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Joomla : Porte du Médoc

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Transports et voies de communications à travers les siècles.

La première voie de communication importante que nous connaissions est l'ancienne voie romaine appelée la « Lébade » (levée) ou « Camin de Solaco » qui, partant de la porte Médoc (entrée actuelle de la rue Sainte-Catherine), se dirigeait vers la belle cité de Noviomagus (face à Soulac) traversant Blanquefort, Parempuyre, Louens, Arsac, Castelnau, Moulis, Saint-Laurent, Cussac, Metulium (Saint-Germain), Queyrac, Vendays, Lilhan). Cette route était empruntée par les paysans venant apporter leurs denrées à la ville, notamment les meuniers avec la farine provenant des moulins installés sur les jalles.

Aux fonctionnaires en voyage étaient réservés tous les privilèges. De distance en distance, ils trouvaient des relais de poste où des chevaux étaient toujours tenus à leur disposition ; au besoin, ils couchaient chez les habitants, au grand ennui de ceux-ci, car ils passaient pour exigeants et fort enclins à emporter ce qui leur avait plu. Les plus pauvres allaient à pied, les vêtements bien troussés, un bâton à la main, une besace au dos.

Certains cabriolets à deux roues tirés par des chevaux gaulois, petits et trapus mais vifs et endurants, circulaient à une vitesse telle qu'une loi en réglait l'allure. Mais, manquent de ressorts, elles étaient peu confortables sur des routes aussi cahoteuses. Elle fut reconstruite en 1198 afin de permettre à Aliénor d'Aquitaine d'aller se rendre aux Anglais à Soulac. La fréquence des passages de pèlerins se rendant à Compostelle et débarquant soit à Soulac, soit à Macau, permit une nouvelle amélioration de son état grâce aux établissements hospitaliers d'Arcins, Ludon et Le Vigean qui les recevaient.

Un itinéraire manuscrit pour les pèlerins de Senlis, datant de 1960, signale, pour ce qui nous intéresse : « Le Bec d'Ambrois, passage dangereux qui est un pont et d'une isle entre-deux-mers qu'on voit à main gauche lieue « Montferrand » et « Le pays de Médoc adextre dont on voit place et chasteau : Blanc et fort à dextre, chasteau fort ancien. »

La poste existait déjà à la fin du XVIe siècle entre Bordeaux et Lesparre passant sur l'ancienne « Lebade », chaque voyageur devant payer 20 sous tournois par jour et par cheval « si l'on faisait la route au galop, ceux qui marchaient au trot ou au pas ne payaient que moitié prix ».

En 1714, un voyageur écrivait : « C'est une grosse affaire de ne pas s'égarer. Les fougères, bruyères et d'autres plantes de ce genre couvrent tout et cachent la route si bien qu'on ne la distingue plus ; et puis, la végétation la rend peu praticable parce qu'elle fait trébucher les chevaux et leur taille les pieds ».

Les chemins secondaires sont dans un état lamentable. Les relations ne permettent pas un commerce normal, sinon aux colporteurs portant sur leur dos leur maigre démonstration. Mais après un arrêt du Conseil d'Etat du 13 octobre 1750, Tourny, intendant de Guyenne, fit construire la chaussée traversant le marais de Blanquefort. « En effet, lorsque la Jalle débordait, le marais était couvert d'eau et les communications interrompues par voix de terre ». (Abbé Baurein).

Les réparations des chemins vicinaux furent très longtemps effectuées par les habitants. Voici, à titre d’exemple, les prestations en nature à Blanquefort en 1835 : une journée de travail pour tout chef de famille ou d'établissement ; une pareille prestation pour chaque bête de trait ou de somme et pour chaque charrette. Ces dispositions pouvaient être rachetées d'après le tarif suivant : la journée du manœuvre 1 franc, de bête de somme (cheval ou mulet) 2 francs, de l'âne 1 franc, la journée du tombereau, attelé dune paire de bœufs ou de vaches de labour 6 francs, attelé d'un cheval ou d’un mulet 3 francs, de deux, 6 francs, de trois, 8 francs.

En 1800, Brémontier, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées rendait compte de « l'abandon total des routes depuis quelques années surtout et le défaut d'entretien. À Blanquefort, terrain naturel praticable à l'exception d'un mauvais pas sur lequel il est indispensable d'établir une chaussée… La levée de Blanquefort exige quelques rechargements ».

Mais cette route ne sera vraiment convenable vers Parempuyre qu'en 1853. La première voiture publique consistait en Médoc avant la Révolution en une chaise à quatre places circulant entre Bordeaux et Lesparre et passant par Blanquefort, Castelnau et Saint-Laurent. Encore ne fonctionnait-elle qu'une fois par semaine, mettant quatre jours pour effectuer le trajet aller et retour. Elle fit place, sous le Premier Empire, à une voiture de quinze places faisant l'aller et le retour en un jour. La station-relais se situait dans l'actuelle rue Tastet-Girard. Au début du XIXe siècle, la route du Médoc ne passait pas au même endroit qu'aujourd’hui, mais par la voie appelée actuellement boulevard Alcide Lançon.

L'administration supérieure décida de faire effectuer la rectification que nous connaissons. Le Conseil municipal de Blanquefort consulté pour avis, n'approuva pas ce projet, mais il dut se soumettre et les travaux eurent lieu en 1856 provoquant un déplacement du mur de la propriété Cholet afin de ne pas toucher au lavoir Destournet (d'où le nom).

En 1859, le maire de Blanquefort proposa l'établissement d'un chemin communal allant de la barrière Tivoli de Bordeaux à Ludon, traversant la Jalle de Blanquefort au pont de Magnol et arrivant au chemin vicinal de Terrelade, après avoir coupé le village d'Andrian et le communal de la Landille. Cette route, nous la connaissons aujourd’hui. Sa création permit, dès 1864, aux voitures publiques de porter les voyageurs de Blanquefort (place de l'Église ou la remise existe toujours) à Bordeaux (place de la Comédie) en passant par Bruges et Le Bouscat (tarif 75 centimes).

« Aspect de ces archaïques attelages : grandes voitures de bois peint généralement de couleur brune ou verte, tirées par deux chevaux en terrain plat et par trois dans les montées. Le troisième cheval attendait l'omnibus au bas de la cote et l'employé chargé de lui l'attelait avec ses camarades ».

Guy Dabadie, La gazette de Blanquefort, 1973.

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