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Les loisirs.

Si l'on se réfère au plan de la partie du Maine de Gaillard (comprise entre les rues Henri-Founeau, Général de Gaulle et Durand-Dassier) on dansait à Parempuyre au début du XIXème siècle dans la salle de l'auberge Seguin, peut-être même sur la terrasse, à l'ombre de l'ormeau. Nous savons peu de choses sur les loisirs du siècle dernier. Il est fort probable que, dans le bourg, le premier d'entre eux devait être la « causette » à la fraîche les soirs d'été. Chacun apportait sa chaise sur le pas de sa porte et racontait sa journée au voisin d'en face ou d'à côté, tandis que les enfants jouaient au ballon dans la rue. Il y avait les fêtes de quartier : Cheyton, Gaillard, Sarthe, Saint-Pierre et les foires (4 par an). Rentrer les foins, en s'aidant les uns les autres, battre le blé, tuer le cochon et, surtout, le temps des vendanges étaient prétexte à repas pris en groupe, assis sur des bancs devant de longues tables que l'on pouvait, aisément, dresser au milieu de la rue. Toutes les fêtes religieuses offraient aussi l'occasion de se réjouir. Vêtu de ses « habits du dimanche », après la grand' messe, chacun flânait un peu, les femmes par petits groupes attendaient, en papotant, leurs maris s'attardant au café.

Au cours de l'entre-deux-guerres, la commune connaît une période très riche dans la mémoire des anciens du village. Laissons-les exprimer leurs souvenirs :

Parempuyre comptait bien sûr ses cafés qui furent souvent le centre de la vie sociale et des loisirs de la commune. Les distractions ne manquaient pas. La « Fête du bœuf gras » était une tradition. M. Lassere, le boucher, promenait dans toute la commune et les hameaux voisins, un magnifique bœuf enrubanné suivi de toute la jeunesse costumée. La plupart du temps, un accordéon et une batterie complétaient le cortège ainsi formé. Une aubade était donnée en priorité au domicile de M. le Maire puis dans chaque quartier. Les jeunes gens et jeunes filles recueillaient les dons offerts spontanément par la population. C'est ainsi qu'œufs, volailles, charcuteries, bouteilles de vin, crêpes, « merveilles » confectionnées par les maîtresses de maison, composaient le soir, le banquet qui réunissait les acteurs de cette journée de liesse. Un bal gratuit avec orchestre, offert par le boucher, clôturait ces festivités. Cette tradition est encore respectée de nos jours dans le Bazadais.

Tous les cafés du village avaient leur salle de bal et se faisaient concurrence tant par leur clientèle que par le siège des activités associatives. Qui ne se souvient de l'animation des premiers mois de l'année pour la préparation des fêtes de Carnaval. Dès le mois de janvier, jeunes filles, jeunes femmes et mères de famille formaient des groupes de travail chez l'habitant mais surtout au café du Centre (Bibliothèque actuelle), pour confectionner, le soir, des fleurs en papier destinées à décorer les chars carnavalesques et préparer les costumes. De ces doigts agiles sortaient violettes, roses, glycines, nénuphars, branches de pruniers en fleurs tellement ressemblants qu'on les prenait le plus souvent pour des fleurs naturelles. Les hommes aussi étaient mis à contribution pour la conception et fabrication des chars.

Le grand jour arrivé, le cortège de six ou sept chars prenait la direction de Bordeaux afin de se présenter devant une dizaine de jurys dans les quartiers bordelais : Ravezies, cours du Médoc, place Picard, Saint-Michel, Nansouty, les Boulevards, etc. Mais le moment décisif était, l'après-midi, le passage devant le grand Jury de la place de la Comédie. La concurrence était rude. Outre notre village, Eysines, le Vigean, Bègles, Libourne, Gradignan, Saint-Pierre d'Aurillac rivalisaient d'originalité et d'adresse pour emporter le premier prix, mais Parempuyre revint souvent avec la récompense suprême. La foule bordelaise était dense et les applaudissements nourris au passage des chars. Le matin, les bordelais nous accueillaient chez eux pour un petit déjeuner accompagné de friandises-maison. La convivialité était reine et la bonne humeur de rigueur.

Le comité des fêtes carnavalesques organisait aussi l'élection de la Reine et de ses demoiselles d'honneur. L'affluence était nombreuse ce soir-là dans la salle de bal car tous et toutes avaient droit de vote. L'après guerre a connu également de nombreuses distractions. La salle contigüe au bar « Le Parempuyre » recevait les bals de grandes fêtes (entre 1945 et 1952). M. Lautier y faisait (de 1952 à 1969) des séances de cinéma avec actualités et deux films. Les enfants y avaient également leur spectacle annuel de guignol.

Durant cette période, nombreux étaient les bals masqués avec prix. La société « Les Pâquerettes » uniquement composée d'éléments féminins donnait en cours d'année des concerts et assurait les soirées. Opérettes, comédies, drames, poèmes, chants et danses étaient interprétés par ces jeunes filles. De nombreux jeunes talents furent découverts et chaque spectacle faisait salle comble, honoré tout autant de la présence de la population locale que de celle des villages voisins.

L'ambiance festive qui régnait à Parempuyre a disparu hélas!... au début des années 60 avec l'arrivée de la télévision dans les foyers.

 

Texte extrait : Parempuyre, sa mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.91-92.

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