravade (4D) : Gravada : la zone où il y a de la grave.

Gravette (5D) : Gravèta : petite gravière.

Grazaquer (4C) : Grasaquèr : l’endroit où il y a des grasacas, c'est-à-dire des oiseaux des marais (foulques, sarcelles, rousseroles, engoulevents, poules d'eau...) mais aussi des corbeaux ou des corneilles qui grasaquèjan c'est-à-dire qui coassent, comme aussi des grenouilles ou des crapauds. Noter la forme, inhabituelle en Gironde, en èr au lieu de èir, à moins que ce ne soit une déformation de grasaquèt, chafre possible d'une personne qui "coassait". 

Hon du loup (2E) : Hont deu Lop : la fontaine ou la source de Loup (prénom qui existait jadis en Gascogne) et non pas  – à mon avis – du loup, car je ne pense pas qu'il y en ait jamais eu dans ces zones marécageuses et peu boisées. Curieusement, ici, c'est l'orthographe hont et non la prononciation hount, qui est restée. Sans doute à cause de l'écriture sur le document de 1843. Attention ! Ce peut être aussi un faux ami, une homophonie mal comprise par les gens, et déformée avec le temps, mais je ne le crois pas.

Hude d'Aubre (2D) : Huda d'aubre (s) : la butte aux arbres, hudélh étant cité par Palay dans le sens (vieilli) de "monticule", mais aussi de "houe", c'est-à-dire "charrue, soc", et par extension la levée de terre causée par le passage de la charrue.

La Jalle (4I) : La Jala : terme médocain pour désigner un cours d'eau.

La Lande de Peybois (2C) : Landa de Pèir-Bòi : la lande de Pierre-Bois, ou de Pierre de la famille Bois/Bosc, Bòi étant un nom de baptême très courant au Moyen-âge (cf. noms de famille béarnais).

La Naude (3H) : La Nauda : sans doute un apocoristique de la forme féminine du prénom Arnaud (Arnauda, la femme ou la fille d'Arnaud, ou de la famille Arnaud), présentant un cas classique d’aphérèse : Arnauda > Nauda, c'est-à-dire de chute de la première syllabe du mot par contraction, typique du gascon, comme Nauton, aphérèse de Arnauton.

La Renney (5D) : L'arenèir, dérivé augmentatif du vieil adjectif aren signalant une terre stérile.
Peut  venir du latin arena = sable (également en espagnol), bien que cette forme ne soit pas attestée en gascon, où on emploie plutôt sable, ce qui donne des toponymes comme "Le Sablar", "La Sableyre", ou "Le Sablouney".

Lacaze (4D) : La casa : sans doute un patronyme : "la maison", peut-être par le truchement d’un nom de famille (à vérifier sur les actes anciens).

Lacoste (4C) : La còsta : idem : "la côte", peut-être par le truchement d’un nom de famille (à vérifier sur les actes anciens).    

Lagnet (5D) : L'anhèt : probablement "l'agneau". Ce nom de lieu existe ailleurs, à Biscarrosse notamment. Un agneau ou anhèt, en microtoponymie, c’est un « chaffre » (sobriquet)  qui désigne un niais.

Lagoublaye (4B) : Ne serait-ce pas formé sur lagüa (lagune, avec une déformation) et le nom Blaye, qui peut aussi être celui d'une personne ?

Lamanière (4B) : Attesté en Gironde comme patronyme. Le mot d’origine est lamanh, employé ici en forme fréquentative lamanhèra. C’est une vaste étendue de terre (lo lamanh, très fréquent en microtoponymie).

Landille (4D) : Il  semble bien  que l’on ait ici une formation à partir de landa : landa associé au suffixe diminutif –ilha < latin –icula : petite lande, plus crédible pour un nom de lieu qu’un loquet (cf. ci-dessous).
Autre hypothèse : l'andilha = le verrou, le loquet, terme qui désigne aussi divers outils. Il aurait pu y avoir – ce qui est fréquent – une confusion entre deux termes, les gens oubliant le sens d'andilha avec le temps, et former dans leur tête un nouveau mot formé sur ce qu'ils connaissaient : l'andilha > landilha > landille.

Landouilla (2E) : Sans doute formé sur "lande"... ce serait le même type de formation que bartolh relevé en pays d’Orthe, à partir de barta, avec ajout du suffixe fréquentatif –ar.

Laubarède (4C) : L'aubarèda : l'endroit planté d'aubiers.

Le Luc (5C) : Lo luc = "bois sacré" (du latin lucus). C'était un espace forestier que l'on pensait chargé d'une dimension spirituelle, habité par des esprits, etc. Par extension, cela a désigné "le bois, la forêt".

Le Poujeau (2C) : Lo pojòu = dérivé de poi = la colline, la hauteur.

Le Sablat (3D) : Lo sablat ou peut-être lo sablar = l'endroit sablonneux, l'étendue de sable.

Le Soustra (4E) : Lo sostrar, l'endroit où il y a du sostre, c'est-à-dire des épineux (ajonc, ronces...) avec lesquels ont faisait jadis la litière des bêtes. Lande désolée, avec des ajoncs et autres arbustes.

Le Tiscot (5E) : De tiscar = "agacer, provoquer" ? Plutôt chercher du côté des aphérèses (disparition d’une syllabe au début d’un mot) patronymiques.

Le Vivey (3C)  : Lo vivèir = "le  vivier" ; l'adjectif qualificatif vivèr/vivèir s'employait aussi, d'après Simin Palay, pour désigner quelqu'un de vif, de "vivant", en bonne santé, et surtout un terrenh vivèir signifiait "un terrain qui rapporte, qui permet d'en vivre".

Les Barjolles (4G) : Peut-être un diminutif de barja, « barque ».

Les Cabanots (2A) : Les petites cabanes, les petites maisons.

Les Marnières (2A) : Las marnèiras = l'endroit où il y avait de la marne, de la boue, que l'on extrayait parfois pour bâtir des maisons de torchis, ou pour faire des briques. Francisation de Las Marlèras (< margila en latin).

Les Padouens (3F) : Los padoenç = les pacages communaux ou seigneuriaux en accès libre.

Madère (3B) : Madera/madeira (au féminin, le gascon bordelais peut parfois – pour des facilités de prononciation – utiliser la forme sud-gasconne èra alors que le masculin reste èir). Pas d'accent grave, car le [e] est fermé. Même sens que masera = "ruine, masure", mais aussi "boue séchée". Ici, on pense plutôt au sens pédologique. Je crois que c’est l’origine aussi du pays de Madiran. Les « Masèras » étant généralement signalées de façon collective.

Majolan (6C) : Peut-être une déformation de mèja lana = "la lande du milieu", ou une contraction de majora lana = "la grande lande". Mais lan ne peut signifier « lande » en Médoc (-nd- ne passe pas à -n- et landa donne, de toutes façons, ailleurs en Gascogne, lana. Lan, c’est la laine).
Plus plausible est une altération de majoran / majorau, « berger en chef » ou un dérivé de majòu, « espace, superficie », avec suffixe locatif –an, signalant une aire bien délimitée (la forme diminutive est majolet). Rester donc prudent sur cette étymologie.

Male Journade (5D) : mala jornada. Référence évidente à la défaite anglo–gasconne du 1er novembre 1450, au cours de laquelle les Bordelais avaient tenté d'attaquer les armées du roi de France. Notons que le château de Blanquefort fut une des dernières poches de résistances anglo–gasconnes. En 1453, Galhard IV Durfort de Duras, retranché dans le château de Blanquefort, combattit avec acharnement, et Blanquefort fut, jusqu'à la reddition de Bordeaux le 9 septembre 1453, une poche de résistance extrêmement violente à l'annexion française.

Marotte (4G) : Diminutif de Marie, mais pas spécialement en gascon. Peut aussi venir d'une aphérèse quelconque.

Marpuch (5D) : On est tenté d'y voir la racine puish, du latin podium = hauteur, monticule. Altération par rhotacisme (vice de pronociation) de mal puch, « mauvaise hauteur ».

Mataplan (5E) : Motheplane sur la carte de Cassini et, pour le coup, je pense que ce n’est pas une cacographie (faute d’écriture). Vérifier sur le terrain s’il a pu y avoir à cet endroit une motte au sommet aplati…Dans ce cas, ce serait, bien sûr, Mòta plana.
A noter que mata signifie "digue, remblai" ou "terre alluviale". 

Maurian (3D) : Forme équivalente à "Mauriac" : terre de Maurus / Maurius.

Mongeau (2B) : Formé sur monge = "moine" ? Compte-tenu du suffixe -eau, semble un nom gavache, de langue d’oïl (patronyme ?).

Moulinas (4H) : Pourrait être formé sur molinàs = "gros moulin". L’étymon est le latin populaire molliare dérivé de mollis, « mou ».

Moulinet (3D) : Molinèt = "petit moulin".

Mourlon (3G) : Déformation probable de Morlan / Morlana = "morte lande" ou "vaste lande".

Petites Crambottes (4H) : Crambòta ou crambòt = "chambrette, réduit, placard, cabane" selon Palay. Cf. les « crampòts » des pêcheurs du petit port de Biarritz. Ici, « cabanes ».

Peyrestruc (5B) : D'après les anciennes attestations, pèir est à entendre ici selon une signification courante en Bordelais, celle de puish c'est-à-dire "hauteur, monticule". Pèir astruc ou Puish astruc = "colline chanceuse, qui porte chance, qui porte bonheur", sans doute au sens "qui rapporte bien". Reste le problème de la graphie de ce dérivé de podium…Équivaut aux Montastruc, plus fréquents.

Peyserin (2B) : Viendrait de Pèir de Serin, notable local du XVIe siècle. De Pèir et Serin (< Severinus, évêque de Bx).

Picherie (3G) : Pishar, signifie aussi bien "pisser" au sens propre du terme que "couler", pour une source par exemple. Pisharia.

Pigeonneay (3C) : Pijonèir = pigeonnier.

Pommiers (4D) : Pomèirs. Sans doute un souvenir de la famille noble de Pomiers ou Poumeys, dont le château se trouve du côté de Sauveterre-de-Guyenne. Une des plus anciennes familles de chevaliers gascons du Bordelais, dont plusieurs membres se sont illustrés au Moyen-Age, notamment pendant la guerre de Cent Ans (Sanche de Pomiers, Amanieu de Pomiers). Une pommeraie serait mentionnée Poumarède (pomareda).

Pontac (4H) : Pontac. Idem, vieille famille de la noblesse de robe (haute bourgeoisie de la magistrature) bordelaise, propriétaire entre autres du château des Jauberthes, près de Langon.

Port de Terdade (5F) : Si la forme attestée entre le XVIème et le XIXème siècle est "Terrelade", alors le nom vient du latin terra lata, "terre grande, large, vaste". Même formation que pour la commune de Virelade (Villa Lata). Pòrt de Tèrralada. Terdade ne veut rien dire, a priori.  Mais attention ! Il existe aussi un sieur de Terrade (Jacques de Bordes, écuyer, sieur de Terrade (Arch. de Gironde, XVII, 372).

Prade Daubret (2D) : Si prada siginifie bien évidemment "pré, prairie", il y a un doute à propos de ce Daubret. Nom d'un ancien propriétaire ? Ou dérivé d'aubrèt = "petit arbre" (aubre en gascon). Prada d'Aubrèt. Peut-être faut-il comprendre ici Prada dau Bret, « prairie du bègue, du court sur pattes ou du Breton » puisque bret a les 3 sens. Ce serait le plus logique.

Queyrac (3D) : Radical + acum = propriété de Quirus, Querus, ou formé sur ker. Queirac. Nomen ou cognomen Carius + -acum (cf. Dictionnaire toponymique des noms de communes de Gironde à Queyrac).

Queyron (3C) : Sans doute formé sur le radical pré-latin celtique ker (pierre). Queiron.
Peut-être par l’intermédiaire d’un nom de famille, en l’occurrence Elie Queyron ou Pierre Queyron, écuyers mentionnés dans les archives historiques de la Gironde (X, 204 ; VI, 37).

Rajadouys (2C) : Difficilement identifiable. Peut-être de Rajadós = "ensoleillé, exposé au soleil". Altération probable de arrajadius, « terres exposées au soleil ». Absence du a- prothétique dans le Médoc, d’où Rajadius.

Roupitet (2E) : Ropitèt. Peut-être effectivement un diminutif de ropit = "rouge-gorge". Probablement le surnom de quelqu'un.

Segat de Rougey (1D) : Segat de Rogèir. Sans doute de segat = "endroit où il y a des sègas, des ronces" et d'un patronyme. Il s'agit de la propriété (épineuse) d'un certain Roger ou M. Rougey.

Somos (4D) : Saumòs. Sans doute à rapprocher de la localité de Saumos (Pays de Buch). Suffixe aquitanique (pré-latin). Transfert de toponyme par l’intermédiaire d’un nom de personne.

Soutey (5C) : Sotèir. Peut–être dérivé de sòuta (solde) = droit de libre fauchage sur des terres communales ou seigneuriales. Peut correspondre à une terre sur laquelle ce droit s'appliquait.

Remerciements : aux deux spécialistes de microtoponymie, Bénédicte Boyrie-Fénié et David Escarpit, pour leur contribution bénévole à l’explication des noms de lieux-dits (les « toponymes », la microtoponymie étant l’étude des noms de lieux-dits « infra-communaux », à l’intérieur d’une commune), aux membres de l’atelier du GAHBLE, Yolande Schoenmakers, Henri Bret et Thierry Cahuzac, pour leur travail de recueil minutieux des toponymes blanquefortais à partir des archives (cartes anciennes de Belleyme et de Cassini, plans cadastraux).



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