Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

PDF 

Le château Ségur.

À l'Ouest, près du pavillon des gardes, une grille monumentale s'ouvre sur l'allée menant au château. Majestueux, dans son écrin de verdure, il est le plus beau fleuron de la commune. À la fin du l6ème siècle, la demoiselle d'Alesme hérite de son père, Messire Guillaume, la partie nord du domaine de Parempuyre, appelée Isle d'Arès. Dans la région médocaine, on retrouve le terme « isle » dans plusieurs noms de lieux ; il ne s'agit pas d'îles, à proprement parler, mais simplement de proéminences de terres dominant les marais. Ainsi qu'il était coutume, ce domaine est porté en dot par la fille du seigneur d'Alesme au chevalier Joseph de Ségur, comte de Cabanac, lors de leurs épousailles.

Au début du l7ème siècle, Messire de Ségur fait bâtir un château près de la basse Garonne, dans un lieu appelé marais du Clerc. Cependant, le climat des marais, malsain, gâte la santé du propriétaire des lieux, qui après avoir « pris les fièvres » (paludisme?) abandonne le château et le fait démolir (en 1867, un témoin note que les douves étaient encore visibles). Sur les hauteurs de l'Isle d'Arès, existait un pavillon de chasse. Nul ne dit si « Louis XIV s'y reposa » selon la formule consacrée, et pourtant on peut très bien le supposer. Messire de Ségur reconstruit sa demeure près de ce pavillon éloigné d'une lieue environ de la Garonne. Cet édifice porte le nom de château Ségur, son propriétaire assurant la Haute Justice de sa juridiction, ainsi qu'il était d'usage avant 1789.

La famille de Ségur habita peu cette seigneurie qui reste cependant la propriété des descendants jusqu'à la Révolution. Le comte de Ségur ayant émigré en Autriche, ses biens sont confisqués par la nation. Le douze vendémiaire An IV de la République (4 octobre 1795), il est procédé à la vente aux enchères de la propriété par le district de Bordeaux. Les « citoyens » Jean Suderie, maître cordier à Bordeaux, 24 rue Poyenne, et Jean Clémenceau, de la Croix Blanche, s'en rendent acquéreurs, en indivision, pour la somme de 573 000 livres. Puis, le domaine est partagé le 18 prairial An IV (6 juin 1796), entre les deux propriétaires.

Propriété Suderie

Elle comprend de nombreuses prairies, marais, palus et aubarèdes diverses, métairies du Villa, Pitres, Le Clerc et Bijeau, forêt de pins de Landegrand ainsi qu'une partie de l'Isle d'Arès laquelle est acquise par un landais (nommé Batbedat) puis rachetée en 1816 par Jean-Baptiste Rondeau et son épouse. Nous n'avons aucune certitude quant aux partages, héritages, ou ventes que ce patrimoine a pu subir au cours du siècle suivant, bien qu'on en retrouve des parcelles dans la succession de M. et Mme Rondeau (Bijeau, et la Part des Filles, actuel Bourdillot). Il paraît donc probable que la majeure partie du domaine Suderie ait fait l'objet de ventes parcellaires en vue de la culture et l'élevage ; on retrouve en effet fin du siècle dernier divers crus qui portent les noms précités (Le Clerc de Ségur, Le Flamand ou Pitres appartenant à divers propriétaires). Il en reste encore des parcelles très étendues. Certaines d'entre elles ont été depuis peu, converties en lotissements (Lisière du Vignoble, entre autres).

Propriété Clémenceau

L'Isle d'Arès et le château Ségur restent propriété exclusive du Sieur Jean Clémenceau qui la conserve jusqu'à son décès, début des années 1810, laissant pour héritiers sa veuve et son fils unique Léonard. Mme Jean Clémenceau, née Marie Dorat, vend sa part d'héritage en septembre 1812 à M. Rondeau, capitaine de navire, lequel revend, en 1820, une partie (Boisgrand) à son frère Jean-Baptiste. Puis, le château est démoli et remplacé par des constructions à vocation viticole dont la famille demeure propriétaire jusqu'à la fin du siècle. Au début du 20ème siècle, M. Louis Fillon devient propriétaire d'une partie de l'Isle d'Arès, qui prend le nom de Ségur-Fillon. M. Léonard Clémenceau, hérite pour sa part du domaine constitué selon l'acte « d'une maison de maître, logement de cultivateurs, bâtiments d'exploitation, jardin, verger, vignes, terres labourables, prairies, vimières et autres natures de fonds » situé sur l'Isle d'Arès. Le 16 décembre 1815, il vend l'ensemble à Nicolas-François Seret dit Solanci, lequel ne le garde que quatre années avant de le céder à Madame Françoise Tartanac, épouse de Pierre Faucon. Le 3 août 1835, Jean-Pierre Geyraud, marchand de modes au 9, rue Sainte-Catherine, à Bordeaux, s'en rend acquéreur. En 1860, M. Jean Heyrim, directeur de la Compagnie Maritime Gironde et Garonne, demeurant rue Ducau à Bordeaux, achète le domaine. M. Heyrim était, depuis le 31 décembre 1853, l'associé de M. Rondeau, son beau-frère (association qui prend fin en octobre 1861).

Après de lourds investissements, M. Heyrim reconstitue et augmente le vignoble, puis son capital terrien, en rachetant diverses parcelles : partie du domaine de France, domaine de Béreau, enfin Boisgrand en 1876, vendu par Thérèse Rondeau. Lors de son décès, survenu le 7 mai 1877, le domaine est à nouveau partagé entre son fils et ses petites filles (Mmes Landreau et Sursol qui héritent de France et Béreau). Mme veuve Heyrim reste toutefois héritière du château Ségur jusqu'au début de 1890. Puis, M. Guillaume Pépin acquiert le domaine de M. Frédéric Heyrim, en novembre 1890.

La lecture des différents actes et documents que M. et Mme Grazioli ont aimablement mis à notre disposition, nous a permis de constater que l'ensemble du domaine de Ségur Isle d'Arès a fait, depuis 1795, l'objet de partages et remembrements incessants, mais le plus souvent dans la même famille. Le plan du domaine de M. Guillaume Pépin dressé en 1891, donne des précisions intéressantes sur la destination de certaines parcelles, appelées « barails » (du Tabac, du Lin, des Patates), mais aussi « transports » près du chemin du Flamand, ou « les petits charbonniers » à l'Est. La famille Pépin garde le domaine jusque vers 1925, époque à laquelle il est acquis par M. Armand Bacque. Enfin, en 1959, M. Grazioli achète la propriété de M. Bacque, puis, dix ans plus tard, le domaine de Ségur-Fillon de Mlle Lombard de Servan, descendante de la famille Fillon. C'est ainsi qu'une importante partie du domaine des comtes de Ségur a été reconstituée, par les actuels propriétaires.

Texte extrait : Parempuyre, sa mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.23-25.

De 2 hectares en 1959, la superficie du vignoble est de 39 hectares aujourd'hui et les vins du domaine sont en Appellation d'Origine Contrôlée Haut-Médoc.

joomla template