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Le territoire maritime de Parempuyre.

Depuis l'estuaire de la Gironde, les flottes de la marine marchande, de plaisance et de guerre utilisent le chenal de navigation reliant l'Océan Atlantique à Bordeaux. Au 18ème siècle, sous le règne de Louis XVI, s'établirent les premières relations commerciales entre Bordeaux et les Etats-Unis d'Amérique (1775-1789), période où le commerce de Bordeaux atteignit sa plus grande prospérité. Dès novembre 1775, les négociants bordelais protestèrent contre la concurrence étrangère et l'inexécution des lois prohibitives ; en effet le 18 novembre 1775, Jean Dutasta, négociant bordelais, fut élu par une assemblée de notables pour assister à des conférences où il serait débattu des intérêts du commerce et de la traite des noirs.

En 1778, Bordeaux n'était pas seulement le premier des ports de France par la valeur de son commerce maritime, mais il s'était avéré être le plus grand commerçant avec le Nouveau Monde. Plus de cent cinquante maisons de négociants s'occupaient de commercer avec l'étranger et dix mille personnes gagnaient leur subsistance grâce à l'armement et au désarmement des navires. Des vaisseaux de commerce allaient et venaient entre Bordeaux et les îles : Saint-Domingue, La Martinique, Sainte-Lucie et Sainte-Croix. Entre les mains des négociants bordelais passaient les cafés, cacaos, indigos, sucres et tabacs d'Amérique. Sur le total du commerce de la France avec les îles, qui atteignait en 1778 près de deux cent millions de livres tournois, cent trente millions transitaient par le seul port de Bordeaux. Ce dernier chiffre représentant plus de 65 % du commerce bordelais pour l'année 1778, on peut donc en conclure que les négociants bordelais tournaient l'essentiel de leur activité vers le Nouveau Monde et s'enrichissaient. Pour atteindre Bordeaux, cette voie de communication traverse le territoire maritime de la commune de Parempuyre.

Au lieu dit « Lagrange », il existe une digue dont les travaux ont été exécutés au 19ème siècle dans le cadre de l'aménagement de la Garonne maritime : aménagement de la passe de Saint-Louis de Montferrand (1854-1859). Les travaux réalisés au cours des deux dernières années ont facilité la navigation. Le raccordement des îles à la berge, le dragage des seuils, l'établissement de digues ont permis l'aménagement d'un chenal de navigation balisé accessible aux navires de fort tonnage. C'est ainsi que les bateaux d'un tirant d'eau allant jusqu'à 8,50 m peuvent gagner le port de Bordeaux en une seule journée. Au cours du 19ème siècle, ce chenal de navigation maritime est devenu une importante voie de communication qui a permis à de nombreux types de navires et d'embarcations de naviguer en toute sécurité.

Le commerce fluvial a connu jusqu'à la deuxième guerre mondiale un trafic important à Parempuyre. À cette époque, de mémoire des anciens, le bois, poteaux de mine et autres, des communes environnantes, notamment du Pian-Médoc étaient acheminé par charrettes sur notre commune au lieu dit Le Port, actuel carrefour formé par la rue des palus et la rue Camille Montoya. Ces marchandises étaient chargées sur de frêles embarcations qui descendaient la jalle d'Olives jusqu'au port de Lagrange et poursuivaient leur voyage sur des gabares jusqu'au port de la Lune. Ce transport de bois aurait créé une activité sociale et professionnelle importante sur notre commune, permettant à de nombreuses familles d'assurer leur subsistance. En 1914, le chenal de navigation présentait des fonds de - 4.30 mètres entre la fosse du Marquis et la fosse de Lagrange sur la rive gauche du fleuve.

lagrange-charmille et cale du bureau de tabac-parempuyre

À la fin de la deuxième guerre mondiale, le port de Lagrange fut un lieu stratégique important. En effet, l'armée allemande y fit saborder de nombreux navires (250 entre Bordeaux et le Verdon) afin de rendre inaccessible le port de Bordeaux. Le dégagement du chenal représentait un problème très difficile à résoudre. L'envasement des épaves était considérable (sur les dix huit navires sabordés à Lagrange, neuf gisent en plein chenal). Les travaux de renflouement demandaient l'ouverture d'un vaste chantier. Pendant deux ans, les entreprises et le port de Bordeaux travaillèrent sans discontinuer pour dégager la passe. À Lagrange, l'effectif total a dépassé 400 ouvriers et sur l'ensemble des chantiers à Bordeaux, en Garonne ou en Gironde 50 scaphandriers furent recrutés. Le 19 juillet 1945, le premier Liberty-ship, le « Charles Brantley Aycock » accosta à Bordeaux. Le port ne devait retrouver une activité à peu près normale qu'en mai 1946. Lorsque les travaux s'achevèrent, les scaphandriers durent retrouver un emploi. La plupart ne purent continuer ce dur métier. Beaucoup durent arrêter suite à des accidents qui leur interdisaient définitivement la plongée. D'autres cherchèrent des emplois plus stables ou sédentaires.

Depuis près de 50 ans, la situation des épaves du barrage a fait l'objet d'études et de sondages de vérification. Les travaux de pilonnage qui en découlent encore de nos jours (dernière campagne en 1997) permettent d'éviter tout risque à la navigation fluviale. Le port de Lagrange, à Parempuyre, reste aujourd'hui un charmant hameau, lieu de découvertes pour nostalgiques, promeneurs, peintres, photographes. De nombreux touristes viennent y apprécier la gastronomie locale fort réputée : lamproies à la bordelaise, aloses grillées, crevettes, fricassée d'anguilles et autres spécialités girondines.

Texte extrait : Les feuillets n°2 de la mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.41-45.

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