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La source de la Garonne.

« Garonne, fleuve de France qui naît dans la Maladetta (Pyrénées espagnoles) et qui, après avoir arrosé les départements formés par la Gascogne et la Guyenne finit dans l'Atlantique par un estuaire appelé Gironde ».

C'est du moins la définition qu'en donne l'édition de 1949 du Nouveau Larousse Universel. Cependant, sous cette définition un peu rigide et scolastique se cache bien autre chose, quelque chose de plus secret et de bien plus mystérieux. Pour les Espagnols de la vallée d'Aran, la source indéniable de la Garonne jaillit au « Pla de Berret » sous le col de la Bonaigua. C'est d'ailleurs la seule source officielle avant les découvertes de Norbert Casteret. Il faut cependant remarquer que les espagnols du Val d'Aran parlent des « garonas » mais dans le langage ancien de cette région, garonas signifie cours d'eau en général, tous les cours d'eau, comme nous nous employons le mot ruisseau. De là à pressentir d'autres sources pour la Garonne, il n'y avait qu'un pas. Norbert Casteret célèbre spéléologue des années trente avait déjà exploré toute cette région et en connaissait tous les trous d'eau, toutes les minuscules rivières possibles et imaginables. D'autres expériences françaises avaient été tentées avant la sienne : celle de Martel et celle de Belloc avaient essayé de démontrer que la Garonne prenait sa source dans le massif de la Maladetta, dont les pics atteignent plus de trois mille mètres d'altitude, l'Aneto culminant à 3 404 m. Elles n'avaient pas abouti.

Cependant, Casteret reste convaincu de l'origine Maladetta du fleuve. Aussi, pour apporter une confirmation à sa théorie, il verse dans la cascade en amont du « Trou du Toro » les soixante kilos de fluorescéine qu'il a fait transporter au pied du Pic d'Aneto. Pour lui, c'est bien dans cette région qu'est la mystérieuse source. Suivant cette théorie, la fluorescéine va cheminer pendant 10 ou 12 heures avant de surgir de l'autre côté de la montagne, quatre kilomètres plus loin, dans l'énorme résurgence du « Goueil du Joueou » (l'œil de Jupiter) dans la vallée de l'Artiga Lin. Casteret attend donc le lendemain pour vérifier et il dira : « Soudain, à travers les frondaisons, nous apercevons une portion de l'énorme résurgence et nous ressentons comme un choc, le Goueil coule vert ». La source est donc bien celle qui disparaît au Trou du Toro. La démonstration en était faite et la source officielle de la Garonne n'était plus celle du Pla de Berret, ce que tous les écoliers de France avaient appris jusqu'à l'expérience de Norbert Casteret en 1931. On aurait pu en rester là ! Pourtant aujourd'hui, les scientifiques admettent qu'il existe une troisième source à la Garonne : la Garona de Ruda qui naît dans le cirque de Saboreto dans la région lacustre des Encantats. Cette Garona de Ruda, garone étant employé ici en tant que nom commun, cumule tous les critères nécessaires pour faire une bonne source principale : débit, longueur du bassin, altitude, alors que la source de Pla de Berret est une source modeste. Les scientifiques s'accordent cependant sur le fait que la source de prestige reste bien celle de la Maladetta.

La Garona de Ruda rejoint les deux autres bassins dans la petite ville de Vielha à l'entrée du val d'Aran pour donner un fleuve unique : la Garonne qui suit son cours pour venir arroser Bordeaux. Alors qu'au Pla de Berret, la source est modeste, il lui arrive de manquer d'eau à l'entrée de l'automne, ce qui fait dire aux habitants du Val d'Aran qu'ils pourraient assoiffer Toulouse et Bordeaux rien qu'en buvant une gorgée à la source ; celle des Encantats est beaucoup plus majestueuse. Serpentant à travers les lacs de cette région, elle transporte avec elle une certaine nonchalance, une certaine douceur même. Par contre, la source du Trou du Toro représente la force. C'est un torrent bondissant, grondant, menaçant souvent, qui sort de la résurgence. Aussi n'est-il pas curieux que la Garonne soit tout cela à la fois, un torrent tantôt calme et doux, tantôt bondissant et dévastateur. Le régime nival dont elle est issue en est la cause.

Fleuve espagnol par la naissance, la Garonne a choisi de développer son cours presque entièrement en France apportant aux régions qu'elle traverse un peu des gênes acquis dans son pays d'origine : douceur de vivre et chaleur, mais aussi folie de ses crues.

Texte extrait : Les feuillets n°2 de la mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.31-33.

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