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Les mariages.

Les registres de catholicité : ils constituent, de 1600 à la Révolution, notre principale source de documentation et, comme les moyens de communication rudimentaires ne permettaient pas de vastes mouvements de populations, les familles restaient sur place et s'unissaient entre elles. On peut donc les voir évoluer pendant plusieurs générations et même suivre ceux qui, marqués par la misère donnaient le jour à de futurs miséreux, dont les descendants furent, ou sont encore, au bas de l'échelle sociale.

Au temps de la féodalité, un serf ne pouvait épouser qu'une serve appartenant au même seigneur, à moins de payer audit seigneur un droit de formariage qui le libérait de son lien.

Mais avec le recul de la féodalité, une évolution se produisait lentement. À l'époque où l'on travaillait dur, où l'on trimait toute une vie pour acheter un journal de terre (un tiers d'hectare environ, qu'on pouvait labourer en un jour de travail) on savait la valeur d'une livre ou d'un sol. Ceux qui en avaient la force, le courage ou l'astuce cherchaient à s'élever. Le mariage était une excellente occasion d'ajouter un lopin de champ aux quelques arpents qu'avaient conquis les ancêtres.

II n'était pas facile, cependant, à une fille de journalier, même jolie, de se faire épouser sans dot par le fils du laboureur ou du vigneron, petits propriétaires. Car la famille du jeune homme veillait. N'ayant rien d'autre que son joli minois et sa jeunesse, elle devait faire valoir son petit capital, tout en restant dans la limite de la bienséance. Elle savait bien que les dévergondées ne seraient jamais que des catins. Et c'est ainsi que, au fil des ans, se développait cette ruse, cette rouerie, cette coquetterie, cette diplomatie, mais aussi ce charme et cette finesse que nous apprécions aujourd'hui chez leurs descendantes.

En général, comme aux siècles précédents, on recherchait les unions dans les mêmes classes sociales. C'est ainsi que Messire Laroche bénit, en 1751, les épousailles de Jean-Antoine de Raoul avec Demoyselle des Varennes et que, parmi les témoins, on relève des signatures prestigieuses en leur temps, de nobles et de grands bourgeois : Jouguet, gradué en théologie, Pedepiaux, Thilorier, Doffemont, Lassalle du Cyran et d'autres. Les petits, eux-mêmes, ne se mariaient jamais bien loin, rarement à plus de deux lieues. La cérémonie était précédée par la publication des trois bans réglementaires, en chaire, dans la paroisse de chacun des époux, mais elle avait toujours lieu dans celle de l'épouse.

Ce qui, aujourd'hui, nous semble paradoxal, c'est que, alors que leur esrance de vie était très courte, ils attendaient longtemps pour se marier, 22 ans pour les filles et 26 ans pour les garçons. Par contre, un veuvage ne durait jamais bien longtemps, car il fallait quelqu'un pour prendre soin de la maisonnée. Etant donné la rapidité de certains mariages, on peut se demander si des jalons n'avaient pas été posés d'avance.

 

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 107-108.

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