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Les gens de passage sur la commune.

Ces rudes Saint-Aubinois savaient accueillir le mendiant, lui offrir la soupe à la table commune ainsi qu'un lit de paille dans le fenil ou l'écurie. Il repartait toujours avec un quignon de pain dans la musette. On lui demandait parfois de menus services, mais si, trouvant la maison agréable, il faisait mine de prolonger son séjour, on lui faisait doucement comprendre que la charité a des limites, qu'un mendiant bien élevé ne doit pas abuser de la bonté des gens, qu'il serait temps de partir après avoir humblement remercié ses hôtes... ou, sinon, gare au chien !

Les mendiants n'étaient pas les seuls à sillonner les campagnes. Les colporteurs passaient régulièrement avec leurs étals garnis d'images pieuses et de ces mille petites merveilles que nous appelons pacotille aujourd'hui. On lui donnait le gîte et le couvert en échange de quelques colifichets. Pour remercier les paysans, il racontait à la veillée sa dernière rencontre avec le Roi, car il enjolivait, les guerres lointaines dans des contrées aux mœurs étranges, et les aventures fantastiques qu'il disait avoir vécues, foi de colporteur !

Des rôdeurs, déserteurs, écorcheurs passaient, cherchant un mauvais coup. Mais les Saint-Aubinois, on l'a vu, n'étaient pas sans défense. Ils avaient un système d'alerte et d'intervention dont il subsiste quelques vestiges. On voit encore dans la forêt des monticules de terre, restes peut-être des tours de défense préhistoriques. Ces mottes, hautes de trois à cinq mètres, larges d'une dizaine, dominaient une lande presque rase. Certains lieux-dits portent le nom de « pin de l'observatoire » ou « pin de la tchanque » (échasse). On utilisait ces points hauts pour surveiller les troupeaux, mais aussi pour observer les alentours.

Au premier mouvement suspect, les guetteurs sonnaient la corne. D'un paysage qui paraissait désert surgissaient des dizaines de paysans, armés de leurs outils, accompagnés de solides chiens rageurs aux dents longues. Il ne restait aux intrus qu'à déguerpir. Le dispositif de défense avait bien fonctionné. Les scieurs de long, venus du Morvan, que nos antres, ignorant la géographie, situaient quelque part au nord, dans les pays froids, débitaient sur place les poutres, les madriers et les planches, au passe-partout, juchés sur leur chevalet, tant qu'on leur donnait du travail. Puis ils reprenaient leur errance.

Des artistes aussi, cherchant le gîte et la subsistance, s'installaient pour quelques mois, le temps de peindre un tableau pieux, de sculpter une statue. C'est ainsi que fut peint, pour les fonds baptismaux de notre église un Saint Jean-Baptiste au 17ème siècle. Le tableau à la gloire de Saint-Aubin, les statues de Saint-Pierre et de Saint-Paul qui flanquent le retable, et le retable lui-même, furent sans doute réalisées par ces artistes ambulants, comme l'église avait été construite quelques scles auparavant par les Compagnons Bâtisseurs du tour de France. Tailleurs de pierres, maçons, charpentiers, menuisiers, leur œuvre terminée, ils partaient vers d'autres chantiers, laissant, gravée dans la pierre, leur marque secrète, celle de leur confrérie et, parfois leur portrait.

Dans l'église, un chapiteau à gauche du chœur représente deux ou trois personnages, grossièrement sculptés surmontant une scène légendaire dont nous ne connaissons pas la signification.

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p.56-58.

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