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Un enterrement au 16ème sciècle.

ADIEU JEANNE BAQUEY

Au petit jour, on avait vu passer le curé en étole et surplis. Précédé de deux enfants de chœur, dont l'un portait un flambeau et l'autre agitait une sonnette : il portait la Sainte Communion, le dernier viatique, à Jeanne Baquey qui se mourait de consomption à trente ans, cette terrible tuberculose que personne n'osait nommer.

Elle s'éteignit après les derniers sacrements, sa main retomba sur le sol de terre battue, le long de son grabat. La sage femme, déjà prévenue, n'attendait que le dernier souffle pour commencer la toilette funèbre. Elle avait l'habitude, elle eut vite fini. On rabattit le linceul sur le pauvre corps amaigri. On cloua quelques planches pendant qu'un voisin attelait la charrette et qu'un autre rameutait les parents et connaissances. Il fallait faire vite à cause de la contagion.

Dans le champ sacré, à côté de l'église, le sacristain creusait la tombe, mettant de coté, pour les enfouir à nouveau, les ossements des générations précédentes qu’il exhumait. Après le « Dies Irae », le « Requiem », et le « Libera nos » le curé chanta encore « ln manus tuas, Domine commendo spiritum meum » - « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

Avec des cordes, quatre gaillards endimanchés, des amis de la famille, descendirent le cercueil dans la fosse. Un dernier regard, un dernier coup de goupillon, une motte de terre, et le veuf, Jean Baquey, reprit le chemin de sa cabane. Triste encore, mais tourné vers l'avenir, il réfléchissait. Il songeait à reprendre femme bientôt, car les petits ont besoin d'une seconde mère et les travaux des champs ont pris du retard pendant la dernière maladie de Jeanne. On pourrait peut-être demander à Magdelaine Lalande. Elle est avenante et travailleuse, son cœur est libre...

 

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 53-54.

 

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