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Le réseau routier.

Nous avons retenu principalement ici les informations qui concernaient la commune de Blanquefort et rajouté entre crochets des observations pour une meilleure compréhension.

« Ce sont les travaux du XVIIIème siècle qui ont donné au réseau routier son aspect actuel dans le canton de Blanquefort. Deux nouveaux grands chemins royaux vers le Bas-Médoc ont été alors construits : ce sont aujourd’hui le chemin de Grande Communication n°1 de Bordeaux au Verdon-sur-mer (D1) et le chemin de Grande Communication 2E de Labarde à Eysines (D 2E) [qui traverse le centre de Blanquefort] : dans les plans cadastraux de 1843-1844, respectivement : route de Castelnau à Bordeaux (à Eysines), route de Bordeaux à Pauillac (de Blanquefort à Ludon inclus) [appelée parfois « route des Grands Vins], route de Bordeaux à Lesparre à Macau). À Blanquefort, se trouve en outre l’ancienne route de Bordeaux à Pauillac située un peu à l’ouest de la route actuelle [par les boulevards Victor Hugo et Alcide Lançon]. Ces chemins sont dus à l’intendant Tourny, intendant de Guyenne de 1744 à 1757, mais les travaux de construction proprement dits se distinguent mal des remises en état de chemins déjà existants. (cf. un mémoire de 1730 fait en vue de réparer le « chemin qui passe par les ponts de Blanquefort et du Taillan vers les ports de Pauillac et du Verdon »).

Il semble cependant que le premier de ces chemins (D1) était achevé en 1747 ; pour le second, des travaux importants ont été décidés en 1750 (mention de l’arrêt du Conseil d’Etat du 13 octobre 1750 décidant la construction de la levée de Blanquefort) et réalisés dans les cinq années qui suivirent. La D 2E dans le canton de Blanquefort emprunte parfois le tracé de chemins plus anciens (à Blanquefort, le chemin de Blanquefort à Cachac), mais le souci de simplification du réseau routier est très net : ce nouveau chemin vise à remplacer les divers itinéraires plus anciens qui menaient approximativement au même endroit. Le chemin royal qui est devenu l’actuelle D1 semble être un chemin qui ne reprend pas d’itinéraire ancien, sauf dans la partie comprise entre Bordeaux et le bourg du Taillan. D’autres chemins ont subi des aménagements à cette époque, mais ce sont là les deux seuls tracés modernes dans notre canton.


L’étude du réseau routier antérieur aux travaux du XVIIIème siècle met en évidence les deux facteurs suivants :

- la proximité de Bordeaux fait que parmi les chemins qui y convergent, certains ont un intérêt régional ; ce sont ceux qui relient Bordeaux au Bas-Médoc ou au Pays-de-Buch ; d’autres, les « chemins Bordeaux » permettent aux habitants des paroisses situées dans un rayon de 25 kilomètres de Bordeaux de s’y rendre directement, mais ils peuvent être aussi des tronçons de chemins d’intérêt régional,

- la situation géographique du canton de Blanquefort est déterminante : de Bordeaux à Ludon, s’étend un marais dont la profondeur de trois à quatre kilomètres ne se retrouve que dans le Bas-Médoc. Ce marais est un obstacle à la circulation ; il est desservi par un type original de chemin : le chemin de « palus », et rend nécessaire un mode de construction : le chemin levé, bordé de fossés.


Nous étudierons successivement, d’est en ouest, les principaux tracés de ces différentes catégories de chemin, (laissant de côté les deux chemins du XVIIIème siècle), qui ont pu disparaître, subsister comme chemins ruraux ou vicinaux, ou bien persister comme grands chemins.

1  Le chemin du Roi le long de la Garonne.

Tourny fit faire à Bordeaux des travaux sur le « chemin du Roi », l’actuel cours Balguerie-Stuttenberg, prolongé au nord de Bordeaux par le cours Dupré de Saint-Maur et le chemin de Labarde (D 2) ou chemin de Grande Communication n°2 de Saint-Vivien-du-Médoc à Bordeaux. Il traverse tout le canton de Blanquefort, longeant la Garonne à une distance variant entre 0,5 et 1 km. Il porte le nom de chemin du Roy, dès les plans cadastraux de 1834-1844, jusqu’à la commune de Ludon incluse. D’autres chemins ont porté le nom de chemin du Roi ; nous les étudierons avec les chemins de palus bien que l’origine de cette désignation semble commune.

- dans la commune de Blanquefort : le chemin du Roy entre dans la commune au « Pont des Religieuses » ; à la Révolution, il devint le Grand chemin national, de grand chemin royal de Bordeaux à Parempuyre qu’il était peu de temps auparavant. Au XVIéme siècle, le chemin du Roy passait dans la palue de Blanquefort, sans qu’on puisse toujours localiser les lieux-dits qui le mentionnent (« au Synton » « sur le chemin du Roy », « à la Monedeyre », « aux Arrogatz de Montheplane », « au Luc », « à Bernin »…), [puis étude de Parempuyre, Ludon, Macau…]

Il faut noter la diversité des appellations reçues par ce chemin. Celle de chemin du Roy a été comprise comme caractérisant sa situation juridique, aussi est-il devenu chemin royal, puis chemin national, de Rye du Roi qu’il était au XVIème siècle, alors qu’il est un camin public au XVème. Le fait qu’il soit attesté avant le XVI°, l’importance économique qu’il a eu aux XIIIème et XVIème siècles comme chemin de palue, en font un grand chemin.


2  Chemin de Parempuyre à Ludon. à faire


3  Chemin du château de Blanquefort à Macau.

- dans la commune de Blanquefort. Il n’y a plus aujourd’hui de pont ni même de chemin pour accéder au marais situé au nord du Vigean à Blanquefort. Mais au-delà de la jalle, nous retrouvons le chemin rural du château à Lagnet et le chemin VO n°6 de Canteret. Le premier passe à l’est de Lagnet et à l’ouest de Corbeil, le second à l’ouest de Lagnet. Ce sont deux grands chemins du XVIème siècle, venant de la Croix de Pierre, située dans le bourg à l’est de l’église (en 1550, « la Croix de Pierre » autrefois « la Forcade de Penyn » ; aujourd’hui, place triangulaire avec une croix de pierre qui semble ancienne) ; ces deux chemins desservaient le moulin de Canteret et le château : grand chemin qui vient de la Croix de Pierre au moulin de Canteret et chemin qui va au château, la via casterane. Note : en 1571 « aux Aubarèdes de Canteret », ce chemin passait à l’ouest du village de Gourbeihle (Corbeil) ; la disposition des lieux montre que le chemin VO n°6 de Canteret est bien le chemin de Canteret du XVI° siècle. Les confronts laissent à penser que le lieu-dit » Gourbeilhe » s’étendait sur l’emplacement de l’actuel lieu-dit « Lagnet » dont nous n’avons pas d’ailleurs de mentions anciennes.

D’après le témoignage des photographies aériennes de l’I.G.N. par M. Clos-Arceduc, le chemin empruntait, du sud au nord, d’abord le tracé du chemin du château jusqu’à l’ouest du lieu-dit « Duras-Curgan », ensuite celui de l’actuel chemin VO n°6 de Canteret. Ceci est confirmé au XVIème siècle par la mention du camin deu castet au nord-ouest du bourg de Blanquefort (en 1507 « à Casau Minhon », ce lieu-dit est dit aussi « à la Fon Destournetz » qui se trouve « près de Guaston » (Gaston, dans le plan cadastral de 1843 confronte Soutey ; au XVI° siècle, « Croix de Soutey ») [le lieu-dit Gaston est situé à l’ouest du bourg de Blanquefort, près de Saturne].

Au nord du carrefour qui, au XVIème siècle, se nomme la Croix de Pierre, le chemin s’identifie à l’actuel chemin VO n°11 de la Gravette, chemin de la Gravette au XVIème siècle ; il passait à l’est de « Carpinet » au « cornau de Nycouleau », ce lieu-dit se trouve au nord de la Croix de Pierre. Au-delà, le chemin est aujourd’hui coupé par le domaine de Fongravey, mais les photographies aériennes montrent qu’il le traversait du sud-ouest au nord-est, rejoignant ainsi l'actuel chemin n°8 de Macau à Lugos par Saint-Médard d’Eyrans (D 108). L’itinéraire de ce chemin avant Fongravey est du nord au sud : « la Landille », « Andrian », « les Quatre-Vents », il va à Bordeaux par Bruges. Au XVIème siècle, cette partie du chemin se nommait le grand chemin de les Peyrettes, il passe à l’est du lieu-dit « Gravey ». Le chemin rejoint ensuite une appellation qui revient constamment du XIXème au XVème siècle : chemin de Parempuyre à Blanquefort et chemin de Parempuyre ; au XVIème siècle, il est qualifié également de grand chemin. Il est repéré près des lieux-dits suivants : lieu-dit « Maurian », « Pech de Callendin » en 1576, « Prades de Hontanyeu » à l’ouest de « Larivière » en 1575, lieu-dit « Pradet de Floryt » (non localisé), au « Puch de Callendin ». En 1575, lieu-dit « à la Borie de Seurin » situé au nord de « Larivière ». [Étude de Parempuyre, Ludon et Macau].


4  « Chemin de Bordeaux », ancien chemin de Bordeaux à Macau par Larivière.

- dans la commune de Blanquefort. Ce chemin s’y identifie à la partie du chemin de Macau à Lugos par Saint-Médard d’Eyrans (D 108), situé au sud du lieu-dit « La Landille ». En 1843, c’était le chemin d’Andrian à Larivière, il en était de même au XVIIème siècle, alors qu’au XVIème il se nommait de préférence « chemin de Billanbit » (ce lieu-dit de la commune de Blanquefort reprend le nom qu’un quartier de Bègles – aujourd’hui Birambits). Il est possible que le D 108 reprenne l’itinéraire d’un ancien chemin dont la désignation moderne des Ponts-et-Chaussées aurait gardé le souvenir comme cela arrive fréquemment.

Après le hameau de Larivière, le chemin quitte Blanquefort pour former la limite des communes de Parempuyre et du Pian… Cette limite de commune est formée aujourd’hui par une succession de chemins ruraux, mais en 1843 ils n’en formaient qu’un seul, appelé « ancien chemin de Bordeaux au Pian », processionnal et chemin de la procession au XVIIIème siècle. Cette procession avait lieu à Blanquefort le jour des Rogations à l’ouest du village des Calendrins. Ce chemin a gardé des noms variés, mais non très caractéristiques ; parmi les nombreux chemins de procession rencontrés dans le canton de Blanquefort, il semble qu’il soit le seul à avoir servi de limite de communes. Il permettait d’aller à Bordeaux depuis Macau mais aussi depuis Ludon grâce à un embranchement ; enfin, il allait à Labarde vers le nord et peut-être au delà de Bordeaux vers le sud.


5 « Chemin bourdelays » : chemin de Bordeaux à Linas, commune de Blanquefort. Ce chemin était branché sur l’ancien chemin du château de Blanquefort à Macau. Nous trouvons au XVIème siècle, au nord-ouest du bourg de Blanquefort, le chemin deu Castet qui s’identifie au chemin de Linas à Blanquefort et à Bordeaux ; au sud-ouest du bourg, il se nomme « la Ruche de Bourdeau » « au Casau de la Lande », près de Corbeilhe (1541). Dans le plan cadastral de 1843, son nom est chemin de Bordeaux à Linas (par les lieux-dits « Sables de la Rue », « Galochet » et « Lanler »). et surtout chemin du Bourg à Linas (par les lieux-dits du sud au nord : « Bernada », Coulom », « Lanler », « Sables », « Sables de Coulom », « Sables de Lacoste »). Antérieurement et suivant le même itinéraire (en 1542 « sur le chemin bordeles », « à Langlère prés le Bernada d’Aubarède »), il se nommait indifféremment chemin bordelais, grand chemin de Linas à Bordeaux. Si nous nous plaçons sur son parcours, au nord-ouest du bourg, nous trouvons au XVI° siècle un carrefour important « la Crotz de Sotey » ; cette croix s’appelle aussi croix de Robert Guillem et aussi, semble-t-il, la Croix du Chaffaud (en 1540, « devant Sotey, près du Chaffault »). De là, partent le chemin de Blanquefort à Peyrestruc et au Taillan, le chemin de la Croix de Chaffaud au village d’Aubarède (1688), le chemin de la Croix du Chaffaud au village de Breilhan. Au-delà, à l’est de Breilhan, le chemin est appelé « la Rue » (« Sables de la Rue : lieu-dit sur le chemin de la Rue, « aux Ardilloys de Breilhan » ou chemin de Blanquefort à Linas (1685, lieu-dit « à Testa Clavey » « aux Aulanas de Breilhan »), et même grand chemin qui va et vient de Bordeaux à Blanquefort et à Brilhan, grand chemin public. Le grand chemin de Bordeaux arrivait ensuite au cornau du Petit Lynas (le petit Lynas se situe entre les lieux-dits actuels « Terrefort » au sud et « Linas » au nord) ; les textes montrent qu’il y portait des noms divers : outre celui de chemin Bourdelays, le plus fréquent, d’autres plus vagues tels que le grand chemin (« à la Taste de Valade ») ou la Carreyre, il passait alors à l’est du lieu-dit « Massard » (« à Massart », « au Boys de la Gironde », sans doute faut-il rattacher à ce chemin le lieu-dit «  à la rue de Massart », 1493) et arrivait au Cornau du Grand Linas, lequel s’étendait au XVIème siècle jusqu’au lieu-dit « Clapaulx ». (Le lieu-dit Massard est situé entre Linas et Dillon.) Il convient de remarquer que ce chemin se poursuit au-delà de Linas dans le plan cadastral de 1843 sous le nom d’ancien chemin de Blanquefort à Macau : (lieux-dits : « Linas », « Madères », « Pey Seurin » et « Keyron », ce qui permet de penser que c’était l’itinéraire des différents chemins venant de Macau à Bordeaux par le pas d’Andride, ou du moins l’un des itinéraires, car au XVIIIème siècle de façon sûre et peut-être avant, existait le chemin de Blanquefort à Queissac (Cachac) (en 1686, lieu-dit « à la grave de Maurian »). Ce chemin continuait au delà du village d’Aubarède le chemin qui partait de la Croix de Chaffaud. Ce chemin a été très important au XVIème siècle, si l’on en juge par les fréquentes mentions que l’on en a dès le début du siècle ; à cette époque, c’est un chemin public qui est désigné par une appellation qui lui est propre : la Rue.


Le chemin d’Arsac à Blanquefort par Auquin. Actuellement chemin VO n°7 au nord d’Auquin et VO n°8 au sud de ce hameau, était un chemin important au XVIème siècle, appelé « grand chemin que l’on va d’Arsac à Blanquefort », mais il est plus souvent désigné sous l’appellation chemin de Clapaux. Son tracé dans la commune de Blanquefort semble correspondre au chemin de Linas à Lalande, du plan cadastral de 1843. Il semble avoir porté également au XVII° siècle le nom de  «  Ruhe » (en 1588, « la Ruhe des Sourbeys »), « rue Sourbey », « la Lande ».


Chemin de Macau à Bordeaux par le pas d’Andride. Ce chemin, venant de la commune de Blanquefort, prolonge le chemin de Bordeaux à Linas, peut-être celui de Cachac à Blanquefort… Des lieux-dits de la forme « au camyn de Blanquaffort », nombreux au XVIème siècle sont trop peu précis pour être rattachés à tel ou tel de ces chemins. Ce petit réseau de chemins qui prolongeait vers le nord le chemin de Bordeaux à Linas semble être d’importance secondaire : les noms dont on les a désignés n’ont rien de remarquable, sauf à Blanquefort où le chemin de Linas est nommé rue. Nous n’avons pas de mentions au début du XVIème siècle.


Chemin moliney (le moulin). Communes du Pian, le Taillan et Saint-Médard. à faire.


Ancien chemin de Soulac. Ce chemin figure dans la carte de Bordeaux vers 1450 établie par Léo Drouyn en 1874 ; il y porte de nom de camin de Soulac, à l’est du Palais-Gallien. Cette voie est ancienne puisqu’elle est le prolongement naturel du cardo primitif de la ville. Ce chemin a été identifié aux rues Fondaudège et Croix-de-Seguey actuelles, mais il abandonne le tracé de cette dernière voie pour emprunter celui de la rue Ulysse-Gayon et au delà des boulevards celui de l’avenue d’Eysines. Ceci est confirmé par les photographies aériennes. La partie de la rue Croix-de-Seguey que n’empruntaient pas le chemin de Soulac et son prolongement dans la commune du Bouscat formait au XVIIème siècle le grand chemin de Bordeaux à Blanquefort. Au Vigean, on abandonne le chemin d’Eysines pour rejoindre Blanquefort par le chemin du château.


10  Chemin de Soulac – limite des communes du Taillan et de Saint-Médard.à faire.

L’intérêt de ce chemin est manifeste. Attesté dès le XIIIème siècle, son tracé est peu connu, mais il est important aux époques antérieures ; c’est une Bia Publica qui mène à Bordeaux.


11  Grand chemin Bourdeaux : chemin de Bordeaux à Castelnau par Cujac et Segonnes.à faire.


12  Chemin de Bordeaux à Saint-Médard. Actuel chemin de Bordeaux à Lacanau (D 6) par les communes d’Eysines, du Haillan et de Saint-Médard.à faire.


13 Chemin d’Hastignan à Lignan. à faire.


14  Le camin Boues ou Boges à Saint-Médard.à faire.


15  Chemin Lège à Mérignac.à faire.


16  Chemin « Bouget » d’Arès à Macau. Communes de Saint-Aubin et de Macau.à faire.


17  Chemins de palu.

Tous les bourgs et hameaux de quelque importance qui se trouvaient en bordure des marais, étaient reliés à eux par un chemin de palu, c’est-à-dire menant aux padouens ; ils semblent avoir joué un rôle important dans la vie des communautés d’habitants ; certains sont de grands chemins de direction est-ouest qui ont porté le nom de chemin du Roy dans leur dernière partie, dans la région marécageuse, reprenant l’expression de l’actuelle D 2.

A - Chemin IC n°7 du Porge au Pont des Religieuses

- dans la commune de Saint-Médard…

- dans la commune du Taillan et le bourg de Blanquefort. Il y avait dans la commune du Taillan deux chemins qui se dirigeaient vers Blanquefort :

* le chemin de Saint-Médard suivait le tracé de l’actuel chemin IC n°7 par le bourg de Germignan, le hameau de la Belgique (ou l’Allemagne) et se nommait au XVIème siècle le chemin commun appelé « au carreyre honor qui va du bourg de Lalemaigne au Lout » (1581). L’existence à cette date du grand chemin de Lout à Majolan (au XVIème siècle, « au Traversan », « à la Rice du Lout » ; sans doute, le chemin Veyriney qui allait de Blanquefort à Bois Grammond, à Eysines, et à Veyrines y croisait-il le chemin vers Blanquefort, « Loute » au plan cadastral de 1843 et « Moulin de Majolan ») laisse penser que l’ancien chemin se séparait du tracé actuel à cet endroit et qu’il rejoignait l’église de Blanquefort par les chemins du Taillan à Bordeaux et celui appelé en 1843, chemin du bourg à la route, aujourd’hui chemin privé : « bois et au moulin de Majolan » « Cimbatz » et « Chollet ».

* le second chemin, le chemin de Saint-Aubin à Blanquefort, passait plus au nord par Hontane vers le hameau de Lagorce. C’est dans cette partie qu’il est attesté au XVIème siècle sous le nom de chemin de Bré, la Grand Vye et carreyra publica (en 1576, « à la Grand Vye aut aux Casaulx de Lagorce »), avant de rejoindre le premier devant l’église de Blanquefort par Pereytruc (Pechtestruc en 1560, Peystruc est un lieu-dit très ancien, en 1542 « Puch Astruc »). À l’est de l’église, le chemin passe au carrefour de la Croix de Pierre, puis se nomme au XVIème siècle grand chemin de la croix de pierre tirant à la pallu. Mais dès son entrée dans la palu, au lieu-dit « Port du Roy », ce chemin reçoit le nom de chemin du Roy qu’il conserve encore en 1843 ; au XVIème siècle, il était désigné sous cette appellation ainsi que sous celle de grand chemin. Il rejoignait le chemin du Roy, de direction nord-sud au nord de « Couterey »…

B - Chemin de Cachac. Le chemin VO n°2 de ceinture, de Cachac à Larivière, était un autre chemin de palue qui semble avoir été important : au XVIIIème siècle, il se nommait chemin des Padouens, au XVIème siècle chemin qui va de Cayssac (Cachac) au paduent. Il se prolongeait vers l’ouest par le Vivey et peut-être rejoignait le lieu-dit chemin du foin…

C – Chemin de Saint-Aubin à la palu de Parempuyre.

D – Chemin du Pas d’Andride à la palu de Parempuyre.

E – Chemin de Paloumey à la palu de Ludon.

F – Chemin d’Arsac à Ludon ;

G – Chemin d’Arsac à la palu de Macau et Ludon : la Vye.


Ces chemins de palu  sont attestés au XVI° siècle et l’un d’eux (l’actuel IC 7) antérieurement (XIIIème siècle). Ce chemin confronte les églises de Saint-Médard et de Blanquefort. Un autre caractère de ces chemins est de passer aux grands carrefours : croix de la Pierre à Blanquefort, Pas d’Andride au Pian, Feydieu-Paloumey aux confins de Ludon et du Pian… De même, ils desservent les bourgs, et sur leur itinéraire dans la palu, nous trouvons les lieux-dits « le Port du Roy », « le Port de l’Archevêque ». Nous les reconnaissons aisément comme de grands chemins, tant à la façon dont ils sont désignés qu’au nombre de mentions les concernant. Certains ont reçu des appellations particulières : via communau, la Grand Vye, carreyra publica, carreyra honor…

Ces chemins de palu ont principalement une signification économique : on en usait pour le commerce (« Port »), pour l’élevage (appellations chemin des vaches, chemin du foin) et d’une façon générale pour exercer les droits d’usages communautaires, si importants dans l’économie de l’Ancien Régime ; ces chemins témoignent d’une époque révolue, ils ont pratiquement tous disparus ou se sont transformés en chemins ruraux ou vicinaux, ainsi que leurs principales étapes : pas, hameaux… Le dédoublement curieux de l’appellation chemin du Roy qui s’applique ainsi au chemin de direction nord-sud de Bordeaux à Labarde et aux chemins transversaux reliant les bourgs à la Garonne se produit également dès Bordeaux. Il est donc naturel de se demander s’ils ne forment pas un système de communication entre les deux rives : Pont des Chartreux à Lormont, chemin du Roy de Parempuyre prolongé par l’actuelle D 13 à Ambarès, chemin du bourg de Macau au port allant jusqu’à Bourg-sur-Gironde, au-delà du Bec d’Ambès ?... Il est probable que le chemin « la Vie du Haillan » attesté au XIVème siècle faisait communiquer Bruges à l’est et Eysines où il passe devant l’église primitive ; enfin, le Haillan est un carrefour important qui bien loin de disparaître comme tant d’autres hameaux est devenu une commune.


18  Mode de construction : termes techniques.

- chemin le long de la jalle de Saint-Médard à Blanquefort. Il suit le tracé de la jalle… Il est attesté à Blanquefort : chemin de paluda au XVIIIème siècle, chemin de la jalle corrent au XVIème siècle ; il relie Canteret à la D 2E.

- chemin vieulx le long du ruisseau de l’Aygue Milliade et de l’Artigue au Pian.

Ces chemins qui suivent les ruisseaux existent de nos jours ; la mention d’une levada et fossat indique que le mode de construction était identique à celui utilisé de nos jours. Mais les chemins ainsi construits ne bordaient pas uniquement des cours d’eau. Au XVIIIème siècle, les mots levée et chaussée sont synonymes ; on en construisait pour traverser et drainer un marécage, franchir un ruisseau, relier au travers du marais un village à son port sur la Garonne. (La levée du moulin du Goue décidée par arrêt du Conseil d’Etat en 1750 et exécuté de 1752 à 1755 est aussi appelée chaussée, « la Chaussée » au plan cadastral de Blanquefort en 1843 : « on fait le toisé des fossez et canaux à creuser dans le marais de Blanquefort pour former la chaussée proposée à élever tant pour la communication de Bordeaux avec le Médoc que pour faciliter l’écoulement des eaux du marais… »)

Des levées existent au XVIIIème siècle à Macau et à Ludon… Nous avons assez d’exemples au XVIème siècle de levade, camin levat… C’est à ce type de chemin qu’il faut rattacher la Lebade qui est signalée dans les plans du XVIIIème siècle comme le prolongement de l’ancien chemin de Soulac ; ce nom est resté attaché jusqu’à nos jours à cet ancien chemin et l’on en a fait le synonyme de route romaine alors que l’origine du mot est à chercher dans le mode de construction qui est commun à toutes les époques.


D’autre part, les principaux chemins suivent des croupes caillouteuses ou des terrains au sol dur.


19  « Rottes », « Ceintes » dans la palu au XVIème siècle.

Ces chemins correspondent à des canalisations de drainage, en liaison avec les fossés qui longent les grands chemins. Ils existent au XVIème siècle dans la palu de Blanquefort, Parempuyre, Ludon. La Motte d’Andrault du XVIème siècle se trouvait entre le château de Blanquefort et le hameau de Saulesse, à l’emplacement d’un fossé d’Andraud du XVIIIème siècle, on trouve également des mentions de fossat de la rote ; on juge ce fossé gallo-romain…

Plus nombreuses sont au XVIème siècle les mentions de ceintes, également en relation avec de grands chemins : la syntta, la scynte, la ceinte, le sinton, le pessin, la persinte, certaines mentions sont du XVème et même du XIVème siècle. C’est d’ailleurs ce mot qui a subsisté à notre époque sous la forme composée : préceinte, concurrencé dans la palu par le mot passe qui est d’usage dans la région des Landes. Il semble bien que ces deux mots rote et ceinte désignent le même chemin comme le laissait entendre l’abbé Baurein. Très souvent, ces mots sont déterminés par des noms de maisons nobles : Agassac, Maurian…, plus rarement par des noms de hameaux : Cachac, Lagorce…

Ces chemins ne sont donc plus des grands chemins, mais ils sont d’un grand intérêt, car ils semblent témoigner des tentatives faites par les seigneurs, peut-être les communautés d’habitants, de mise en valeur des marais, antérieurement aux travaux de drainage du XVIIème siècle. De plus, leur existence semble liée à celle des grands chemins.


La datation des chemins qui constituent ce réseau si dense est difficile, tout au plus pouvons-nous faire quelques remarques :

- Le chemin 1 (D 2, chemin du Roi) est situé sur le bourrelet insubmersible qui borde la Garonne… Hypothèse d’un chemin romain comme le chemin de Soulac (n°9) qui est vraisemblablement romain (itinéraire en ligne droite, hors des agglomérations). L’hypothèse d’un chemin romain le long de la Garonne (qui rappelle le chemin romain au sud de Bordeaux disparu à la fin du IIIème siècle) pourrait être confirmée par les traces de travaux de drainage gallo-romain à Blanquefort (fossé d’Andraud), un reste de château romain à Parempuyre au lieu-dit « la Villa », des points d’occupation romaine (château de Blanquefort, Macau). On peut dire en tout cas que le chemin du Roi était important au Moyen-âge, sa dénomination semble remonter au XVIème siècle. Il est attesté au XVème siècle. L’appellation de chemin du roi qui s’étend aux chemins reliant les bourgs des paroisses au chemin du Roi de direction nord-sud en montre l’importance économique sans en indiquer la date.

- Chemin 9, ancien chemin de Soulac.

Une méthode de mensuration (Clos-Arceduc) permet de constater que la deuxième lieu romaine (2 220 m environ) à partir du Palais-Gallien correspond avec l’embranchement du chemin 3 ; la 3ème au bourg de Lescombes, la 4ème à « Jallepont », la 6ème à « Lagune Brana ».


Un trait commun à plusieurs chemins est la correspondance avec des hameaux dont le nom est issu de noms propres gallo-romains avec les suffixes ac et an. Des hameaux sans doute d’origine franque comme Louens se trouvent à l’intersection des ces chemins. Il semble normal de penser que l’occupation romaine et franque se soit faite à partir d’un réseau routier préexistant et plus important au point de vue local que la route romaine, ces chemins s’ajouteraient au chemin 3, chemin de crête des marais, comme chemins préromains. Certains autres chemins peuvent remonter au haut Moyen-âge : le chemin 4 qui limite les paroisses dont les églises sont dédiées à Saint-Pierre, Saint-Martin et Saint-Seurin pourrait être daté pour cette raison du VI° siècle. Le chemin 10, limite des paroisses du Taillan et Saint-Médard, de la même façon du VII° siècle. Le chemin 16 limite des paroisses dont les églises sont dédiées à Saint-Seurin (le Pian) et Saint-Germain (Arsac) des VI/VII° siècles.

Les chemins 5, 6, 7, mettent en valeur l’attraction qu’exerçait Bordeaux sur les paroisses avoisinantes ; ils semblent être des chemins médiévaux de défrichement. L’existence d’un camyn levat au XVIème siècle ou levade du XVIIIème siècle prouve qu’il ne faut pas faire de cette expression un synonyme de chemin romain.

Le chemin 16 d’Arès à Macau donne de l’importance à cette dernière paroisse, comme peut-être le chemin 17 à celle de Blanquefort. Ils s’inscrivent dans un ensemble de chemins, reliant l’Océan à la Garonne-Gironde…

D’une façon générale sans doute, le réseau routier tel que nous l’avons restitué servit-il à des pèlerins. À Blanquefort, c’est le chemin 3 qui semble avoir été ainsi utilisé : la mention « à la rie de Pelegrin » (1516) doit être rapproché de « à la rieu d’Estappe » (1546) ; un nom de lieu « Pellegris » (1843) confronte ce chemin au sud du bourg…
Tous les chemins, quelque soit leur importance, sont individualisés par un nom spécifique : ils sont désignés soit par leur destination, soit par un nom particulier : vie, lebade, etc., soit encore par un adjectif qui dénote leur importance : vieux, public, reau. Ils ont tous un intérêt : trop souvent, on n’a voulu voir que les chemins grands ou vieux ; une étude de détail permet de constater que l’importance de ces chemins n’est pas si évidente par rapport aux chemins dits secondaires. La réalité est parfois difficile à saisir ; seule l’accumulation des renseignements fournis par les lieux-dits permet de rendre compte de cette complexité qui a parfois été niée : au XVIIIème siècle, par les habitants eux-mêmes afin d’éviter les corvées lors de la construction du chemin royal (D 2), ils déclaraient que « le vray chemin de Médoc est la rivière de Garonne ; c’est celui que la nature lui a donné » (Higounet, Les chemins de Saint-Jacques et les sauvetés de Gascogne).

Source : Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, 1968, 3 tomes. École nationale des chartes. Promotion 1968. (Archives Départementales 33. ref : BIB SU 12. L’auteur traite en appendice : le réseau routier, p. 424-488.

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