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L’église de Saint Aubin.

Saint Aubin fut choisi comme protecteur de la paroisse vers le 8ème siècle.

On s'explique mal pourquoi l'église et quelques maisons disséminées ont été construites à l'extrémité sud-est de la paroisse. Monseigneur Laroza pensait qu'elle avait été bâtie sur les ruines d'un temple romain. Le Dr Robert et M. Puyo ont émis l'hypothèse que, à l'origine, Saint-Aubin-en-Jalès était rattaché à Saint-Médard-en-Jalès, bien avant que les limites des communes ne soient fixées.

On ne peut jamais dire qu'une église date de tel ou tel siècle car elle fait sans cesse l'objet de réparations, rajouts, modifications ou restructurations, respectueuses, fantaisistes, voire iconoclastes. La construction de l'édifice actuel a débuté, sans doute, au 12ème siècle, c'est à dire au temps d'Aliénor d'Aquitaine, par un petit oratoire voûté à gauche du chœur. Son plafond très abîmé aujourd'hui fut décoré de peintures murales où l'on distingue encore la scène de l'Annonciation. Puis, on édifia le chœur de style roman, dont plusieurs chapiteaux archaïques sont ornés de mitres et de crosses, emblèmes du Saint Evêque choisi comme protecteur de la paroisse vers le 7ème siècle.

La nef centrale fut construite en prolongement du chœur. On y ajouta ensuite celle de Notre-Dame puis beaucoup plus tard, peut-être au 16ème ou 17ème siècle celle de Saint Jean-Baptiste. Comme les arcades bordant la nef centrale sont soit romanes, soit en arc brisé, on s'explique mal la chronologie de la construction.

Avant l'édification du retable, l’église présentait les caractéristiques du style roman. Elle est orientée, c'est-à-dire tournée vers l'orient et non vers Jérusalem comme on l'a cru bien longtemps. L'étroite fenêtre du chevet recevait les rayons du soleil levant et, largement ébrae vers l'intérieur, les diffusait dans la nef principale. C'était un symbole voulu par les architectes. Le fidèle, entrant au petit jour par la porte centrale, venait des ténèbres pour se diriger vers la lumière. On pourrait même penser que l'oculus qui, au dessus du porche principal, présente un léger décentrement, recueillait directement ces premiers rayons le 1er Mars, jour de la fête de Saint-Aubin.

Un très beau retable en bois ouvragé, du début du 18ème siècle, suscite beaucoup d'intérêt, mais il rompt l'harmonie du chœur roman, et nous emche de vérifier l'hypotse ci-dessus. Sa partie supérieure, d'une sculpture puissante et fouillée, rappelant Michel-Ange, représente Dieu le Père entouré d'angelots, tenant une colombe, symbole de l'Esprit Saint. Juste en dessous, on voit une mitre et un écu orné de lettres entrelacées où l'on peut imaginer les S. et A. de Saint-Aubin. Le tableau central est flanqué de colonnes cannelées, à côté desquelles ont été placées sur leur socle ouvragé, les statues des saints Pierre et Paul, en ormeau, taillées dans la masse. Restaurées récemment, elles ont perdu leur badigeon du siècle dernier pour retrouver leur teinte originale, alors que le reste du retable, couleur bois maintenant, était peint autrefois de couleurs claires marbrées. Au dessus des statues, on peut admirer deux corbeilles de fleurs finement ciselées. Le tableau central, restauré lui aussi, représente Saint-Aubin dans sa gloire, avec ses attributs épiscopaux, entouré d'anges. L'autel en bois est contemporain du retable. La porte du tabernacle représente Jésus portant le globe terrestre. Plusieurs coquilles Saint-Jacques, symbole du pèlerin, rappellent peut-être une halte sur le chemin de Compostelle.

Tableau et retable ont été exécutés sans doute par des artistes itinérants qui, ensuite, partaient décorer d'autres églises ou châteaux. Le sarcophage dont nous avons déjà parlé est situé derrière le retable. On y accède par deux portes latérales. Dans le chœur, on peut aussi admirer une très belle porte d'armoire eucharistique sculptée au 15ème siècle, surmontée d'une plaque tumulaire à la mémoire du seigneur de Saint-Aubin, de Copian, de Bricaile et autres lieux et maisons nobles, Lancelot de Ferron, écuyer, décédé en 1583 et probablement enseveli dans le chœur où se trouve le tombeau de ses antres et de ses successeurs.

Un chapiteau du chœur, de facture très ancienne, nous pose question. Le sujet central, âne, chien ou loup, saisit un aigle par la tête alors que sa patte avant maintient un autre animal au sol. Derrière lui, un personnage immobile et un animal mythique contemplent la scène. S'agit-il d'une légende locale maintenant oubliée ? Deux têtes grossièrement sculptées, aux coins supérieurs de ce même chapiteau évoquent les bienfaiteurs de l'église, les desservants ou les maîtres d'œuvres. Le bonnet de l'un d'eux semble même représenter un troisième personnage à peine ébauché.

Dans la nef, on peut admirer une petite Vierge en pierre, du 15ème siècle présentant le sein à son Enfant, lequel tient un oiseau, peut-être une colombe, symbole du Saint-Esprit. Cette statuette fut retroue en 1970 dans le mur du clocher où elle servait de moellon, par Pierre Cardinal et les ouvriers municipaux qui perçaient une baie pour le chauffage. Remarquant des éclats sculptés dans les gravats, ils abandonnèrent leur pic dont les traces sont encore visibles, et dégagèrent avec précaution le reste de la statue. Les têtes manquaient. Elles ont été reconstituées, en plâtre, par un artiste local, Jean Doméjean, qui a retroule sourire de la Vierge et l'a rendue à notre vénération. Par qui avait-elle été décapitée ? Qui l'a utilisée comme moellon ? Nous ne pouvons hasarder que des hypothèses. On sait que pendant les guerres de religion, une armée protestante bien équipée, venant de La Rochelle, sous les ordres d'un certain Favas, a saccagé les églises du Nord-doc, mais on ne sait pas si elle est venue jusque chez nous. D'autre part, sous la Révolution, il semble que les Saint-Aubinois n'aient pas été très virulents. Alors qui ? Dans ces retrouvailles dont je fus le témoin oculaire, je persiste à voir un petit air de miracle.

Une autre statue, restaurée elle aussi, est remarquable, celle de Saint Jean-Baptiste. Elle est en terre glaise, façonnée à Saint-Aubin au 16ème ou 17ème siècle, et cuite dans une des tuileries établies sur la paroisse, peut-être celle du Tronquet. À l'extérieur, le chevet roman présente une caractéristique assez rare relevée par Monseigneur Laroza, la corniche ressaute vers l'avant et les chapiteaux ne sont pas sculptés. Par contre, la croix qui surmonte le pignon, au dessus du porche central, est sculptée sur les deux faces. À l'est, la Vierge présente son Fils au monde, à l'ouest, on voit le Christ crucifié.

Le clocher, d'aspect roman, est très ancien mais il fut en partie reconstruit au siècle dernier alors qu'il menaçait ruine. Le porche laral est récent. Il a remplacé un auvent sous lequel un seigneur avait fait construire un montoir en pierre. Les cavaliers âs ou malhabiles s'en servaient de marchepied pour escalader leur monture. Sous cet auvent, on ensevelissait les morts qui avaient acquis un droit de sépulture à tarif réduit (6 livres), alors qu'on payait le double pour être enterré dans l'église. On lit sur les B.M.S. « Le vingt cinq Aoust 1643 fust couverte l'église de Saint-Aubin par le soing du Seigneur du lieu dict Monsieur Momaritz. Ce fust quelques iours après la mort du dernier pasteur dict Monsieur Commarieu, auquel temps ledict Seigneur fit aussy faire le montoir en pierres de taille au devant de l'église de Saint-Aubin à la commodité de tous allans et venans. »

Un cimetière entourait l'église jusqu'en 1861. Il est possible que certaines auges qui servaient naguère d'abreuvoirs aux troupeaux soient d'anciens sarcophages exhumés à ce moment là.Les inhumations de notables, surtout avant le 19ème siècle, avaient lieu dans l'église, les seigneurs et les curés dans le chœur, au pied du grand autel. En 1662, « Millivel Claude de Masparault, transporté mort de Bourdeaux, fut ensevely dans la pulture de .ses prédécesseurs ».

Les curés possédaient un large pouvoir d'appréciation puisque l'un d'eux, Messire Laroche, inhuma sa mère Marie Dugouyon dans l'église en 1736 et, en 1770 « la fille Marie Tarride qui mourut hier en la maison curiale après m'avoir servi et ma famille pendant plus d'un demi-siècle. Ensevelie dans l'église au fond du bas-côté Saint-Jean ». D'autres sont inhumés au hasard et parfois, leur emplacement est noté sur le registre : « Dans la nef Notre-Dame » ou « Au pied du grand Crucifix ». Plusieurs, qui n'avaient pas acquis de droit de sépulture, mais avaient été particulièrement méritants, furent enterrés comme « passants ». Ctait une façon de les honorer. La somme demandée (12 livres) se justifiait en partie, car il fallait creuser, puis reboucher, tasser, niveler et refaire le dallage. On l'appelait « droit d'ouverture de fosse ». Ce droit de sépulture fut contesté à plusieurs reprises par le curé Cassaigne qui porta l'affaire devant l'Archevêque, obtenant chaque fois gain de cause. En attendant, il enterrait les défunts derrière le four du presbytère.

Matin, midi et soir, sauf en Carême, le bedeau sonnait l'Angélus. La cloche avait une grande importance. Elle indiquait l'heure de la prière ou de la pause, la direction du vent et, donc la pluie ou le beau temps qu'on pouvait attendre. Les cérémonies étaient annoncées à grand branle. Quelque temps avant leur début, pour hâter les retardataires, trois coups brefs marquaient le commencement de la messe ou des vêpres. Agitée vigoureusement, elle disait la joie des nouveaux mariés ou l'allégresse des baptêmes, frappée plus lentement, elle sonnait le glas, accompagnant les deuils et le triste "Libéra nos" qui clôturait la cérémonie des obsèques.Battue sur un rythme accéléré, elle appelait la population pour éteindre les incendies ou chasser les rôdeurs. Celle que nous entendons aujourd'hui fut installée un mois avant la Révolution. Nous lisons sur le registre des Baptêmes : « L'an 1789 et le 10ème du mois de juin, nous soussigné avons procédé à la bénédiction de la cloche de Saint-Aubin, laquelle a été nommée Jacques-Thérèse. Parrain en a été le Sr Jacques Rabby, négociant à Bordeaux, ancien Consul de la Bourse, demeurant audit Bordeaux, rue de la Grille, paroisse de Saint-Rémy ; sa marraine Thérèse Brunaud, sa petite fille, demeurant audit Bordeaux. En présence des soussignés... Linars, Curé de Saint-Médard... Barbé, Curé... »

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 88-97.


Compléments d'informations :

La construction de l’église actuelle a débuté, sans doute, au 12ème siècle, c’est-à-dire au temps d’Aliénor d’Aquitaine, par un petit oratoire voûté à gauche du chœur.
Les autres parties de l’église, chœur, nef principale, clocher, nef Notre-Dame, bas-côté Saint Jean-Baptiste, sacristie, furent construites et remaniées au cours des siècles suivants.
Les éléments caractéristiques de l’église sont :

  • les vestiges des peintures murales dans le petit oratoire originel,

  • la croix du fronton sculptée sur ses deux faces,

  • le mystérieux sarcophage de l’abside,

  • la porte ciselée du tabernacle, le retable, l’ostensoir offert par Napoléon III et la petite Vierge au sein.

Le presbytère fut construit au 18ème siècle.
La cloche a été installée en 1789, juste avant la Révolution.
Le cimetière qui entourait l’église a été transféré à sa place actuelle en 1861.
De grands travaux eurent lieu en 1867, dont la réfection du porche central.
Les travaux les plus récents se sont déroulés en 1989 pour la rénovation intérieure, en 2004 pour la rénovation de la toiture et en 2008 pour la réfection de la place et l’illumination extérieure de l’église.


pour plus d'informations : site de la mairie http://www.saint-aubin-de-medoc.fr/Fascicule-illustre-de-presentation.html.

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