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Comparaison de la viographie de 8 communes voisines.

Au nord de Bordeaux, nous rencontrons les communes limitrophes du  Bouscat et de Bruges, puis 6 autres communes, séparées par la vallée de la jalle, à l’origine rurales jusque dans les années 1970-1980, puis devenues par la suite membres de la grande agglomération bordelaise : Blanquefort Le Bouscat Bruges Le Pian  Ludon Parempuyre Saint-Aubin-du-Médoc, Le Taillan. 
Soit au total 1 327 voies qui vont être étudiées.
Si ces communes ont été amenés à donner une appellation à leur voirie assez récemment (vers 1910), la ville de Bordeaux, à cause de sa grandeur et du nombre de ses habitants a depuis longtemps donné des noms à ses rues : 1 821 rues, avenues, places et autres cours sont recensés sur Bordeaux (2010).

Analyse de la voirie :

Les rues : Blanquefort arrive en tête avec 90 % de rues dans sa voirie, devant Bruges et Le Bouscat (61 %), puis Ludon (58 %), Parempuyre (46 %), Le Taillan (35 %), Le Pian (25 %) et Saint-Aubin (9 %).
Les boulevards sont peu nombreux : 4 au Bouscat, mais en fait mitoyens avec Bordeaux, 3 à Blanquefort et 1 à Bruges. L’influence de la grande ville se fait sentir dans ces appellations.
Les avenues sortent de l’ordinaire : au Bouscat 26 (12 %) et à Bruges 23 (10 %), mais au Taillan 19 (10 %), à Blanquefort seulement 8 (3 %) et à Ludon 3 (4 %°), à Saint-Aubin seulement 1. Les communes rurales n’osent pas se donner d’avenue. Seulement, 2 cours au Bouscat.
Les places sont nombreuses dans les villes, espaces nécessaires pour les marchés, les fêtes, les rassemblements ; à la campagne, les espaces libres sont rarement désignés par des noms, ils sont habituellement symboles des alentours des églises et des marchés : Le Bouscat 15 (7 %), Le Taillan 9 (5 %), Bruges 9 (4 %), Blanquefort 6 (2 %) et Parempuyre 2 (1 %), aucune place dans les communes de Ludon, Le Pian  et  Saint-Aubin-du-Médoc 
Les squares, plus typiquement urbains : à Bruges 5 (2 %), au Bouscat 2 et au Taillan.
Les allées, par contre, rappellent la campagne, on y retrouve le charme de l’allée dans une forêt ou dans un jardin. Ici, Saint-Aubin est largement en tête avec 73 allées (54 % de sa voirie), devant Parempuyre 53 (38%), Le Taillan 39 (21 %) et Bruges 39 aussi (17 %), Le Pian 10 (10 %) ; plus loin figurent Ludon 3 (4 %), Le Bouscat 7 (3 %) et enfin Blanquefort 6 (2 %).
Les impasses, petites rues sans issues (on ne passe pas…) est plus surprenant : 13
(13 %) au Pian, 18 (9 %) au Bouscat, 13 (7 %) au Taillan, 8 à Saint-Aubin (6 %), 6 (8 %) à
Ludon, 2 (1 %) à Blanquefort et Parempuyre, aucune à Bruges. Elles sont souvent complémentaires d’une rue dont une extension se termine par un cul-de-sac. Elles sont les témoins d’un certain enchevêtrement des rues.
Les chemins sont les véritables témoins du passé ; ils indiquent des directions et permettent de se repérer dans l’espace géographique. Ils sont très nombreux au Pian 48 (47 %), devant Le Taillan 35 (19 %), Ludon 14 (18 %), Saint-Aubin 20 (15 %), Parempuyre 7 (5%), Bruges 6 (2,5 %) et enfin Le Bouscat 3 (1 %) et Blanquefort 2 (1 %), mais ils sont menacés.
La route est, comme le chemin, une survivance des indications de destination, essentiellement en milieu rural : 21 (16 %) à Saint-Aubin, 4 (5 %) à Ludon, 3 (3 %) au Pian et 2 (1 %) au Taillan.
Les ronds-points : 2 au Taillan (3 %) semblent promis à un grand avenir. Il sera nécessaire de les nommer pour faciliter la circulation routière. Les guides touristiques signalent le 1er rond-point, puis le 2ème, etc. ; cela manque de précision. Certains s’imposent d’eux-mêmes de part l’originalité de leur décoration : ainsi, le rond-point de « la charrette » entre Eysines et Blanquefort.
De manière anecdotique, on trouve aussi 2 passages, 1 quai, 1 voie, 1 espace, 1 barrière, 1 passe, 1 pont…


Tableau Récapitulatif de la Voirie avec chiffrage et %

voirie4

 

Le choix des dénominations : les noms de ces communes s’enracinent dans l’histoire locale : (Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages en Gironde, Éditions Bordessoules, 2001). Les traces de la religion si importante autrefois dans la vie des gens sont minimes : les saints des églises bien sûr, 2 rues à Bruges portent des noms de saints, références aux églises et aux cimetières plusieurs fois (avec un euphémisme à Blanquefort où la rue du cimetière devient la rue du Repos !), Jeanne d’Arc est honorée, la Providence au Pian.
Si l’on regroupe une partie des données recueillies dans chaque commune, on peut constater la grande liberté et l’originalité de chaque conseil municipal, mais en même temps un certain nombre de constantes.
Tout d’abord, si l’on classe les noms des voies selon leur nature, la rue est à forte connotation urbaine ainsi que le boulevard et l’avenue tandis que le chemin garde généralement son caractère  rural. À noter que les urbanistes mettent en valeur aujourd’hui la sente urbaine, qui est la réhabilitation de notre vieux sentier, le chemin étroit pour les piétons et les bêtes, à l’origine de bien des tracés de circulation des hommes (mot du XII° siècle, du latin semita, petit chemin de traverse).
L’échantillon de population représentée par ces 8 communes est de 81 058 personnes (2011).
La zone étudiée part des boulevards de Bordeaux et s’étend jusqu’au bas-Médoc, des communes les plus urbaines : Le Bouscat (22 455 habitants) aux plus rurales encore à ce jour : Le Pian (5 248) et Saint-Aubin-du-Médoc (5 610).
La densité en témoigne puisqu’elle évolue (en hab/km²) de 4 253 au Bouscat à 174 au Pian et 160 à Saint-Aubin.

Bilan des dénomination des voies des 8 communes

bilan

 

D’une autre manière, le tableau comparatif permet de vérifier que la voirie reproduit le même schéma (urbain-rural) puisque les toponymes représentent 21 % des noms de rues au Bouscat, 40 % à Bruges, mais plus de 60 % partout ailleurs et jusqu’à 87 % à Ludon et Saint-Aubin.
Les noms liés à la nature (arbres, fleurs, oiseaux, animaux…) vont de 2 % au Bouscat, de 9 à 21 % ailleurs et jusqu’à 37 % à Saint-Aubin.
Les personnalités nationales sont en tête au Bouscat encore avec 40 %, puis autour de 25 % ailleurs, sauf à Saint-Aubin 7 % et Ludon 3 %. De même pour les personnalités locales : 27 % au Bouscat et 24 % à Bruges, 12 % à Blanquefort, autour de 5 % ailleurs et 1 % au Pian et à Saint-Aubin.
Entre 1 et 4 % de doublons (le même nom attribué souvent à une rue et à une impasse), dont en particulier 9 au Bouscat et 8 au Taillan ; ce n’est guère significatif. La plupart de ces doublons sont le signe d’une extension d’une rue soit vers une impasse ou une place.
De manière générale, plus on est proche de la grande ville, plus les rues reflètent l’urbanisation et perdent la richesse des toponymes, le lien avec la nature, la terre et l’histoire des lieux. On honore davantage les personnes, celles qui ont marqué l’histoire du pays et également l’histoire locale. Aucune étude de cette nature ne semble avoir été faite sur la viographie bordelaise et ses 2 414 rues, mais cette hypothèse reste la plus vraisemblable, si l’on en croit le point de vue suivant :
« Quel est le point commun entre le professeur Tournesol, l’architecte Pierre Chareau, le peintre Gauguin et l’artiste de cirque Elvira Guerra ? Une rue de Bordeaux portera désormais leur nom. Une décision entérinée lundi lors du conseil municipal. « Le service culture, les archives municipales et même des particuliers font des propositions à la Commission de viographie chargée de nommer les rues », explique Michel Duchêne, adjoint au maire, chargé de l’Urbanisme. Les noms ont forcément un rapport avec la ville : « Les personnages doivent y être nés, morts ou y avoir résidé », ajoute l’élu. Parfois simples clins d’œil, comme l’esplanade du professeur Tournesol, face à Cap Sciences, ils visent aussi à valoriser des quartiers comme le lotissement La Feuillée, dont les voies porteront désormais des noms de peintres. Une seule règle : « On cherche des gens morts depuis longtemps pour éviter les conflits liés à des activités durant la Seconde Guerre mondiale ». Seules quatre à cinq rues sont baptisées par an. « On ne débaptise jamais des rues, sauf en cas de doublon avec Caudéran, ville rattachée à Bordeaux en février 1965 », conclut l’élu » .Si l’on détaille les choix effectués à l’intérieur de chaque conseil municipal, où l’on observe là encore variété et constantes, on devine la difficulté de l’exercice : qui propose et qui choisit ?
Les 1327 voies de notre étude font faire apparaître des observations à la fois convergentes et divergentes.

Les toponymes représentent en effet un nombre important d’appellations de voiries. Commençons par les toponymes les plus anciens et les plus enracinés dans le sol et les noms liés à la Nature.

C’est Ludon qui a le plus conservé les noms de sa terre 67 % comme Le Taillan 65 %, Le Pian 54 %, Blanquefort 52 %, Saint-Aubin 50 %, Parempuyre avec moins de la moitié : 41 %, Bruges à peine un quart 24 % et enfin Le Bouscat 12 %.
Les références à la nature : arbres, fleurs, oiseaux, animaux… suivent les mêmes tendances : Saint-Aubin 37 %, Ludon 21 %, Parempuyre 19 %, Bruges sans doute à cause de ses marais 16 %, Le Pian 14 %, Le Taillan 12 % et Blanquefort 9 % précèdent encore Le Bouscat qui avec ses 2 % s’est bien éloigné de la nature.
Au total, Saint-Aubin et Ludon avec 87 % ont beaucoup conservé leurs racines terriennes, devant Le Pian 68 %, Le Taillan 65 %, Blanquefort 61 %, Parempuyre 60 %, Bruges 40 % et enfin Le Bouscat 21 %.
Le rapport des communes avec la nature est un bon indicateur des appellations de rues, ce qui signale une plus grande proximité des habitants avec la campagne. Ainsi, les oiseaux comme les arbres ou les fleurs sont familiers des communes rurales ; regardons de plus près les 90 arbres, les 27 fleurs, les 55 oiseaux et les 16 animaux qui ornent nos voies                                                                                                                                                                                                                                                                                             Arbres :
90 arbres sont nommés dans les 8 communes.
La répartition en est variée : 20 à Bruges, 17 à Blanquefort, 13 à Saint-Aubin, 12 à Parempuyre, 11 à Ludon, 10 au Taillan, 4 au Bouscat et 3 seulement au Pian, ce qui est plus surprenant.
Les essences les plus citées sont :
- le chêne (7 fois)
- l’acacia (6 fois)
- le pin (9 fois en 5 communes mais Saint-Aubin, commune noyée dans les pins des landes médocaines, décline pin, pinède, grand pin, galips (résine) du pin, pignots (pigne)
- puis par 2 fois arbousier, aubier et obier, bouleau, cèdre, charme, frêne, genet, saule, vîme
- et une fois : aubépine, aulne, brande, châtaignier, églantier, fougère, hêtre, houx, laurier, lilas, magnolia, marronnier, mimosa, orme, platane, peuplier, tamaris, tilleul, vergne
- des fruitiers : abricotier, amandier, cerisier, figuier, murier, noisetier, oranger et verger (3 fois), ainsi que le jardin
- des termes génériques : le bois (6 fois), bocage et bosquet (2 fois), la forêt, mais encore la vigne (7 fois) et la charmille, sans oublier Le Bouscat qui désigne le bois et Le Taillan le tilleul….
Le chêne s’avère être notre arbre de référence, suivi de l’acacia et du pin. Le chêne est en effet symbole de puissance, de protection, de sécurité (contre le feu), de justice…, il est l’arbre majestueux de nos forêts et de nos parcs. L’acacia, bois particulièrement solide et dont les fleurs sont propices aux abeilles, gagne partout du terrain et semble promis à un grand avenir, tandis que le pin est omniprésent aux portes du Médoc et des landes girondines.                                                                                                                                                                             

Fleurs :
Les fleurs sont citées 27 fois, certaines pouvant être classées dans les arbres ou arbustes, la frontière n’est pas toujours simple.
Saint-Aubin aime les fleurs (8 fois), devant Blanquefort et Le Pian (5 fois), le Taillan (4 fois), Bruges et Parempuyre (2 fois), Ludon (une seule : la rose bien sûr) et aucune au Bouscat.
La rose et la fougère sont citées 2 fois. On trouve aussi : campanule, églantier, genets, hélianthe, héliotropes, lilas et trigonelles à Saint-Aubin, jonquille et primevère à Blanquefort, et encore la violette, l’hibiscus, le chèvrefeuille ainsi qu’une « rue des jardins fleuris » à Bruges.                                                                                                                                                                   

Oiseaux :
Les oiseaux sont cités à 55 reprises : Le Bouscat ne désigne aucun oiseau, à l’inverse de Saint-Aubin qui en nomme 16 (30 %) ; suivent Parempuyre 10 (18 %) et Blanquefort 8 (15 %) avec leur zone de marais, Le Taillan 7 (12 %), Bruges et Le Pian 5 (9 %), Ludon 3 (6 %).
26 oiseaux différents sont à l’honneur dans nos 8 communes :
- 4 citations : mésanges et alouettes : ces dernières sont aussi repérées par leur chant : Cantelaude à Blanquefort pour Cante Alaude, signifiant en gascon chante alouette, ainsi que les coucous : Chantecoucou à Blanquefort et Cante Coucut (en gascon) à Saint-Aubin,
- 3 citations pour les pinsons,
- 2 pour les chardonnerets, colibris, coucous, fauvettes, flamands (dans les marais), merles, rouges-gorges, sarcelles, vanneaux et perdrix (à noter la rue camerouge à Blanquefort : d’origine gasconne « cama roja » signifiant jambe rouge, nom donné parfois à la perdrix rouge), et même les mouettes…
Sans oublier que d’autres rues portent les noms des : bécasse, bécassine, bergeronnette, bouvreuil, cigogne, colvert, coq de bruyère, courlis, faisan, geai, goéland, grive, héron, hirondelle, palombe, pic vert, pluvier, râle, tourterelle…
De nombreuses espèces vivent dans la zone des marais en bordure de la Garonne et dans les nombreux bois. Les pauvres moineaux doivent être trop quelconques, pas de rapaces non plus ou de nocturnes trop connotés sans doute ou d’étourneaux trop envahissants !

Animaux: Outre les oiseaux, 16 citations d’animaux dont 11 à Saint-Aubin, toujours proche de la nature (69 %) avec biche, cerf, chevreuil, cigale, cygne, écureuil, genette, grillon, marcassin, lièvre et renardières, 2 à Parempuyre, 1 à Ludon et au Taillan, mais aucun à Blanquefort, au Bouscat et au Pian. C’est l’écureuil qui l’emporte avec 3 citations, devant les ânes (2 fois). Terrier et renardières signalent à leur manière des présences d’animaux, mais des animaux favoris comme le papillon et la libellule ont été, jusqu’à ce jour, oubliés...

Tableau sur la place des toponymes "nature"

voirie1

De la nature, passons aux humains :

Personnalités :
Tout d’abord, chaque commune honore ses propres personnalités. On retrouve des anciens maires, des conseillers municipaux, des notables (médecin, sage-femme, bienfaiteur…). Nombreux au Bouscat et à Bruges (plus du quart des dénominations), ils ne sont plus que 12 % à Blanquefort et diminuent rapidement dans les communes plus éloignées. Seuls, les habitants reconnaissent les noms de chez eux, mais la mémoire faiblit relativement vite et l’on ne sait plus très bien qui est un tel…
Les élus doivent prendre en compte cet éloignement inévitable, on dénomme une rue du nom d’un conseiller municipal à l’audience fort localisée, suite à son décès et par réaction affective, mais cinquante après, qui se souvient de lui ? Par ailleurs, la mise en valeur d’un élu par un site est certes honorable dans l’émotion de sa disparition, mais ne se fait-elle pas au détriment de l’effort d’une équipe municipale. Un autre type de dénominations est constitué par le corps de nos personnalités nationales qui s’imposent sur tout le territoire français, reflétant notre identité et encensant essentiellement les hommes dans lesquels le pays se reconnaît.

voirie6

 

Les écrivains : 72 écrivains sont nommés au total, une moyenne de 9 par commune, mais ils sont répartis inégalement :
- 30 à Bruges (13 % des noms de rues de la commune), dont 2 femmes : Elsa Triolet et Louise de Vilmorin.
- 29 au Bouscat (14 %)
- 21 au Taillan (12 %)
- 19 à Parempuyre (14 %) dont une femme : Anna de Noailles et un poète chilien : Pablo Neruda
- 18 à Blanquefort (7 %) dont 2 femmes : George Sand et Flora Tristan
- 16 au Pian (16 %)
- 1 à Saint-Aubin, mais qui est en fait le nom d’une école : Jacques Prévert.
- aucun à Ludon.
C’est la catégorie de personnalités la plus représentée devant les musiciens et les peintres…Ronsard est l’auteur le plus cité (5 communes sur 8), un poète devant Camus, Montaigne, Montesquieu, Musset, Saint-Exupéry et Voltaire, des romanciers, des philosophes ; les poètes sont nombreux (dont un Chilien Pablo Neruda), notre écrivain national, Victor Hugo est cité 3 fois. Les 3 M (Montesquieu, Montaigne et Mauriac), célèbre trio d’écrivains bordelais, sont au complet à Blanquefort et au Pian, mais curieusement absents au Bouscat.Les femmes sont au nombre de 5 sur 72 (7 %) : Anna de Noailles, George Sand, Flora Tristan, Elsa Triolet et Louise de Vilmorin.

ronsard

 

Les Musiciens :

34 musiciens sont nommés, une moyenne de 4 par commune, mais là encore répartis inégalement :
- 11 au Taillan (6 %), la commune la plus musicienne…, dont une majorité de Français, mais aussi Chopin, Liszt et Mozart, un chanteur Boris Vian, un musicien de jazz américain : Sydney Bechet et Vincent Scotto, compositeur français, auteur de 4 000 chansons et 60 opérettes.
- 9 à Bruges (4 % des noms de rues de la commune), 7 français et 2 chanteurs : Brassens et Trenet.
- 6 au Pian (6 %), tous Français
- 5 à Blanquefort (2 %) dont 1 femme : Hortense Schneider (1833-1920, chanteuse française née à Bordeaux,  la diva d’Offenbach, et 2 Français Berlioz et Gounod, mais aussi Chopin et Mozart.
- 3 au Bouscat (1 %), 2 Français et Mozart.
- aucun à Ludon, Parempuyre et Saint-Aubin.Moitié moins de musiciens que d’écrivains, 3 chanteurs et 1 chanteuse, 1 musicien de jazz et 2 compositeurs, 3 étrangers seulement, Chopin, Mozart, et Liszt. Les musiciens français sont du XIX° siècle en grande partie et c’est Charles Gounod, de façon surprenante, le plus cité devant Debussy, Mozart, Ravel (3 fois), Berlioz, Bizet, Chopin et Gabriel Fauré (2 fois). À noter les absences surprenantes de Bach, Beethoven, Vivaldi, Wagner… et quelques autres.
Une seule femme sur 34 (3 %) : Hortense Schneider.

gounod

Les peintres : 16 peintres 2 sont nommés, une moyenne de 2 par commune :
- 8 à Parempuyre (6 %) 6 Français, puis Rembrandt et Bellini, peintre italien de la Renaissance
- 5 à Bruges (2 % des noms de rues de la commune), dont 1 femme : Rosa Bonheur, 3 Français et 1 Néerlandais Van Gogh
- 3 à Saint-Aubin (2 %), Rosa Bonheur, Odilon Redon (1840 à Bordeaux-1916) et Van Gogh
- 2 au Bouscat (1 %), 2 Français : Charles Cante (1903-1981) et Monet
- 2 à Blanquefort (7 %) dont 1 femme : Rosa Bonheur et Cézanne.
- 2 au Taillan (1%), Gustave Doré et Daumier, peintres, graveurs et caricaturiste pour Daumier.
- 1 au Pian (1 %), Rosa Bonheur
- aucun à Ludon.
Les peintres français l’emportent ; 2 étrangers : Van Gogh et Bellini.
Rosa Bonheur, citée 4 fois, est la régionale de l’étape (1822 à Bordeaux-1899).
François Bazille (1841-1870), cité à Parempuyre, est un peintre impressionniste du XIX° siècle.
Les femmes sont au nombre de 1 sur 16 (6 %).
Parempuyre est la commune la plus titrée : elle honore 8 peintres, devant Bruges 5 et Saint-Aubin 3.

bonheur

Les savants :
24 savants français sont nommés, une moyenne de 2 par commune :
- 9 au Bouscat (37 %),
- 5 à Blanquefort (21 %)
- 3 à Bruges (12 %)
- 2 au Taillan (8%),
- 2 au Pian (8 %),
- 1 à Ludon
- aucun à Parempuyre et Saint-Aubin.
C’est Pasteur qui l’emporte, cité 5 fois devant les Curie et Buffon. Joseph Pérès est un mathématicien (1890-1962).Une femme dans ce monde masculin, c’est Marie Curie, 3 fois associée à son frère ; 1 sur 15 (7 %).

pasteur

Les explorateurs :

18 explorateurs sont nommés dans les rues de 8 communes proches de Bordeaux, une moyenne de 2,3 % par commune, mais répartis inégalement :
- 6 à Saint-Aubin (33 %)
- 5 à Bruges (28 %)
- 4 à Blanquefort (22 %)
- 3 au Bouscat (17 %),
- aucun ailleurs.
Une femme apparait dans ce monde masculin, c’est Anita Conti, nommée récemment à Blanquefort.
Les communes les plus urbaines honorent les explorateurs, mais curieusement Saint-Aubin est en tête.
On retrouve de nombreux Français, mais aussi deux Portugais Vasco de Gama (1469-1524) et Magellan (1480-1521), un Italo-espagnol Christophe Colomb, un Anglais James Cook (1728-1779, ces quatre derniers étant honorés à Saint-Aubin.
* Anita Conti, née Caracotchian (17 mai 1899 à Ermont - 25 décembre 1997 à Douarnenez) était une océanographe et photographe française. Anita Conti fut la première femme océanographe française. Entre les deux guerres mondiales, elle commença à dresser les premières cartes de pêche, alors qu'on ne disposait que de cartes de navigation.
* Francis Garnier (25 juillet 1839 à Saint-Étienne et 21 décembre 1873 à Hanoï) est un officier de marine et explorateur français.
* Jean François de Galaup, comte de La Pérouse (23 août 1741-?), né en Albigeois au manoir du Gô à deux lieues d'Albi, est un officier de marine et un explorateur français. L'expédition maritime autour du monde, qu'il commandait, a disparu corps et biens à Vanikoro (îles Salomon) en 1788.

Les aviateurs :
15 aviateurs sont nommés, une moyenne de 2 par commune, mais répartis inégalement :
- 7 à Blanquefort (47 %) : Clément Ader, Maryse Bastié, François Coli, Guynemer, Charles Lindbergh, Mermoz et Charles Nungesser
- 3 au Taillan (20 %) : Clément Ader, Louis Bréguet, Marcel Dassault
- 2 à Bruges : Maryse Bastié, colonel Rozanoff
- 1 au Bouscat : Mermoz
- 1 à Parempuyre : Hélène Boucher
- 1 au Pian : Clément Ader
- aucun à Ludon et à Saint-Aubin.Ces aviateurs sont Français, à l’exception de l’américain Lindbergh.
Les femmes sont au nombre de 2 sur 15 (13 %).
Blanquefort est nettement en tête : est-ce du au souvenir d’une petite piste d’atterrissage à Fleurennes durant la Seconde Guerre mondiale ? ou à la proximité de la zone aérospatiale ?    Clément Agnès Ader est un ingénieur français, pionnier de l'aviation, né le 2 avril 1841 à Muret et mort le 3 mars 1925 à Toulouse.
* Maryse Bastié, née Marie-Louise Bombec, aviatrice française née le 27 février 1898, à Limoges (France), morte le 6 juillet 1952 à Bron.
* Hélène Boucher (Paris, 23 mai 1908 - Guyancourt, 30 novembre 1934) est une aviatrice française. Elle a battu de nombreux records de vitesse.
* Georges Guynemer, né le 24 décembre 1894 à Paris, mort le 11 septembre 1917 à Poelkapelle (Belgique), est le pilote de guerre français le plus renommé de la Première Guerre mondiale.
* Charles Augustus Lindbergh (4 février 1902 à Détroit - 26 août 1974 à Hawaii) est un pionnier américain de l'aviation. « L'aigle solitaire », comme on le surnommait, entre dans la légende en devenant le premier pilote à relier New York à Paris entre le 20 et 21 mai 1927 en 33 heures et 30 minutes, à bord de son avion Spirit of Saint Louis.
* Le colonel Rozanoff : Immigré jeune en France avec ses parents puis naturalisé français en 1927, Fin 1945, il est muté comme directeur du centre d'essais de la Base aérienne 118 Mont-de-Marsan, avec le grade de colonel, puis quitte l'armée en octobre 1946. Rozanoff entre alors immédiatement chez le constructeur privé Dassault comme directeur des essais en vol. À ce titre, il assurera la mise au point des premiers chasseurs à réaction français de grande série, l'Ouragan puis la série des Dassault Mystère. Le 24 février 1954, aux commandes d'un Mystère IV, il est le premier pilote français à franchir le mur du son en vol horizontal sur un avion de conception nationale, en avance sur l'industrie britannique et avec quelques semaines de retard seulement sur le F-100 Super Sabre américain. Kostia Rozanoff trouve la mort aux commandes de ce même Mystère IV le 3 avril 1954 au cours d'une démonstration devant un parterre d'officiels français et britanniques au centre d'essais en vol de Melun-Villaroche.

voirie2

 

Les sportifs :
5 sportifs seulement sont nommés, mais de façon inégale :
- 2 au Pian : Alain Colas, un navigateur, et Lionel Terray, un alpiniste
- 2 au Taillan, Eric Tabarly, navigateur, et du coup on honore aussi son bateau le Pen Duick
- 1 à Bruges, un athlète Jules Ladoumègue,
- aucun ailleurs.
Aucune femme dans ce monde masculin.    Alain Colas est un navigateur français né le 16 septembre 1943 à Clamecy (dans la Nièvre, en Bourgogne), disparu en mer le 16 novembre 1978 au large des Açores.
* Jules Ladoumègue (dit Julot) est un coureur de demi-fond français, né le 10 décembre 1906 à La Bastide près de Bordeaux, décédé le 2 mars 1973 à Paris.
* Pen Duick est le nom des bateaux utilisés par Éric Tabarly durant sa carrière, avant l'avènement du sponsoring. Ce nom signifie en breton (la graphie est francisée, l'orthographe correcte étant Penn Duig) « petite tête noire » ("pen" : tête, "du" : noir, et "ick" est la marque du diminutif) et c'est le nom que l'on donne aux mésanges à tête noire.
* Éric Tabarly est un navigateur français, né le 24 juillet 1931 à Nantes, disparu en mer le 13 juin 1998. Officier de l'Aéronautique navale de formation, il s'est très tôt passionné pour la course au large. Éric Tabarly remporte plusieurs courses océaniques et met fin à la domination anglaise dans le domaine.
* Lionel Terray est un alpiniste français né le 25 juillet 1921 et mort le 19 septembre 1965. Il est connu pour ses nombreuses premières et ses expéditions parmi lesquelles la première conquête d'un sommet plus de 8 000 mètres : l'Annapurna.

 

Symboles et Hommes politiques
Sont regroupés ici de façon assez artificielle des noms de rues attribués à :
- de grandes dates : Huit mai (6 fois), Onze novembre (4 fois), Quatorze juillet (2 fois seulement), Dix-huit juin (1 fois)…
- des lieux emblématiques de l’histoire nationale : les batailles de la guerre de 1914-1918 : Marne, Somme, Verdun…
- de personnalités emblématiques, en particulier le général de Gaulle que l’on retrouve 5 fois et de nombreux militaires (maréchaux et généraux) qui ont contribué à défendre notre pays et ses valeurs mais aussi Jean Moulin (3 fois) ), jusqu’aux derniers : les Anciens Combattants d’Afrique du Nord (à Bruges) ; de même, certains militaires étrangers qui ont aidé la France durant les guerres mondiales (Churchill, Roosevelt, Wilson). Parmi les symboles plus notables, on retrouve la Liberté (2 fois), la République, les Girondins, les Fusillés, les Templiers, les Martyrs de la résistance, les Conquérants, Marianne bien entendu, l’Avenir, avec au Bouscat cette impasse qui prête à sourire l’ « impasse de l’Avenir » et la rue du « plein soleil » au Taillan ; à Bruges : on met en valeur Sousa- Mendès et  2 saints Saint François-Xavier et Saint-Louis ; c'est du reste la seule commune ; au Bouscat : Les Cipangos, la poétique « clé des Champs » et le président Kennedy. Cette commune détient le record des citations : 28 hommes politiques et 17 symboles, dont 4 hommes d’état étrangers et le 6ème Président de la République, bien oublié par ailleurs, Jean Casimir-Perier, né le 8 novembre 1847 à Paris et mort le 11 mars 1907 dans la même ville, homme d'État français, président de la République française du 27 juin 1894 au 16 janvier 1895, date de sa démission ; à Saint-Aubin aucun homme politique n'est honoré et ses 6 symboles font plutôt rêver : Amazones, Andromède, Argos, Cassiopée, Lyre, Orion.
Ludon marque la mémoire du « bicentenaire » par une rue, mais aussi Pierre Bérégovoy, sans oublier la « Providence » et le « chemin du Roy »,
Le Pian et le Taillan citent le « chasse spleen », un vignoble médocain situé à Moulis-en-Médoc et qui produit un excellent vin, Le Taillan honore Victor Schoelcher, homme d'État français, né à Paris le 22 juillet 1804 et mort à Houilles le 25 décembre 1893,  surtout connu pour avoir impulsé l'abolition définitive de l'esclavage en France, via le décret signé par Lamartine le 27 avril 1848, Parempuyre bien plus que les autres villes, insiste sur la période de la Résistance en citant « la brigade Carnot, le colonel Fabien, le « maquis de Saucats », le corps-franc Pommiès et le front du Médoc, sans oublier la période plus récente : Mitterrand et Mendès-France, sans oublier la rue « Les compagnons de l’abbé Pierre » , près du siège d’Emmaüs, rue partagée avec Blanquefort.
*Pierre Georges, dit colonel Fabien, dit Frédo, né le 21 janvier 1919 à Paris et mort le 27 décembre 1944 à Habsheim, est un militant communiste et résistant français. René Cassin est cité 2 fois comme Colbert, Aristide Briand, Jules Ferry, Gambetta, Georges Mandel, Robert Schuman, Ferdinand Buisson… La plupart de nos autres gloires nationales ne sont citées qu’une fois, essentiellement au Bouscat. René Samuel Cassin (né le 5 octobre 1887 à Bayonne, mort le 20 février 1976 à Paris), était un juriste, diplomate et homme politique français. Membre du gouvernement de la France libre pendant la seconde Guerre mondiale, principal auteur de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948, président de la Cour européenne des droits de l'homme, il reçut le prix Nobel de la paix en 1968.

La mise en valeur dans le choix des noms de rues, de personnalités nationales et de symboles,  situe dans la dynamique urbaine ou non chaque commune :
- Le Bouscat      45
- Bruges             23
- Blanquefort      21
- Parempuyre    17
- Le Taillan         12
- Ludon                8
- Saint-Aubin       6
- Le Pian             2

Remarques Blanquefort, une seule femme, mise en valeur,  notre héroïne nationale Jeanne d’Arc ! Le très petit nombre de femmes mises en valeur est un phénomène national (Article du journal Le Monde du 15 mars 2011, Mélina Gazsi.) 9 % des rues en France portent un nom de femme. En 1997, Paris compte 6 088 rues parmi lesquelles 3 750 portaient le nom de personnages remarquables dont 111 noms de femmes.  En 2011, 166 rues honorent le deuxième sexe. La parité progresse… Il faut aussi tenir compte des espaces verts, sportifs et culture capitale. Simone de Beauvoir a eu sa passerelle, Marguerite Yourcenar sa bibliothèque, Joséphine Baker sa piscine, Barbara son allée, Lucie Aubrac son collège, Germaine Tillion sa bibliothèque, Marguerite Duras sa médiathèque. Les « scores » de Marseille, Lyon, Nantes oscillent entre 0,6 et 1,3 %., ils sont 4 % à Paris et 9 % en France.

Voyons ce qu’il en est dans nos huit communes : Les femmes ont une place bien modeste dans les noms de rues : 4 % à Blanquefort, 3 % à Bruges, 2 % au Bouscat et à Parempuyre, 1 % au Pian et à Saint-Aubin, et 0 %  à Ludon et au Taillan.,
Blanquefort devance Bruges et Le Bouscat par volonté politique ; en effet, le 30 mars 2009, la municipalité de Blanquefort introduit ainsi sa décision de nommer des femmes dans ses nouvelles rues : « Dénomination de nouvelles rues réalisées sur le territoire communal. Suite à la réalisation de nouvelles voies sur le territoire communal, il est nécessaire de les dénommer afin de permettre en particulier d’attribuer des adresses postales aux propriétés desservies par ces voies. Une réflexion a été engagée en vue de proposer des noms qui traduisent en particulier le souci d’une représentation équilibrée d’hommes et de femmes ».
D’où en 2009 les noms de :
- Rosa Bonheur (1822-1899), peintre née à Bordeaux,
- Jeanne Baret (1740-1807), première femme botaniste à faire le tour du monde,
- Anita Conti (1899-1997), première française océanographe, aventurière des mers,
- Rosa Luxembourg (1871-1919), militante et révolutionnaire allemande,
et en 2010, Antoinette Ochoa, Blanquefortaise humanitaire.

voirie3

Une évolution s’amorce en effet dans les communes. « Il est nécessaire de reconnaître le rôle et la place des femmes dans la société et de leur donner une vraie visibilité, si l’on veut faire avancer l’égalité » souligne une adjointe au maire de Paris (Le Monde du 15.03.2011). Eysines vient de baptiser 3 rues de sa commune en octobre 2010 : Marie-Claude Vaillant-Couturier, Germaine Tillon et Charlotte Delbo. Blanquefort baptise sa nouvelle résidence Habitat Jeunes, du nom de Suzanne Lacore (1875-1975), en hommage à cette femme politique des années 30, institutrice et sous-secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance dans le gouvernement de Léon Blum. Elle a notamment institué les foyers de jeunes travailleurs. En cohérence avec la volonté politique de promouvoir la parité au quotidien, les bâtiments communaux dernièrement construits et certaines rues de la commune portent le nom de femmes emblématiques. Le Taillan, en juin 2011, nomme au contraire 4 rues en honorant 4 hommes… Vassily Kandinsky, Odilon Redon, Francisco Goya et Pierre Mendès-France.

Les rues débaptisées :
La ville de Bordeaux a décidé, depuis la fin des années 1990, de ne plus débaptiser les rues anciennes, sauf pour supprimer le double emploi avec Caudéran. La mesure est sage ; c’est en effet une partie de notre passé qui est en jeu et que l’on pourrait être tenté de gommer… On peut regretter qu’à Blanquefort la route du Médoc que l’on appelait aussi la route des Grands Vins ait été débaptisée, dans l’enthousiasme de la Libération, au profit du général de Gaulle : il eût mieux valu affecter à ce dernier une nouvelle rue.

Les rues qui honorent les voisins de la commune :

Certaines communes saluent les communes voisines en leur affectant des noms de rues.                                                                                                     Ainsi, Blanquefort, dans un lotissement entre les châteaux Dillon et Saint-Ahon, châteaux viticoles, nomme ces voisines du Médoc, productrices de bons vins : Margaux, Saint-Estèphe, Saint-Julien, Beychevelle, Listrac, Moulis, Lamarque, Margaux, Cissac, Cussac, Arsac et Cantenac…Nouvelles créations :

Les créations de rues : Se faisant plus rares, les collectivités cherchent de nouveaux lieux à baptiser. Dans ce cas, les ronds-points et esplanades semblent promis à un grand avenir…
Le Taillan baptise une nouvelle place du nom d’une ville italienne avec laquelle la commune est jumelée : Castelnuovo Berargenda. 

Les structures communales : Au départ, c’est souvent l’école du bourg, en distinguant jusque dans les années 60 celle des garçons et celle des filles. Elle est ensuite appelée mixte. L’accroissement urbain aidant, des noms fleurissent pour les différencier à chaque nouvelle création. Ce sont parfois des toponymes locaux qui sont repris ou encore les noms des rues existantes ou plus tard des noms de personnalités nationales. Les crèches utilisent plutôt des noms amusants pour les petits.

Le Bouscat :
- écoles : Ermitage, Lafon Féline, Jean-Jaurès, Sainte-Anne 
- crèches : Providence, les Mosaïques, Trotte menu, Chenille verte
- collège Ausone, Jean Moulin
Bruges :
- écoles : Pablo Picasso, Camille Claudel, Marie Laurencin, Jacques Prévert, La Marianne (chemin Marianne)
- crèche : Petit Prince, Les Lutins
Blanquefort :
- écoles Saturne, Caychac, Curégan, Dulamon, La Renney, Bourg
- crèche : Les Poussins
- collège : Dupaty
- lycées : Jean Monnet, Saint-Michel, Saint-Joseph, des Métiers du bâtiment, agricole et vinicole
Le Taillan :
- écoles : Éric Tabarly, La Boétie, Bourg, Bois des ormes devenue récemment l’école Jean Pometan du nom d’un ancien maire
- lycée : Sud-Médoc
Le Pian :
- écoles : Airials, Brugat, Bourg
- crèche : À petits pas
Ludon :
- écoles : pas de nom, place Jean-Jaurès
- crèche : Les Petits Bouchons

La salle est polyvalente, le stade est municipal, l’école est publique, les établissements... scolaires, mais avec de plus en plus de noms personnalisés.

Parempuyre :
- écoles : Libération et Jean-Jaurès
- crèche : le petit Prince
- collège : Porte du Médoc
Saint-Aubin :
- écoles : Molière, Charles Perrault, Jean de la Fontaine
- crèches : Canailles et Sucre d’orge, Clé des champs
- collège : Léonard de Vinci.

Les structures sportives : Les piscines sont souvent « municipales », mais au Bouscat c’est la piscine des Écus. Les stades sont municipaux ou omnisports, mais portent de plus en plus des noms de personnalités ou d’hommes politiques que l’on honore en leur dédiant un stade.
Blanquefort choisit ainsi de donner le nom de Jean-Pierre Delhomme, maire de 1971 à 1999, peut-être en écho au stade Chaban-Delmas à Bordeaux, ou encore celui d’Émile Miart ; en effet, ces deux hommes ont été parmi les défenseurs du football dans leur commune et méritent une citation, mais bien d’autres ont été oubliés.
Le Bouscat est connu pour son « Stade bordelais », et baptise les stades des Écus ou de Jean-Jaurès ou son gymnase Maurice Maronnier ;                 Bruges appelle son stade : de Biston et son terrain de tennis : Jean Deycard.                                                                                                                         Parempuyre, c’est simplement la plaine des sports.

Les salles municipales : au Bouscat, La Charmille, Ermitage-Compostelle, à Bruges, espace culturel Trelon, à Saint-Aubin les salles Ronsard et René Escarret , à Parempuyre l’Athénée  et l’Art-y-show qui a remplacé la salle Beauséjour, au Taillan le Palio  (salle sportive et culturelle), Serge Lama au Pian (ses parents vivaient sur la commune).
Blanquefort baptise en 2007 sa médiathèque Aïssa Djebar (du nom de la romancière, élue à l’Académie française en 2006 pour marquer son projet de lien avec l’Algérie ainsi que pour honorer un nom féminin. Elle fut en concurrence avec Germaine Tillon et le public fréquentant la structure fut en partie associée à la décision finale), son école de musique et de danse : Henri Sauguet, sa salle polyvalente : Fongravey. Son centre culturel est appelé les Colonnes, en référence à une technique de l’architecte qui décore le bâtiment de plusieurs colonnes. En 2010, des raisons économiques conduisent à l’association de 2 structures culturelles voisines : le centre culturel des Colonnes de Blanquefort et le centre de Saint-Médard-en-Jalles, pour devenir le Carré des Jalles C’est avec humour que nous souhaitons une longue vie au mariage du cercle et du carré !

Les églises de nos communes : Elles portent des noms de saints depuis des siècles ; leur patronyme est vénéré, Pierre et Martin par 2 fois, une sainte au Bouscat…
* Saint-Martin, avec ses 3675 églises est le patronyme le plus répandu en France
* Sainte-Clothilde du Bouscat
* Saint-Pierre de Bruges
* Saint-Martin de Blanquefort
* Saint-Hilaire du Taillan
* Saint-Seurin du Pian
* Saint-Martin de Ludon
* Saint-Pierre de Parempuyre
* Saint-Aubin : le village a pris le nom de son patron religieux, comme bien d’autres communes en France
* Notre-Dame de Macau.
Les paroisses les plus anciennes ont été formées au VII et VIII° siècle : Saint-Martin de Blanquefort, Saint-Pierre de Parempuyre et Saint-Seurin du Pian. Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin, Saint-Hilaire du Taillan, Notre-Dame de Macau seraient plus récentes et dateraient des XI et XIII° siècle.

(Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, 1968, 3 tomes. École nationale des chartes. (AD 33. ref : BIB SU 12 (9).

Les lieux-dits dont certains figurent sur les cartes de telle ou telle commune. Ils sont plus anciens que la voirie et s’avèrent les témoins précieux de notre  passé. Blanquefort en mentionne 70 sur la carte de la CUB et 83 sur la carte de la mairie de 2004 ; une dizaine d’entre eux sont repris dans la voirie. Parempuyre en cite 30 et en reprend 6 dans la voirie, Le Taillan en cite 21, Saint-Aubin en cite 7, Le Pian en cite 4.
Il conviendrait de les conserver au maximum et de les remettre à la première place qu’ils méritent. Surtout, ne les oublions pas…

Conclusion.
Au terme de cet inventaire, reconnaissons la grande faculté d’imagination ou parfois un certain embarras qui préside aux appellations de noms des rues et des lieux que nous arpentons dans chacun de nos déplacements.
Du sentier qui reliait fermes et bourgs, on est passé à des chemins, puis à des routes et enfin à des rues pour finir en apothéose par les boulevards et les avenues.
Observons que la tendance à nommer et poétiser se retrouve aussi sur les autoroutes modernes : on baptise l’A 10 en « Aquitaine » en reprenant l’habitude de citer des lieux et des destinations ; par contre, les rocades si fonctionnelles ou les périphériques ont rarement des dénominations.                                                                                                                               Un clin d’œil à la commune du Taillan qui vient de baptiser un chemin forestier « chemin des Amoureux », en soulignant que les vieux Taillanais comprendront le bien-fondé de cette dénomination. En réalité, chaque maire est placé devant un dilemme : quel nom attribuer à un nouvel espace urbain : celui d’une gloire nationale, d’une personne du village ou du quartier, un toponyme abandonné, un nom d’oiseau, de fleur, d’arbre. Honorer un personnage historique est peut-être passé de mode, on recherche davantage aujourd’hui le consensuel, l’ancrage dans le passé, l’ambiance du village d’autrefois.
On cherche aussi à donner du sens à l’espace public. Faut-il chercher l’originalité à tout prix ?  Comment se distinguer des autres communes ? Qui mérite d’être mis en valeur ? Le débat est ouvert.

Henri Bret.

 

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