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Joomla : Porte du Médoc

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Le train.

Un élément nouveau était intervenu dans les moyens de communication : les chemins de fer. En 1855, dans l’étude du projet d’installation de la ligne du Médoc, le Conseil (municipal) de Blanquefort estima que la voie ferrée devait passer par le bourg, « insistant beaucoup sur les inconvénients qui résulteraient pour le colmatage et la salubrité publique de l’établissement de la voie ferrée dans le marais…, que ceux-ci sont très peu solides et, pour ainsi dire, flottants… »

Dix ans plus tard, le Conseil protesta énergiquement contre la prétention de la Compagnie de faire construire la gare loin du bourg, souhaitant plutôt son installation à Andrian. « Il est certain que si la gare se faisait au lieu indiqué par la Compagnie, son éloignement du bourg nécessiterait la création, à cet endroit, d’établissements nouveaux où s’arrêteraient les nombreux voyageurs que les trains de plaisir amèneront les jours de fête ». Mais le Conseil dut se résigner et se contenta alors d’exiger trois passages à niveau : celui de Mataplan, celui établi sur le chemin vicinal n°3 et celui du chemin de Blanquefort à Parempuyre. Les travaux commencèrent en 1865, les ingénieurs s’installant à la future École d’Agriculture ». Guy Dabadie note encore  « L’inauguration du chemin de fer concernant le premier tronçon allant de Bordeaux à Macau eut lieu à l’automne de 1868 et le Cardinal Donnet prononça dans son discours : « Partez, chars de feu, allez porter le progrès et la civilisation dans les contrées les plus reculées ». Et les trains, tirés pourtant par des locomotives aux noms évocateurs : « Château-Margaux, Lafitte, Pergauson », s’en allaient tout doux, tout doucement, avec un respect plutôt relatif des horaires (R. Saubeste). Mais pour la desserte immédiate de la banlieue bordelaise, il nous faut parler des premières organisations de transports de voyageurs.

Il fallut attendre le 17 décembre 1893 pour voir en service le premier tramway à fil électrique et aérien en direction du Vigean grâce à la Compagnie Thomson-Houston. Le prolongement jusqu’à Blanquefort eut lieu le 10 avril 1898. Les premières motrices comportaient à l’avant et à l’arrière une plate-forme offrant 7 places aux voyageurs ouvertes à tous les vents. Le voyage sur la plate-forme ne manquait pas de charmes pour les jeunes à la belle saison ; inutile d’insister sur le danger qu’il présentait en hiver à la sortie d’un bureau, d’un magasin, d’un atelier surchauffé ».

gare

CPA fonds numérique privé Césard.

« Et le wattman, était-il suffisamment protégé contre les intempéries par son cabas ou son ciré ? » (H. Redevilh). Lors de l'inauguration : « L'affluence des voyageurs était telle que les mouvements des conducteurs en étaient fortement gênés ; un frein n'a pu être serré tout à fait à temps et il s'est produit un tamponnement si l'on peut appeler ainsi un choc aussi faible, qu'à peine une des tôles de la voiture tamponnée a été tordue et qu'aucun des voyageurs qui emplissaient la plate-forme atteinte n'a eu le moindre mal ». (La Gironde, 19 novembre 1893).

Guy Dabadie, Notes historiques, publié dans la Gazette de Blanquefort, 1973.

La ligne du Médoc est longue de 11 km. Bordeaux-Macau a été inaugurée en 1868. Une première gare de départ dite du Médoc a brûlé. Elle a été remplacée par Bordeaux-Saint-Louis, là où se trouve aujourd'hui l'hypermarché Leclerc. « Avalée » par la ville, la station a été fermée le 22 avril 1968 (tout juste cent ans après la création de la ligne). La gare Saint-Louis-Ravezies lui a succédé. Le premier nom a disparu des panneaux aujourd'hui. Pour tous, c'est la gare de Ravezies. La station voyageurs n'a pas été la seule repoussée par le monde urbain. La gare marchandises a dû elle aussi déménager. Elle a quitté le cours Saint-Louis pour s'installer allée de Boutaut en 1984. Cette gare est totalement désaffectée aujourd'hui. Adieu la gare du Nord ! La gare Ravezies fermera ses portes en septembre 2012 et ne les rouvrira jamais. Elle sera remplacée en 2014 par la station Cracovie où n'arriveront que les trams.

Jean-Paul Vigneaud. Journal Sud-Ouest 6 décembre 2011.

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