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Comment s’est urbanisée la commune ?

Le développement du bourg.

Aux origines du village, l'église formait le cœur du bourg desservi par 4 chemins (rue Tastet-Girard au nord, rue de la République à l'est, rue du Général Leclerc au sud et rue Gambetta à l'ouest). Le bâti regroupé autour de l'église se dispersait ensuite vers l'est, vers l'actuelle rue de la République et vers le lieu-dit La Landille (ou petite lande ; cf. l'actuelle rue de La Landille) qui marque les limites est du village aux portes des marais. Cette empreinte laissée par le Moyen-âge est montrée avec précision dans la cartographie du XVIIIème siècle. Le bourg était relié à la forteresse par un chemin gagnant la jalle et le moulin de Canteret. À l'ouest, un chemin majeur reliant Bordeaux à la route du Médoc contournait le bourg (boulevard Victor-Hugo et boulevard Alcide-Lançon) ; à la sortie du village au nord, il rejoignait la rue Tastet-Girard. À ce carrefour important, au lieu-dit Galochet, comme à La Landille et autour des domaines Muratel-Carpinet, les hameaux les plus proches du bourg se dessinent dès le XVIIIème siècle.

Le cadastre de 1806 présente cette configuration du tissu urbain, encore nettement visible sur celui de 1843. Le plan de 1951 (plan topographique de 1951. Arch Mun. Blanquefort) présente peu de modifications. L'axe formé par la rue Tastet-Girard s'est étendu vers le nord jusqu'au lieu-dit Galochet. L'avenue du Général-de-Gaulle, chemin départemental n°2 percé sous le Second Empire, est un nouvel axe d'urbanisation. Cette situation contraste largement avec celle d'aujourd'hui : depuis 1950, le bourg s'est considérablement étendu rejoignant le hameau d'Aubarède au nord, les grands domaines de Mongireau et de Gilamon à l'ouest. Au delà de Muratel à l'est, les constructions atteignent l'avenue du Onze-Novembre, et plus loin, la voie ferrée du Médoc, englobant les anciens hameaux d'Andrian et de La Landille. Cet axe ferroviaire sépare le bourg de la zone industrielle de la commune implantée dans les marais plus à l'est. Au sud, les coteaux, la jalle et ses abords marécageux ont gêné un développement intempestif qui gagne néanmoins les pentes ensoleillées du plateau blanquefortais en direction de Solesse, du moulin de Canteret jusqu'aux hauteurs du domaine de Dulamon.

Malgré l'étalement urbain, le centre-bourg et ses éléments constitutifs, le clocher, la place de l'église et son carrefour, restent un repère franc. L'église Saint-Martin dont le vocable atteste l'origine ancienne est en partie reconstruite après 1789 et après 1823 quand la foudre détruit son clocher. L'architecte Arnaud Corcelle donne les plans de la reconstruction remarquable pour son clocher et sa façade. Le clocher profondément original se distingue des traditionnels clochers néogothiques de la région. Cette tour octogonale de 45 mètres de haut qui évoque pour les Blanquefortais un phare, rappelle aussi les formes épurées de l'architecture révolutionnaire. Les qualités plastiques de la façade animée de fortes modénatures (colonnes jumelées, corniche et frontons saillants sur le mur nu) sont mises en valeur par la perspective latérale imposée depuis l'étroite rue de l'Église ; une mise en valeur que ne permettrait pas une vue frontale. Le déplacement du cimetière transféré en 1803 au sud de Fongravey permet le réaménagement de la place sur le flanc nord de l'église et l'accueil du marché au XIXème siècle. À cette époque, sont réunis autour de la place les principaux bâtiments publics et les commerces.

La mairie est installée jusqu'aux environs de 1880 dans un immeuble de la rue Gambetta avant de rejoindre la chartreuse de Carpinet dont les communs reconstruits accueillent parallèlement les écoles ; elle occupe depuis 1979 la demeure voisine de Muratel. L'ancien relais de poste arbore de nos jours encore sur la place son arc surbaissé. La poste est déplacée à l'angle de la rue Gambetta, elle rejoint ensuite la rue de la République qu'elle quitte en 1979 pour une construction moderne au nord du domaine de Carpinet. On observe ainsi un déplacement du centre administratif vers Carpinet et Muratel ainsi qu'une dispersion des établissements publics. Les commerces qui n'ont pas déserté la place de l'église encombrée par le stationnement ont en revanche quitté la rue Tastet-Girard. Ils se répartissent aujourd'hui à proximité de la place dans les aménagements récents de la rue de la République. Le long de l'avenue du Général-de-Gaulle, ils succèdent souvent aux ateliers des artisans du siècle dernier.

Dès le XIXème siècle, les maisons du bourg se transforment. Suivant le nouvel alignement des rues, les façades voire les maisons entières sont reconstruites. C'est au cœur du bourg, sur la place et sur les rues Gambetta, Tastet-Girard et de la République, que l'on observe les plus beaux alignements. Les élévations en pierre de la région, à un étage souligné d'un bandeau et d'une corniche sont d'une architecture simple mais soignée. Plus rares sont celles qui présentent un décor chargé telle que l'ancienne poste de la place de l'église. À l'arrière des îlots et des alignements, ressurgissent de nos jours encore les caractères d'un bâti rural qui contraste avec les maisons urbaines des rues et qui s'accompagne d'un parcellaire profond. Les destructions les plus importantes de ce tissu ancien datent de la fin des années 1990. L'aliénation et la destruction de quelques échoppes sur le flanc sud de l'église ont permis à la commune d'aménager un parking. Sur le bourg, vers Montigny, de récents aménagements ont nécessité quelques destructions en façade d'îlot. Les démolitions et les transformations du bâti relèvent aussi des propriétaires privés. Cependant elles ne sont pas importantes, ni en cœur d'îlot, ni en façade sur rue. Les alignements anciens sont généralement conservés.

L’implantation des hameaux.

À la lecture du cadastre de 1806, les hameaux sont essentiellement dispersés selon un axe nord-sud au croisement des principaux chemins. Sur le tracé de cet axe majeur reliant Bordeaux au Médoc, les hameaux de Galochet, d'Aubarède et de Caychac sont les plus importants. À l'ouest de cette route (actuels boulevards Victor Hugo et Alcide Lançon), Linas et Peybois sont les deux seuls hameaux implantés au carrefour de voies secondaires. Au sud de cette zone s'imposent les grands domaines viticoles. À l'est de cet axe en revanche, Solesse, Andrian, La Landille à proximité du bourg, et plus au nord, Maurian et La Rivière, concentrent l'habitat. Dans les marais, les fermes isolées ne constituent pas de hameaux.

L'ensemble des hameaux est caractérisé par le bâti agricole et un parcellaire resserré aux carrefours des chemins. Hormis la paroisse de Caychac qui dispose d'une école, d'une chapelle et de quelques commerces, les hameaux restent isolés jusque dans les années 1950 et dépendants du bourg de Blanquefort. Caychac est sans conteste le plus important des hameaux de Blanquefort, véritable village au nord du territoire communal, il forme le seul pôle urbain de cette zone depuis le XVIIIème siècle. La carte de Belleyme situe « Quaychac » au niveau du domaine de Campot tandis qu'elle montre une chapelle au carrefour de deux chemins à Saint-Ahon qui est en réalité le cœur du hameau. Cette erreur est rectifiée dans le cadastre de 1806 qui situe correctement le « village de Kechac » et les emplacements des domaines Campot et de Saint-Ahon même s'ils ne mentionnent pas leur nom.

Texte issu du document : Blanquefort, structure urbaine et paysagère de la commune à travers l’histoire, association Pétronille, patrimoine et découverte, 1 place Lucien Victor Meunier, Bordeaux.

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