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Prononciation et écriture des patronymes, tout un programme !

Casamajor, la grande maison.

Casa se prononce case, le « j » peut devenir « y », le « or » final se prononce « ou ». Si en plus, on écrit « caza » ou « caze », voici tous les patronymes possibles

– avec casa : Casamajor, Casamajour, Casamajou, Casamayor, Casamayour, Casamayou

- avec Case : Casemajor, Casemajour, Casemajou, Casemayor, Casemayour, Casemayou

- avec Caza : Cazamajor, Cazamajour, Cazamajou, Cazamayor, Cazamayour, Cazamayou

- avec Caze : Cazemajor, Cazemajour, Cazemajou, Cazemayor, Cazemayour, Cazemayou.

Cela nous donne 24 patronymes différents, certains étant illogiques car mélangeant l’écriture traditionnelle et sa traduction phonétique.

Les patronymes se sont fixés progressivement et différemment suivant les régions ; dans le sud-ouest on privilégie la toponymie, dans l’ouest ce sont plutôt les caractères physiques ou moraux.

Nous aurons en Aquitaine des Cassou (chêne), des Honta (fontaine), des Serre (colline) alors qu’en Bretagne on trouvera des Lefort, Le Du (noir) ou Le Guen (blanc). À ces différences de coutumes, s’ajoute l’attitude du scripteur vis-à-vis de la langue locale. En effet, la grande majorité des parents qui se présentaient au prêtre pour déclarer un décès, une naissance ou pour se marier ne s’exprimaient pas en français.

Très souvent l’officiant religieux pratiquait la langue régionale… mais dans le cas d’une langue écrite, le curé connaît-il les règles de cette écriture ou va-t-il écrire ce qu’il entend en phonétique française ?

Pour un patronyme donné on peut avoir au moins deux graphies différentes.

Nous avons par exemple des Lafitte ou des Lahitte pour désigner la même famille ; dans les deux cas, le candidat au baptême dira s’appeler Lahitte, mais le premier curé étant sans doute puriste écrira Lafitte, alors que le second se contentera d’écrire ce qu’il entend ou ce qu’il sait. Ce ne sont pas les seules variantes courantes, car « v » est devenu « b » et on aura des Minvielle et des Mimbielle. Dans le premier cas, le curé écrit ainsi parce qu’il a étudié la langue ancienne, dans le deuxième il écrit ce qu’il entend et en plus en appliquant la règle, française, du « m » devant le « b ». « Ou » s’écrivait « o » et voilà pourquoi on rencontre des Morlane et des Mourlanne, des Borda et des Bourda ; c’est la même prononciation mais la transcription dépend du scripteur.

À partir du XVème siècle, un long processus de fixation des noms de famille s'amorce. La désignation du patronyme peut prendre comme référence le métier exercé par le chef de famille. Voici un exemple : un forgeron : en langue d’oc, c’est un « faure », mais dans le triangle Océan-Garonne-Pyrénées le « f » va se prononcer « h ». Les prêtres conservateurs écriront Faure et les modernes qui écriront Haure. En outre, les terminaisons en « r » pouvaient être élidé ; nouveau choix : on écrit Fau ou Hau. Nous voici avec quatre patronymes Faure, Haure, Fau, Hau et la possibilité d’en avoir huit si l’on ajoute « du » devant le nom car au 18ème siècle, c’était généralement le cas. Par la suite certaines particules disparaitront quand la particule deviendra l’apanage exclusif des aristocrates, sauf s’ils se sont accolés. Et si le vicaire remplaçant le curé absent écrit la traduction phonétique de ces deux noms tels qu’il les entend prononcer, ces patronymes deviennent des Haou ou Faou.

18 patronymes issus de la profession de forgeron : Faure, Haure, Fau, Hau, du Faure, du Haure, du Fau, du Hau, Dufaure, Duhaure, Dufau, Duhau, Haou, Faou, du Haou, du Faou, Duhaou, Dufaou.

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D’après le texte de Roger Castetbon, Généalogies du Sud-ouest, Bulletin n°46, 1° semestre 2003.

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