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Sacré Triquette, ce Bernard Rouillard !

En ce 21 juin 1718, Jean Delauba dit « lou Petit », maître marchand à Bruges, n’est pas content. Il porte plainte auprès de Lamarque, procureur d’office de la Prévôté d’Eysines qui, pour l’occasion, siège à Bruges. Il raconte que dans la nuit du 16 juin, Bernard Rouillard surnommé Triquette  natif de Bruges et « voleur de profession » lui a volé une paire de bœufs aratoires dans un pré à Laguilley à Eysines ; ils ont été retrouvés dans un pré appartenant à Demoiselle Labarrière où Triquette les avait cachés après avoir essayé de les vendre à un boucher de Bordeaux.

Le même jour, Catherine Rousseau veuve de Guillaume Eyquem dit  Langoiran, déclare que le 5 juin dernier Rouillard (âgé de 24 à 25 ans) lui a volé un cheval au pré.

Une semaine plus tard de nouvelles charges s’ajoutent à la liste des méfaits de Triquette  :

Une information est ouverte, les plaignants et les témoins sont interrogés.

- Arnaud Ponson, meunier de Landemoulin dit que, il y a deux ans ; Rouillard est venu à son moulin, un dimanche ou jour de fête, peu avant la messe, pour faire moudre un boisseau de seigle qu’il avait sur son cheval. Ponson et sa famille sont allés à la messe, à leur retour le fusil qui était près du chevet du lit avait disparu. En novembre, Ponson rencontre Triquette  père qui chasse ; il reconnaît son fusil et le réclame. Triquette prétend l’avoir acheté à un homme du Bouscat , il finit cependant par le rendre. Des témoins de la scène confirment.

- Catherine Tastade et d’autres personnes ont vu Triquette sortir du bois, un paquet sous le bras lors du vol chez la Dame Roucaute de : un tablier, un bonnet, une couverture, une chemise de Hollande et un poêlon à trois pieds.

- Martin Sandré, boucher à Bordeaux, dit qu’il y a environ deux mois, Triquette fils lui a proposé une paire de bœufs, mais, ayant été prévenu qu’ils étaient volés, il ne les a pas achetés.

- François Perceteau, maître d’écurie à Bordeaux s’est vu confier par Triquette un cheval à vendre « pour le compte du Sieur Brisson ».

Bernard Rouillard fils dit Triquette, âgé de 24 ans est écroué dans les prisons de l’Hôtel de Ville le 30 juin 1718. Interrogé, il dit avoir passé la nuit du 16 juin dans la maison de Mingeon batelier aux Chartrons, il a passé la nuit à boire puis a dormi dans son bateau. Il finit par admettre être allé, cette nuit là, à Laguilley accompagné de « Pierrot » qui travaille au curage des fossés et habite près de l’église de Blanquefort. Il reconnaît avoir pris la paire de bœufs mais dit que le cheval a été volé par « Pierrot » qui le lui a remis. Quant au fusil, il en attribue le vol à Penine qui depuis est mort à l’hôpital. Il parle de sa vie depuis qu’il y a un an il a quitté la maison de son père : il travaille aux Chartrons à rouler des barriques et à charger du sable.

Jean Rouillard père, 57 ans, ne se souvient de rien et nie toute responsabilité malgré sa confrontation avec les témoins.

Le procès se déroule le 29 juillet, Rouillard père ne s’est pas présenté.

La réquisition du procureur d’office est sévère : les galères à perpétuité et 50 livres d’amende pour le fils, trois ans de bannissement et 20 livres d’amende pour le père. La sentence définitive tombe :

- Le fils est condamné aux « galères du roi » à perpétuité et à une amende,

- Le père sera « pris de corps, conduit dans les prisons de l’hôtel de ville, livré aux mains de l’exécuteur de haute justice pour être attaché pendant six heures à un poteau à Bruges et sera banni pendant neuf ans». Il devra aussi payer une amende.

Le 14 septembre 1731 une nouvelle plainte est déposée, cette fois c’est contre Arnaud Rouillard « Triquette fils » qui refuse de payer à Jean Henri de Bordes les arrérages d’une rente et répond par des insultes et des menaces. On ignore la suite donnée à cette affaire. 

Sources : Archives de la Prévôté d’Eysines.

Michel Baron.

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