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Les chaffres.

À Blanquefort, on donnait souvent aux personnes des surnoms (les chaffres) et on prenait ensuite l’habitude de les désigner ainsi. Ce nouveau nom, le chaffre, pouvait même se transmettre de père en fils sur plusieurs générations.

Avant qu’ils ne disparaissent tout à fait, en voici un recueil glané près de Blanquefortais, les anciens sont invités à apporter leur contribution...

Le surnom, à ne pas confondre avec un pseudonyme, dénomination choisie par une personne pour masquer son identité et appelée aussi faux nom, est un nom de substitution pouvant qualifier une personne ou une institution. Le surnom est le nom ajouté au nom de baptême, au prénom d’une personne, pour la distinguer par un caractère particulier, une circonstance.

Un sobriquet est un surnom familier, moqueur, parfois péjoratif.

La principale différence entre un pseudonyme et un surnom (ou un sobriquet) est que le premier est choisi par la personne à laquelle il s'applique alors que le second lui est attribué par d'autres personnes, ce qui bien sûr n'empêche pas l'intéressé de s'en servir comme pseudonyme s'il le souhaite.

Le mot chaffre, lui, ne se retrouve pas dans les dictionnaires comme "Le grand dictionnaire des lettres  " en sept volumes ou "Le grand dictionnaire encyclopédique Larousse" en quinze volumes, pas davantage dans les dictionnaires Robert, en particulier "Le dictionnaire historique de la langue française", rien sur Google non plus...

On en trouve heureusement une définition dans "Le Grand Fargnas" de Guy Suire, petit précis du parler girondin, où il est indiqué : "Chaffre" : Surnom, sobriquet. Peut-être de l'anglais to chaff, "se moquer de". Il serait alors un des rares mots vestiges des trois siècles de présence anglaise. Toutefois, le mot existe en gascon. Les gens étaient hier, encore un peu aujourd'hui, plus connus par leur sobriquet que par leur nom de famille. Un détail physique, une apparence, un métier voire une origine, chaffraient plus rapidement que les fonts baptismaux. C'était même comme l'héritage transmissible. Exemples de chaffre : la ripe (le menuisier), ganivette (le boucher), jambes de tit (quelqu'un d'élancé), miche maigre (femme "plate"), bouffiole (un gros)... ».

"Calumet" : famille Gorphe (un arrière grand père fumait beaucoup).

"Les papes" : famille Dupuy (1ère génération : le pape et la papesse, 2ème génération : le papot et la papote).

"Carabat" : famille Dugay à la Gravette (le père Carabat était toujours chaussé de bottes qui sentaient le purin à cent lieux à la ronde).

"Tagingué", descendance disparue.

"Le Croc" : Pierre Robert Fort, charpentier (il était toujours vêtu d'un costume en satinette noire, c'était la tenue des charpentiers qu'on appelait "croc" du nom du corbeau en gascon).

"Baragane" : poireau sauvage qui pousse dans les vignes, d’où sa référence à l’ivrognerie.

"Chicoy" : le marchand de peaux de lapins (il avait une seule dent dans la bouche, il avait perdu toutes les autres).

"Dudule" : chaffre de M. Duvert, l'ancien maire.

Le vieux "Victor la Treille", qui s'appelait Victor Lavigne.

"Le Moutouney", père de Nénette Courbin, qui élevait des moutons.

"Le Chioulet" (le sifflet) : boucher charcutier de la rue Gambetta, il s'appelait Jouanny.

"Le Lapin" : famille Pineaud à Andrian.

"Les Pellepiou" : une autre famille Dupuy, avenue du 11 Novembre.

"Le Chacail" : famille Lespine, quand on parle d'eux on dit les descendants du Chacail.

"Les Bombé" : famille Richard (parce qu'il était gros).

"Pendule" : Durousseau qui réparait les montres et les pendules.

"Gaston Gamelle" de son vrai nom Cardin, le sonneur de cloches, de Marpuch.

"Bonzo" : Pierre Seguin, de Peybois.

"Zale" : René Subervie, de Caychac.

"Les Merles" : tous les fils de la famille Ruffast était appelé "Le Merle".

Dans les générations actuelles :

"Belette" : fils de Claudette Lespine.

"Le rat" : Serge Tisne à Caychac.

"Loupiac" : Jean Louis Abadie, à Caychac (à l'âge de 3 ou 4 ans il avait bu toute une bouteille de vin blanc et du Loupiac ! il était "ivre mort").

Les dernières :

"Emeye de Babey" (du temps de ma grand-mère, une dame un peu dérangée qui portait des tas de choses insolites autour du cou en guise de bijoux).

"Bacchus" : Edmond Blanc, à Caychac.

"Mouche-plate" : c’était Bertaud.

Actuellement notre célèbre "Bilou" ; on dit bien Isabelle, la femme à Bilou, les filles à Bilou.

Mais ne s’agit-il pas là davantage d’un diminutif dérivé du prénom et comportant une nuance d’affection ou de familiarité, le diminutif pouvant parfois comporter aussi une idée de petitesse. En tout cas, c’est une forme de "baptême" familial et/ou social qui dure dans le temps et qui est intégrée à la personne. Certaines rubriques nécrologiques mentionnent le nom d’un individu "dit" un tel....

"Apparemment les Rouillard ne portaient pas de chaffre. Je me souviens quand mon cousin Bernard et mon cousin Philippe allaient à l'école, leurs copains leur disaient "Salut Mathias" et on appelait d'ailleurs Bernard "Mathias". Mathias, c'était mon arrière grand-père, le père de mon grand père Rouillard ».

Ici, c’est la forte personnalité d’un aïeul qui perdure dans la famille.

Contribution de Jean Pierre et Sylvette Gélie, qui en reprennent plusieurs, mais ajoutent :

"La caupe" : Dupouy (la poule d’eau, elle est habillée en noir comme la poule d’eau).

"Cap de cuge (tête de citrouille)" : Martin à la Gravette.

"Le chic parisien" : René, ramoneur, parce qu’il était mal habillé.

"Plat du bide ou le criquet" : Jean Pierre Gélie.

Contribution de Didi Ornon :

"Les téça (ou tessa)" : la famille Ornon parce qu’ils disaient toujours : "té, c’est ça" et ça a suivi dans la famille.

"Les tafanel" : Lajus.

"Didi" : Henri Ornon, moi-même pour me distinguer de mon cousin qui s’appelait également Henri Ornon, que l’on avait nommé ...Dudu.

"Dudu" : car il disait "dudu" à son mulet.

"Pétièque" (petit) : Caudéran.

"La rate" : Ornon à Galochet.

"Lou Cousut" (le cousu) (avait de l’argent) : Mère Masset.

"Pimpadet" : Maurice Berniard, menuisier.

"Brau-Braud" du lavoir : Raymond Brouard, avenue du général de Gaulle, en face de l’ancien lavoir.

"Piquette" : Dugay.

"La clisse" : Brégeat à Breillan.

"La chique" : Meinié.

"L’orage" (il grondait tout le temps) : le père de Mme Cornu, rue Alcide Lambert.

"Chadenne" : Gabriel Lamboley.

"Tu mens" : Léon Béreau, avenue du général de Gaulle.

"La nuite" : Bareul.

"Nonière" : Marcel Ornon.

"Boussole" : Bouey, beau père de Cluzan.

"Biquette" : Gérard Bacquey, charron.

"La Fourmi" : Joseph Delhomme (société de Secours Mutuel, groupement de paysans, genre de coopérative, il était trésorier ….).

Un des chaffres qui nous a donné le plus de soucis est celui de "Mimi Capitaine", sœur d'Irène Romefort. Il a tellement remplacé le nom propre et le prénom de la femme d’Henri Lacaze que plus personne ne connaît son vrai nom. Il apparaît toutefois que c’est son père qu’on avait surnommé "Capitaine" parce qu’il était autoritaire et coléreux. En 1940, une vingtaine de gamins, dont Didi Ornon, avait "piqué" des cerises dans son cerisier (il est vrai en cassant quelques branches), et de colère, le lendemain, le "Capitaine" avait scié son cerisier... Le chaffre du père est passé à sa fille qui a été la seule femme de Blanquefort à conduire une voiture pendant la guerre de 1939-1945.

Contribution de Jean-Pierre Toulouse, de Birehen :

"Le Pinson" : oncle de Raymond Noailles à la Landille

"La Capitou" : doyenne du hameau de Birehen en 1951, mère de M. Merilleau, artisan maçon. Cette personne était ainsi appelée par ses voisins Elle était la mémoire du hameau et faisait respecter les droits de passage à" l'envahisseur" (les nouveaux voisins).

Alain Pineaud cite "patte à canard" Louis Bos (sans l’expliquer).

On peut observer que les chaffres sont nombreux dans le cas où plusieurs familles portent le même patronyme, comme les Dugay, Dupuy, Ornon, Caudéran, Vert… C’était sans doute un motif de différenciation, comme dans le cas des prénoms identiques au XVIIIème siècle et avant…

Dans certains cas, on repère facilement l’origine du chaffre, dans d’autres on en a perdu l’origine et le sens. Il est arrivé plusieurs fois qu’on découvre avec étonnement que le véritable nom de famille n’était pas celui qui était utilisé couramment pour désigner la personne, comme en particulier dans le cas de "Mimi Capitaine" ; pour "Caraba", ce chaffre vient en fait d’un arrière grand-père de l'intéressée qui était carabinier à Sébastopol, qui a été désigné ainsi à son retour à Blanquefort, et qui s’est transmis sur plusieurs générations ; puis ce fut un chaffre "filé" quand Caraba est devenu "le marquis de Caraba" pour se moquer gentiment, et une nouvelle génération l’a transformé vers 1960 en "Caramba"....

En fait, les chaffres s’inscrivent probablement dans la tradition de dénomination des personnes en France autour des XIème  et XIIème siècles pour compléter la désignation habituelle par le seul prénom de baptême auquel on associait le nom du père, et qui a consisté à nommer les gens par un surnom, un sobriquet faisant référence à un métier, à un lieu topographique ou géographique, parfois une caractéristique physique ou morale. On retrouve ce phénomène dans les registres d’état-civil quand le curé met en avant le chaffre et précise en petites lettres à la suite le vrai nom de famille.

Mais on note souvent une pointe de moquerie dans les appellations : l’esprit gascon a forcé un peu sur la fibre de la mise en boîte amicale, on plaisantait beaucoup dans le village et on se moquait parfois.....

Si vous en connaissez d’autres qui méritent d’être sauvés de l’oubli... faites-les connaître.

Henri Bret.

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PS : Dans le faire-part des décès du journal Sud-ouest du 3 décembre 2012, on trouve l’annonce suivante sur Blanquefort : M. Roger Dugay, dit Marquis de Carabas, a la tristesse de faire-part...

Pour en savoir plus sur "L’origine des noms à Blanquefort", cliquez ICI.



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