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Le château Pichon.

En 1601, Jacques d' Alesme reçoit en héritage le château de La Motte Caupène, ainsi que la partie sud du domaine et la maison noble de Vallier. Il semble que ce seigneur soit décédé avant 1644, puisque les textes traitant de l'assèchement des marais font état de « certains arrangements avec la baronne veuve Jacques d'Alesme et son fils ». C'est pourtant également un Jacques d'Alesme, probablement fils du précédent, qui prenant parti pour le parlement dans les querelles opposant celui-ci au duc d'Epernon, encourt les foudres du gouverneur de Guyenne.

Un chroniqueur de l'époque (1648) rapporte un différend entre la ville de Bordeaux et le parlement d'une part, le duc d'Epernon (fidèle à Mazarin) d'autre part. Une disette de blé en était la cause. Le grain étant moins cher dans le bordelais qu'au delà des Pyrénées, des négociants obtiennent du duc l'autorisation d'en transporter par bateaux jusqu'au royaume d'Espagne. Mais le peuple s'oppose vivement à l'embarquement du blé et les quais de Bordeaux sont envahis, le conflit tournant rapidement à l'émeute. Le parlement prend alors un arrêté interdisant le transport du blé hors de la province. Cet incident est suivi de la Fronde parlementaire, puis de la Fronde des princes qui éclate en 1649, en plein marasme du négoce bordelais. Le 26 mai de la même année, le duc d'Epernon s'empare du château Trompette après trois mois de siège. Malgré la paix signée par Mazarin le 26 décembre, le duc ordonne une expédition punitive à Parempuyre : le 4 janvier 1650, au petit matin, un groupe composé de quelques cavaliers, le sieur Vilars à leur tête, incendie le château de la Motte Caupène et la maison de Vallier. Le baron Jacques se met en devoir de faire reconstruire son château dès février 1651 (marché passé avec le sieur Raymond Labat, maître-maçon). Formée d'une longue suite de pièces basses surmontées d'un étage mansardé, cette maison proche présente, selon une description d'époque, une allure semi-circulaire autour d'une cour. Elle prend alors le nom de château de Parempuyre. Benoîte, la fille unique de Jacques d'Alesme épouse bientôt Bernard de Pichon, fils de François de Pichon, président du parlement de Guienne, lui apportant le château de Parempuyre en dot.

En 1659, Louis XIV alors âgé de 21 ans, entreprend, avec déplaisir il est vrai tant il est amoureux de Marie Mancini, le voyage de Bayonne en vue des négociations nécessitées par son mariage avec l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne. C'est en l'hôtel de Pichon situé rue du Chapeau-Rouge à Bordeaux (de nos jours : cours de l'Intendance) que le Roi séjourne. Invité par ses hôtes à Parempuyre pour y chasser la caille, Louis XIV passe quelques heures dans le domaine.

Mais laissons la parole à un témoin de cet événement extraordinaire : « Le 19ème du mois d'août 1659, le roy Louis arriva à Bordeaux sur les trois heures de l'après-midi avec la reine sa mère, Monsieur le Duc d'Anjou, son frère, Monsieur le Prince de Conti, gouverneur de Bordeaux, Madame la Princesse, sa femme, Mlle, fille de Monsieur le Duc d'Orléans et plusieurs autres seigneurs. Le 26 du dit mois d'août, il partit de Bordeaux pour venir à la chasse des cailles dans le marais de la paroisse de Parempuyre et fût dîner dans la maison de Caupène, dans la même paroisse, appartenant à Monsieur d' Alesme, ci-devant conseiller du Roy, où il demeura environ cinq ou six heures et j'eus l'honneur de saluer au dit lieu de Caupène environ les deux ou trois heures après midi pour continuer sa chasse et se retirer le même jour à Bordeaux. En témoignage de quoi j'ai signé Garribon, curé de Ludon ».

Jacques de Pichon, fils de Bernard de Pichon et de la Dame d' Alesme, hérite à son tour du château. Les textes précisent qu'il y vécu longtemps, avec la Dame Marie du Roy, son épouse. À sa mort, survenue en 1731, il est enterré dans la chapelle de Caupène. Sur la pierre tombale, sa veuve fait inscrire une épitaphe que l'on peut voir encore au cimetière de la commune, ainsi libellée : « Ci-gist, dans sa chapelle, haut et puissant seigneur Jacques de Pichon, Chevalier, Seigneur des maisons nobles de La Motte et Vallier et autres lieux, Suzerain de l'entière terre d'Arsac, Baron de Parrampuyre, Conseiller du Royen la Grand 'Chambre du Parlement de Bordeaux, décédé le 1er novembre mille sept cent trente et un, mari de Dame Marie du Roy, laquelle a fait mettre cette épitaphe, pour témoignage de la commune amitié et de son désir d'être enterrée dans le même tombeau, jusqu'à la résurrection bienheureuse. J.P.M.D ».

Le chevalier Joseph de Pichon, fils de Jacques et Dame Marie du Roy, est également baron de Parempuyre et seigneur d'Arsac. Une nouvelle période d'émeutes et de révoltes aboutit à la révolution. Le dernier baron de Parempuyre est donc Guillaume de Pichon, fils de Joseph. Il siège à l'Assemblée de la Noblesse en 1789 ; il semble qu'il ait traversé sans dommage la Révolution. La Constituante découpe la France en 80 départements, eux-mêmes découpés en districts, ceux-ci en cantons. De même, elle supprime les parlements et institue un système judiciaire comportant des juges élus pour six ans, la justice et la loi devant émaner du peuple. Il semble donc que le baron Guillaume ait perdu ses fonctions mais non son château puisqu'il le transmet, à sa mort en 1815, à son fils aîné Charles, qui prend le titre de baron de Pichon, la monarchie ayant, entre temps, été rétablie.

Après avoir servi dans les rangs de la Garde nationale bordelaise, où on le trouve en 1848, année qui voit la constitution de la IIème République, le baron Charles, trois ans plus tard, transmet à ses héritiers le château des Pichon. Dès lors, faute d'entretien, inhabité, le château paraît abandonné, bien que M. de Pichon soit, vers le milieu des années 1860, maire de la commune. En 1867, un témoin décrit les lieux en ces termes: « ses contrevents de couleur jaunâtre sont presque toujours fermés, son portique est en partie démoli, sa cour est pleine d'herbages, l'ensemble offre l'aspect d'un édifice abandonné ». Pourtant, il est également précique 25 hectares de vignes sont encore cultivés autour du château produisant 45 à 50 tonneaux d'un vin qui « sans être classé se vend néanmoins le prix des bons bourgeois ». Au début des années 1870, une partie du domaine est achetée par M. Durand-Dassier. Délaissant le vieux château, il fait alors construire, en 1879, un peu plus à l'Est, une somptueuse demeure aux dimensions imposantes qui a, dit-on, la particularité de comporter autant d'ouvertures extérieures que de jours de l'année. Son concepteur, l'architecte Louis Garros est bien connu dans le Médoc pour avoir bâti, entre autres, Lanessan, Fonreaud et Lachesnaye. Divers styles se côtoient : gothique, Renaissance et Néo-classique. Ses fenêtres comportent également différents styles, certaines étant à meneaux, d'autres en plein cintre, larges et hautes. Dans le hall d'entrée, des boiseries renaissance voisinent avec des colonnes entièrement sculptées supportant l'escalier d'honneur. La cheminée de la salle à manger est surmontée d'une hotte en céramique de Sèvres sur laquelle figure la date d'achèvement des travaux : 1882. Cette superbe demeure qui pourrait rivaliser avec ses semblables des bords de Loire, occupe une place de choix parmi les châteaux célèbres du Médoc. La famille Durand-Dassier, dont deux membres (Philippe et Hubert) furent maires de Parempuyre, reste propriétaire des lieux jusqu'à la succession de ce dernier, décédé en 1971.

Le domaine est entretenu avec rigueur et conscience par M. Jean Mendive, maître d'hôtel et sa femme Henriette, cuisinière. Pendant plusieurs années, ils pservent fidèlement le patrimoine à eux confié sur lequel ils veillent depuis une trentaine d'années, et poursuivront leur tâche jusqu'en fin des années 1980, au service des propriétaires successifs

Acquis en 1973 par la société Delor, le domaine devient, en 1976, propriété de M. Clément Fayat, qui lui redonne ses lettres de noblesse en recréant un vignoble de quali. Afin de ne pas prêter à confusion avec un autre château du Médoc, tout en conservant le nom de la famille héritière du terroir durant trois siècles, M. Fayat y ajoute son prénom en préfixe ; c'est ainsi qu'en 1985, le domaine prend le nom de château Clément-Pichon. [Pichon, en retour à la famille héritière, et Clément pour éviter la confusion avec un autre château du Médoc.] Dans ses vastes chais, ouverts aux visiteurs, se trouve un imposant vitrail ancien sur lequel l'illustre semeuse symbolise la sage maxime gravée à ses pieds : l'économie est la source de l'indépendance et de la liberté.

Texte extrait : Parempuyre, sa mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.19-22.

Le château de Parempuyre.

Favorablement connu par les qualités de son vin classé dans les bons crus du Médoc, le château de Parempuyre remonte assez haut dans le passé.

Ce n'était à l'origine qu'une maison forte qui portait le nom d'Arnaud de Caupène, son fondateur, vivant en 1348. Apporté plus tard en mariage dans la maison de La Mothe-Roquetaillade, ce château passa au XVIème siècle dans la famille parlementaire d'Alesne et, à la suite d'un incendie, fut reconstruit à une certaine distance de son emplacement primitif et un peu plus sur la hauteur.

Sous Henri IV, quelques paroisses démembrées de la châtellenie de Blanquefort donnèrent plus d'importance à cette terre, mais elle ne tarda pas à être divisée. Une partie connue sous la dénomination d'Isle d'Arès eut pour seigneurs les Ségur-Cabanac. Une autre, la plus importante prit le nom de Parempuyre et le titre de baronnerie qu'elle a conservé jusqu'à la Révolution. La famille de Pichon a possédé cette terre jusqu'à une époque relativement moderne. Elle fit à son tour réédifier le manoir et eut l'honneur d'y recevoir Louis XIV à un de les voyages eu Guienne.

Entièrement reconstruit en 1879 par M. Durand-Dassier, père du propriétaire actuel, le château de Parempuyre figure avec honneur parmi les plus belles habitations de la Gironde.

Extrait de l'Histoire des Châteaux de Guienne par Boisserie de Masmontet. Collection Historique Châteaux de Guienne, Michel et Forgeot, édit 38 Intendance, Bordeaux.

 

 

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