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Joomla : Porte du Médoc

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La vie d’autrefois.

Un chiffon, un bout de bois, un joli caillou, des boulettes de chêne, des osselets, un sifflet taillé dans une branche de peuplier, il n'en fallait pas beaucoup pour amuser les enfants, ceux qui n'avaient pas encore l'âge de travailler. Ils auraient aimé courir dans la lande, mais on leur faisait peur. Le loup rôdait, l'ogre aussi, avec le loup-garou et le croque-mitaine. Souvent, ils avaient vu courir leurs parents, faux et fourches à la main, en direction d'un appel lointain. Les histoires de leur grand-mère, à la veillée, les remplissaient de crainte. Ils avaient peur de l'inconnu, de la nuit, des éclairs, du tonnerre. Cette crainte perpétuelle les préparait à leur future vie de soumission et de dépendance. Éternels résignés, éternelles victimes du « C'est comme ça », « personne n'y peut rien changer », comment leurs descendants ont-ils pu relever la tête et participer aux jacqueries puis à la Révolution ?

Ils ne sauraient jamais déchiffrer les grimoires, mais, tous petits, ils savaient déjà interpréter les mille signes qui annonçaient le brouillard, l'orage ou le soleil. On ne connaissait pas encore la science de la météo qui, après avoir invoqué les dieux anticyclone et dépression nous prédit, d'une manière indiscutable, graphiques à l'appui... le temps qu'il ne fera pas demain.

Le bouillon qui s'aigrit dans le pot de soupe, l'aspect du soleil couchant, les jambes du soleil, la course des nuages, la hauteur et la direction de la fumée, le halo qui entoure la lune, les taupes qui soufflent, le vol des hirondelles, l'approche des Saints de glace - Pancrace, Gervais et Mammert, le coassement des grenouilles, les gestes du chat qui se nettoie, le comportement des poules, tout leur annonçait le temps du lendemain.

Pour un habitant du Tronquet, entendre la cloche de Saint-Médard était signe de pluie, alors que celle de Saint-Aubin annonçait le beau temps et le rafraîchissement de la température. Avant de regagner la couche de la tribu, le maître, chaque soir, faisait un dernier tour de la maison, prévoyant le temps. Il fixait le travail du lendemain, labourage, semailles, binage ou moissons, fauches ou fenaisons, travaux en forêt ou bricolages sous le hangar.

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p.55-56.

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