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Un soulèvement populaire en 1790.

Juillet 1790 : la Révolution a un an. Le 14 s’est déroulée sur le Champ de Mars la fête de la Fédération, deux Eysinais, Jeantet et Teychon, y représentaient leurs concitoyens. Le nouveau système politique se met en place. La semaine étant réservée au travail, c’est le dimanche, à l’issue de la messe, que la municipalité se réunit pour délibérer en présence de la population.

La réunion du 18 juillet a dû être houleuse. Il en est sorti une ordonnance du maire Étienne Ponson qui rappelle l’interdiction de couper du bois et de faire pacager le bétail dans la propriété d’autrui ; de fortes amendes sont prévues pour les contrevenants. Cette ordonnance est, comme tous les textes officiels, affichée à la porte de l’église.

Le dimanche suivant, Bernard Dumec obtient du maire l’autorisation de « lire un papier ». À l’issue de l’office, Dumec monte sur une pierre et crie « à la multitude assemblée », en rappelant les décrets relatifs aux communaux, que chacun est libre de faire pacager les bestiaux et de couper du bois dans les fonds qu’il prétend communaux et qui appartiennent à la ville de Bordeaux. La tension monte, le maire intime à Dumec l’ordre de descendre. Mais le peuple, « flatté par un discours qui s’accorde avec ses intérêts et échauffé par la chaleur des expressions, se porte aux injures les plus atroces contre les officiers municipaux, les traitant de jean-foutres, d’ignorants et d’aristocrates ». Les décrets sont arrachés et déchirés. La destitution du maire est réclamée par la foule. C’est l’émeute !

Une reprise en mains s’impose. Le maire et les officiers municipaux essaient de convaincre le capitaine et les sous-officiers de la garde nationale de ramener l’ordre. Ils n’y parviennent pas et obtiennent le résultat contraire : la garde dénie à « six hommes » le droit de gouverner la paroisse et interdit à Jean Lalumière, secrétaire-greffier de la municipalité, de poser des affiches sous peine de prison.

Chacun finit par rentrer chez soi et le maire parvient à faire emprisonner Dumec. Force reste donc à la loi.

L’affaire rebondit dans l’après-midi. Georges Guiraud, capitaine du régiment patriotique, rassemble la garde nationale et se porte à la prison pour libérer le prisonnier. Pierre Arrouch, major du régiment, cède à la force et les mutins se retirent portant Dumec en triomphe.

Le lundi 2 au matin, une délégation de quatre officiers municipaux se rend à Bordeaux à l’assemblée du département (qui siège en permanence) pour rendre compte des évènements et obtenir de l’aide et des directives. L’assemblée décide d’envoyer immédiatement à Eysines un administrateur du département : Laffon du Debat. Il est reçu par la municipalité et les officiers de la garde nationale qui expliquent leur comportement. Laffon cherche à apaiser les esprits, il compte sur la sagesse des patriotes et rappelle les troupes à la discipline.

Le lendemain, devant l’assemblée du département et en présence de M. Grenier, major général des troupes de la sénéchaussée, de la municipalité et des officiers de la garde nationale d’Eysines, Laffon rend compte de sa mission. « Le président, par un discours plein de douceur et d’énergie, exhorte les volontaires d’Eysines à se pénétrer des décrets de l’Assemblée nationale et de la sainteté du serment qu’ils ont fait d’y demeurer entièrement soumis ». Il promet au maire de mettre, si nécessaire, des renforts de troupes à sa disposition. Un nouvel arrêté, confirmant les précédents, est promulgué ; il sera lu en public et affiché à la porte de l’église.

Pourquoi ce soulèvement qui, sans la souplesse et la compréhension des autorités fraîchement installées, aurait pu tourner à l’émeute sanglante ? Parce que, depuis des siècles, la coutume accordait à chacun des droits sur les « communs », terrains pour le pacage des troupeaux, pour se pourvoir en bois, etc. La ville de Bordeaux aurait-elle interdit l’accès à ses fonds ?

Michel Baron.

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