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Aliénor.

 Alnor, après dissolution de son mariage le 21 mars 1152 d'avec Louis VII, épouse Henri Plantagenet, lui apportant l'Aquitaine en dot. La terre des Médulli devient anglaise pour trois siècles.

Au cours du XIVème siècle, certains des palus du Médoc méridional (Macau, Margaux, Parempuyre, Blanquefort) sont plantés de vignes par des marchands et bourgeois bordelais. Ces propriétés viticoles, appelées bourdieux, sont exploitées en gestion directe et non inféodées. À cette même époque, le négoce bordelais est florissant. Les marchands s'enrichissent et deviennent de bons bourgeois que, par coutume, on qualifie de « nobles hommes ». L'achat d'une charge de conseiller suffit pour siéger au Parlement et accéder, ainsi, à la noblesse parlementaire. Ces nobles hommes, quelquefois propriétaires de salles ou maisons fortes, marient leurs filles à des seigneurs, barons ou chevaliers.

 Nous arrivons ainsi à la première histoire connue concernant préciment notre commune, alors paroisse reliée à la seigneurie de Blanquefort. La guerre de Cent ans perturbe la vie des Aquitains. Aux périodes de guerre succèdent des périodes de paix. Le calme relatif des vingt dernières années du XIVème siècle permet à la région bordelaise de reconstruire les villages et de reconstituer le vignoble.

En l'an de grâce 1347, la paix revient après huit années de guerre. La joie des habitants de notre région est pourtant de courte durée. Tornades et pluies incessantes noient cultures et vignes. La disette sévit dans les campagnes, la famine à la ville. La population s'attache pourtant avec courage aux travaux de réfection du vignoble qui faisait de la capitale d'Aquitaine (appelée « Bordeu ») une gion prospère.

Succédant aux inondations arrivent une période de sécheresse puis de nouvelles pluies dans une chaleur étouffante. En juillet, la peste noire fait son apparition. Pendant dix mois, ce fléau frappe la région. En 1348, Bordeaux se relève de la peste noire d'une manière assez étonnante : en effet, l'épidémie ayant décimé la population, les survivants s'approprient les richesses des morts, provoquant une reprise économique spectaculaire (159 000 hl de vin sont exportés).

À cette époque un citoyen bordelais, Mayensan, possède à Parempuyre (orthographié alors Parrampuyre) une vaste propriété sur laquelle est sise une grande maison communément appelée salle. C'est alors que Jeanne, fille de Mayensan épouse le seigneur Arnaud de Caupène, lui apportant en dot, outre l'hôtel situé rue du Pas Saint-Georges à Bordeaux, le domaine de Parempuyre. Messire Arnaud, en bon époux, fait entourer la salle de larges fossés lui donnant ainsi l'allure d'une maison forte qui porte désormais le nom de La Motte-Caupène. Le fils né de cette union, également prénommé Arnaud, prendra à son tour le titre de seigneur de la salle Caupène.

En 1403, alors que vient de ntre le futur Charles VII, la trêve cesse et les bordelais subissent de nouveau les assauts des français. C'est très précisément le 10 juin de cette année-là que la noble Contor de Caupène roit le titre de Dame de Parempuyre. Épouse du seigneur de Roquetaillade, Arnaud de La Motte, cette noble Dame donne naissance à un garçon, Guillaume-Arnaud. Le duc Louis d'Orléans, frère de Charles VI, prend le commandement des troupes françaises, assiège Blaye et Bourg, puis poursuit par les places du Médoc dans le but de couper la capitale d'Aquitaine du royaume d'Angleterre. Les Bordelais résistent vaillamment. En 1406, les berges de la Garonne bordant Parempuyre, verront passer la flottille des gabares qui, profitant des courants de jusant, font fuir l'amiral français jusqu'à Saint-Julien du Médoc où ses navires sont détruits. Les quarante années qui suivent apportent leur lot de malheurs : guerre, épidémies, guerre civile effroyable, pillages, incendies vident les campagnes. Les vignobles sont abandonnés.

Entre 1438 et 1440, Rodrigue de Villandrando, redoutable « écorcheur » (aventurier chef de bande), envoyé par Charles VII, sème la destruction dans le Médoc : Soulac, Castelnau, Lesparre, Blanquefort sont pillées, les villages de pêcheurs brûlés.

À l'automne 1450, les troupes du Sire d'Orval contournant Bordeaux, s'installent près de Blanquefort. Le 1er novembre, malgré leur infériorité en nombre, les troupes françaises l'emportent sur les anglais.

(pour plus d'informations sur cette journée, cliquez ICI)

Guillaume-Arnaud se disant lui-même seigneur de Roquetaillade et de Parempuyre, est, par un titre du 5 juin 1447, qualifié simplement de seigneur de l'hôtel et salle de Caupène. Ceci paraît plus vraisemblable puisque la Haute Justice de Parempuyre dépend de la seigneurie de Blanquefort. Néanmoins, ainsi que le précise un titre en date du 3 janvier 1509, la fille de Messire Guillaume-Arnaud, Catherine, reçoit la baronnie en héritage. Entre temps et fort de la victoire française à la bataille de Castillon, Charles VII obtient, après d'âpres combats, la reddition des bordelais le 9 octobre 1453. La Guyenne anglaise n'existe plus, les Anglo-Gascons deviennent sujets du Roi de France, Charles VII.

Texte extrait : Parempuyre, sa mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.15-16. « Quand les Anglais vendangeaient l’Aquitaine » (cf. ouvrage de Jean-Marc Soyez)

 

 

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