Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

L'urbanisation moderne de la commune depuis les années 1960.

Les mutations contemporaines.

Dans les années 1950 et 1960, Blanquefort vit encore au rythme de ses activités rurales et des saisons, surtout des vendanges. Hormis les grands domaines, de nombreux petits propriétaires exploitent seulement quelques rangs de vignes pour leur consommation personnelle tandis que l'élevage occupe le sol près des marais ou sur les hautes terres les parcelles inoccupées par la vigne. La viticulture, l'agriculture et le maraîchage (au sud) y dominent, confortés par la présence de l'école d'agriculture. La vie villageoise est sereine, le tramway passe encore sur l'avenue de-Gaulle.

La zone industrielle.

La première mutation d'importance pour la période contemporaine est l'implantation de la zone industrielle dans le secteur des marais. Sur une superficie de 300 puis 450 hectares de terrains acquis par le Syndicat Intercommunal Bordeaux-Blanquefort, les terres sont progressivement surélevées et drainées pour accueillir un des parcs les plus importants de l'agglomération bordelaise à la limite du quartier nord du Lac de Bordeaux et de la commune de Parempuyre. La zone ne s'étend cependant pas jusqu'au fleuve où la culture et l'élevage demeurent. Elle est contenue entre la voie ferrée et de vastes bassins de rétention d'eau et d'exploitation de graves dont la surface augmente encore. Les premiers projets d'aménagement de cette zone remontent à 1960. Il fallait alors retenir la population ouvrière travaillant au dehors. En 1961, l'entreprise Michelin propose au conseil municipal de s'implanter sur ce site mais, en raison des nuisances que causerait l'usine, l'idée est refusée. Le projet de la première tranche de travaux suit son cours. Agréé par le préfet à la fin de l'année, on envisage de créer une Société d'Economie Mixte avec la ville de Bordeaux afin de réduire le coût des travaux pour la commune. L'année suivante, le 3 mars 1962, le Syndicat Bordeaux-Blanquefort est adopté. Enthousiasmé par le projet qui ne touche pas moins de 500 ha, le maire de Bordeaux est favorable à la réunion des intérêts des deux communes car seul Blanquefort est desservi par le chemin de fer autour de Bordeaux, contrairement à Mérignac ou Pessac. La première tranche de travaux est lancée avec succès jusqu'en 1968, date à laquelle le Syndicat est dissous et absorbé par la Communauté Urbaine juste créée. Des, entreprises pionnières implantées sur la zone dans les années 1960, Ford est certainement la plus impressionnante et la plus symbolique de la mutation de la ville. Le projet fomenté dès 1966 et communiqué par la DATAR (Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale) aboutit entre 1969 et 1970).

L'implantation de l'entreprise occupe un vaste territoire et emploie plusieurs centaines d'ouvriers qui ne résident pas nécessairement sur la commune mais lui apportent un renouveau, tout comme les autres sociétés, près de 80, qui développent aujourd'hui ce bassin d'emploi. À ce positionnement stratégique du bassin industriel blanquefortais s'ajoute un autre atout : sa proximité avec Bordeaux et son caractère villageois qui en font un lieu de villégiature recherché dès les années 1950.

Les quartiers résidentiels.

Avec les grands programmes d'habitat de l'Etat dans les années 1960 et les encouragements successifs d'accession à la propriété depuis la décennie 1970, le parc immobilier de Blanquefort connaît un développement spectaculaire. Ces opérations présentent des formes urbaines et architecturales caractéristiques des modes et des types de construction successifs. Néanmoins, la ville n'accueille pas de grands ensembles comme Bordeaux ou les communes de la rive droite de la communauté urbaine. À Blanquefort, les lotissements et les résidences de taille plus ou moins modestes s'y étendent depuis les années 1950. Le marché immobiliery demeure foncièrement privé, les opérations municipales sont rares et leurs dimensions réduites.

À juste titre, le lotissement dit de Saturne peut être considéré comme la première initiative communale d'envergure en matière de logement. Ce projet, proposé en 1951, s'implante sur deux vastes parcelles à l'ouest de la commune, dans le domaine de Gilamon. Les terrains sont acquis facilement par trois propriétaires et un échange a lieu avec un quatrième entre 1954 et 1955. Cent soixante et un lots sont d'abord mis en viabilité, couvrant une surface d'un peu plus d'un hectare. Le plan du lotissement communal, réalisé par les architectes parisiens Armand, Carme et Henry, est prêt vers 1955. Une esquisse de 1954 montre le parti adopté, qui n'a pas beaucoup varié dans la réalisation. L'avenue de l'Europe est établie sur l'ancien chemin vicinal 21, elle coupe le lotissement en deux îlots qu'une voie nouvelle périphérique réunit (rue de Gilamon et de Lestaing). Une voie centrale à la forme sinueuse découpe les îlots. Les maisons isolées, accolées par deux ou en bande sont réparties au long de ces rues nouvelles et des chemins, d'une placette et d'impasses ; l'ensemble est largement planté. Près de cinq kilomètres de voirie de toute sorte sont réalisés, l'éclairage est mis en place vers 1960 et les plantations, confiées après appel d'offre à l'entreprise Desmartis, réalisées quelques deux ans plus tard. Entre-temps, les terrains sont déjà en vente, l'opération ne semble pas connaître un grand succès à ses débuts puisque seuls cinq lots sont vendus en 1960, neuf en 1962 et six en 1963. Les terrains se vendent plus vite ensuite, d'autant que l'opération est lancée à des prix attractifs : les acquéreurs ont le choix entre neuf prix de terrains dans une gamme variant de 288 à 690 francs le mètre carré. Le cahier des charges précise les obligations des propriétaires : ils doivent particulièrement respecter les contraintes d'évacuation des eaux et d'assainissement, ainsi que le retrait des pavillons. Ceux-ci, lorsqu'ils sont isolés ou jumelés, sont en principe en rez-de-chaussée tandis que les maisons en bande ont un étage. Le lotissement Saturne est étendu en 1962 sur le terrain Darreau ; en 1965, onze maisons supplémentaires suivent, puis six l'année suivante.

De nombreux lotissements privés s'engagent après cette opération qui reste exceptionnelle. La municipalité les encourage en règle générale mais il arrive qu'elle refuse les demandes des propriétaires notamment lorsqu'ils morcèlent leur terrain en quelques lots seulement (Arch. Mun. Blanquefort, dossiers du lotissement Saturne). Des opérations plus ou moins importantes se succèdent dès les années 1960 et 1970 : Peybois (35 lots), Peyrestruc (près de 100 lots). Depuis les années 1980, on ne compte plus les opérations privées aussi bien aux alentours du bourg, dont les terrains près de la voie ferrée sont occupés de Solesse à Maurian, que dans les parties nord de la commune, en particulier à Caychac où le « Hameau de Terrefort » perpétue le nom ancien du château Dillon et relie Caychac à Blanquefort dans une ligne presque continue d'urbanisation.

L'architecture pavillonnaire se décline en trois grands types. Les maisons de béton aux formes géométriques à un étage des années 1950 et 1960 cèdent la place, dans les années 1970-80, aux pavillons de rez-de-chaussée à la mode néo-rustique avec leur appentis de bois et leurs volets lazurés. Aujourd'hui, le succès revient aux architectures régionales (tuile de Gironde, pierre agrafée, note néoclassique des entrées...) Les mêmes modes se dégagent dans l'architecture des résidences. Les premières, comme Dulamon (l’architecte Francisque Perrier est l’auteur de nombreux grands ensembles) et Curegan affichent la modernité des grands ensembles avant 1970.

Ensuite, les opérations comme celle de Muratel, à l'est de la mairie, du Clos face au cimetière, ou de Cimbats au sud de Cholet sont caractérisées par leur forte hauteur et par leurs balcons filants au-devant de baies vitrées continues. Les résidences les plus récentes, dont celle de Cholet, affirment comme les maisons individuelles un retour à une architecture plus classique. Il en est de même des logements construits à l'initiative de la municipalité lors de la rénovation du centre ville dans les années 1980. Ces bâtiments groupés autour d'une halle de bois déclinent arcades en rez-de-chaussée, colonnes, frontons et corniches dans un registre classicisant.

Le développement pavillonnaire de la commune est particulièrement intense depuis vingt ans puisque la population passe de 4 500 habitants en 1982 à 10 000 en 1992 et 13 901 habitants en 2003. Cette poussée démographique a entraîné en conséquence un besoin d'équipements publics. Le secteur éducatif s'est trouvé en tête de ces besoins puisque la population blanquefortaise avec plus de 5 500 enfants et adolescents est particulièrement jeune. Une étude des équipements montrerait les efforts entrepris dans cette perspective.

Texte issu du document : Blanquefort, structure urbaine et paysagère de la commune à travers l’histoire, association Pétronille, patrimoine et découverte, 1 place Lucien Victor Meunier, Bordeaux.

Quelques réactions d’habitants.

 

 

20 mai 1962. Blanquefort. Papa n’est pas content parce que paraît-il dans environ 3 ans Canteret, Malagène et tous les environs seront pris par l’urbanisme pour des nouvelles habitations. Il est question de faire une grande route qui passerait vers Malagène et irait rejoindre la route de Bruges en droite ligne… Ta maman.

28 mai 1962. À Blanquefort, c’est-à-dire dans la banlieue de Bordeaux, ils mettent l’eau derrière le chai tout autour de Canteret et sur la grande route, enfin tu vois maintenant que les routes étaient en bon état, il faut qu’ils les démolissent. Ton frère. André.

10 juin 1962. Blanquefort. Cher Roger. Je vais t'annoncer une nouvelle. Il est question mais pas officiellement que la commune pour faire le grand Bordeaux prenne toutes les hauteurs, les prés de Poissant, Malagêne, Canteret et la hauteur de Labéguerie, puis Solesse. Ce serait pour faire des maisons. S'ils le font, je t'assure qu'ils me feront ch… car le coin commence à être en rapport et on était bien tranquille, surtout que c'était près de la maison. Bons baisers. Jean.

(Extraits de lettres familiales)

 

 

 

joomla template