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Histoire de la voirie communale.

La voirie, les routes, les rues et les chemins (XIX-XXème s.)

Blanquefort doit la forme particulière de son tissu urbain à d'anciennes voies, routes et chemins devenus peu à peu des rues.

Les voies de communication selon Belleyme et le cadastre de 1806.

Malgré quelques imprécisions topographiques et de tracés, l'origine des principales voies de communication de Blanquefort est déjà visible sur la carte de la Guyenne de Belleyme, ingénieur et géographe du roi, levée entre 1760 et 1790. On y voit des mailles et des îlots dont la forme caractéristique se lit encore précisément sur les plans contemporains. Le bourg s'étend à l'est d'une maille de forme ovale, pointue au nord et plate au sud, formée, à l'ouest, par le boulevard Alcide-Lançon et la rue Victor-Hugo (c'est une partie de l'ancienne Levade réaménagée sous l'intendance de Tourny et qui prend le nom de chemin de Galochet sous la Révolution, Blanquefort Rues et lieux-dits, Gahble, 1996, p. 33, 69), au sud, par le boulevard Montesquieu, à l'est, par les rues du Général-Leclerc et Tastet-Girard. L'église n'est pas au centre de cette maille : elle est rejetée à l'est au croisement de cet axe avec les rues Jules-Ferry, Gambetta et de la République. D'ouest en est, dans le prolongement de la route du Taillan (avenue de l'Europe) et de la rue centrale du bourg, une patte d'oie se forme après l'église : c'est la place de la République, un carrefour important de chemins où se dresse la croix de Pierre (1550). On s'y dirige, au sud, vers Le Vigean et Bordeaux, à l'ouest, vers l'église et Le Taillan, au nord, vers Fongravey et Parempuyre, puis Macau, à l’est vers la Garonne et le chemin du Roi (chemin du bourg à la Palus). La direction principale de la patte d'oie à ce carrefour conduit à l'ouest vers les rues Dupaty et Georges-Mandel.

Dans la direction nord-sud, la route de Bordeaux n'a pas la forme que nous lui connaissons sur la carte de Belleyme, elle grimpe en ligne droite le coteau de Majolan puis est déviée depuis le domaine du Luc (Dulamon) [Pour l’histoire de cette déviation, cliquez ICI]. Cette route ne permet pas d'atteindre directement le bourg, il faut bifurquer par Cholet pour atteindre l'église. Une autre voie d'accès importante est celle de la forteresse, elle descend presqu'en ligne droite le coteau et franchit la jalle pour rejoindre Bruges. Au nord, en direction de Pauillac et de Macau, deux routes sont indiqués par Belleyme sur le tracé actuel des rues de Fongravey et d'une partie de l'avenue du Général-de-Gaulle. Cette carte permet également de repérer quelques grandes mailles d'urbanisation future au centre du bourg : ainsi à Galochet, Montigny ou encore en descendant vers le village de Solesse.

Le document le plus précis pour étudier la voirie blanquefortaise est le cadastre de 1806. Il montre une multitude de rues, chemins, impasses et routes dont l'origine est certainement plus ancienne mais que ni la carte de Belleyme ni celle de Masse ne permettent précisément d'identifier. On y découvre que la maille centrale du bourg est desservie à l'intérieur par des chemins de petite largeur dont certains ont disparu après les aménagements de voirie du XIXème siècle mais qui sont alors d'une grande importance pour les communications. Tandis que l'avenue du Général-de-Gaulle n'existe pas encore dans la partie centrale du bourg entre Majolan et Galochet, un chemin remplace ce franchissement direct. Il prend naissance à Galochet et croise la route du Taillan à Blanquefort, puis il bifurque pour rejoindre le chemin de Lagorce et la route de Bordeaux. Deux parties de ce chemin subsistent : c'est la rue de Soutey et l'avenue du Huit-Mai.

Un réseau de chemins flanque aussi l'église côté sud, passant en fond de parcelles derrière les jardins des maisons de la rue principale du bourg. C'est l'emplacement actuel de la rue Tartas, l'ancien chemin Destournets. Dans leur ensemble, ces chemins évitent de contourner Cholet pour joindre l'église et desservent mieux la maille principale du bourg et sa grand-rue. Le cadastre de 1806 montre également une multitude d'îlots et de chemins vicinaux extérieurs au bourg qui n'apparaissent pas dans la carte de Belleyme. À l'ouest, les principales voies de communication sont en place autour des domaines de Grate-Cap, dans l'actuel lotissement Saturne, à Gilamon et Mongireau, Peyrestruc. Au nord s’amorce la rue de Galochet, celle de la Gabarreyre et la rue de Coulom. À l'est, les chemins s'arrêtent en revanche en cul-de-sac sur des parcelles de landes qui séparent le bourg des marais auprès du domaine de Fongravey. On ne peut accéder au fleuve que par le chemin du bourg à la Palus, en passant par Andrian et Birehen et par celui du bourg au Dehes, en passant par Virebouc et Chante-Coucou. Les hameaux et les domaines situés le plus au sud du bourg, près de la jalle, comme Corne, Curegan, Solesse ou Matapan, sont dépendants de ce dernier chemin. Au sud, la rue de la forteresse qui passe par le moulin de Canteret apparaît dans son tracé actuel en 1806, elle se prolonge à l'ouest à la limite du parc de Majolan et rejoint le moulin du même nom.

Les transformations au cadastre de 1843 et les percées de la 2ème moitié du XIXème siècle.

Les voies de communication telles qu'elles apparaissent sur le premier cadastre de la commune peuvent servir de repère pour observer les modifications postérieures. Grâce au cadastre de 1843, une autre étape de transformations se dessine. Les principales améliorations de voirie entre 1806 et les années 1840 ont lieu à l'est du bourg et au nord-est, là où de nombreuses parcelles de landes et de bois empêchaient auparavant les communications. Il se forme alors une partie de l'actuelle avenue du Onze-Novembre mais elle n'est pas exactement rectiligne et ne se situe pas tout à fait au même endroit. De Fongravey au chemin du bourg à la Palus, elle se dirige à travers La Landille d'un côté et sous le nom de chemin de Carpinet à Trembley de l'autre. Une partie nouvelle de chemin la joint à La Gravette. Sur le chemin de la Palus apparaît un autre croisement en forme de fourche, près d'Andrian. Cette amorce de l'avenue du Onze-Novembre est prolongée par un autre chemin, entre le chemin de la Palus et celui de Desse (Dehez) (rues Dupaty et Mandel). Il est quasiment à l'emplacement de l'actuelle rue de Marpuch. Cette dernière n'a cependant pas grand chose à voir avec le chemin car c'est une rue de lotissement récemment aménagée.

Sur le cadastre de 1843 de petites communications sont également établies aux endroits où les chemins se resserrent, comme avec la rue de Fongravey, entre l'avenue De-Gaulle et la rue de la Forteresse (chemin du Pont-des-Michels) ou encore un chemin très court qui relie Frichon à Lagnet, plus au sud. Un projet déviation de la route de Bordeaux figure sur le plan en surcharge, il suit quasiment la courbe que la route dessine aujourd'hui après le parc de Majolan.

De nombreux tracés de chemins de la première moitié du siècle ont disparu en raison des grands travaux d'aménagement entrepris dans la seconde moitié du XIXème siècle jusqu'à la Première Guerre. Une quatrième étape de la formation des rues de Blanquefort se dégage à la lecture du plan général d'alignement du bourg élaboré à partir de 1865 et validé en 1869 (ces plans étaient obligatoires dans les communes de plus de 2 000 habitants en vertu d'une loi du 16 septembre 1807.)

Le projet de percement de l'avenue du Général-de-Gaulle apparaît dans les années 1850 (Arch. Mun. Blanquefort, dossiers de voirie, c'est un projet de déviation de la Route Départementale 18 depuis le bas de la côte de Blanquefort à la sortie du village de Galochet qui est encore en discussion en 1853. Cette avenue est en 1951 le Chemin Départemental 2 et aujourd'hui la Départementale 2.) Il est bien visible sur un plan d'alignement de 1854. Cette rue pourfend la maille centrale du bourg dans toute sa longueur. Elle est l'occasion de créer des lotissements grâce à l'aménagement de rues secondaires à la fin du siècle. La rue Avril semble la première créée, elle relie l'ancienne rue de Soutey à la rue Thiers. Plus tard, trois nouvelles rues apparaissent sur un plan en croix ; ce sont les rues de l'Abbé-Poncabarre et, perpendiculairement, les rues Lamboley et Dumora. La partie du chemin que montrait le cadastre de 1806 entre Soutey et Chollet disparaît. Ainsi au nord-est et au sud-ouest de la forme originale du bourg se dessinent une trame assez régulière dont le tracé contraste avec les anciens chemins tortueux en partie préservés.

À l'est du village, les transformations sont aussi importantes dès le Second Empire. L'aménagement de la ligne de chemin de fer du Médoc (La Compagnie du Médoc relie Bordeaux au Verdon en 1875. Les projets datent des années 1860. Histoire de Bordeaux au XIXème siècle, sous la direction de Charles Higounet, FHSO, 1969, p. 398.) et le percement définitif de l'avenue du Onze-Novembre (Chemin Départemental 108 en 1951, c'est aujourd'hui la Départementale 210), dans son tracé actuel, coupent définitivement le territoire communal d'est en ouest et le séparent du marais. Les traverses sont remaniées, la principale se situe au nord avec la rue Jean-Duvert (l'ancien chemin de Breillan et dans son prolongement celui du Pont-des Michels). Au sud, les deux vieux chemins menant au fleuve permettent seuls de franchir et l'avenue et la voie ferrée. En conséquence, les chemins vers Dinassac, Trembley et Soustra que montrait le cadastre de 1843 disparaissent.

Cependant le XIXème siècle entretient et répare aussi beaucoup le réseau des rues et des chemins existants. Ils sont classés en chemin de Grande Communication, chemin d'Intérêt Commun, chemin Vicinal Ordinaire et chemin rural. L'entretien des chemins ruraux n'est pas une mince affaire. Entre le curage des fossés, la coupe des herbes et l'élagage des arbres, les cantonniers ont beaucoup à faire vu le réseau très étendu de la commune. En 1884, un arrêté municipal est pris pour dégager les chemins des branches des arbres qui les encombrent et entretiennent une humidité nuisible au bon état des chaussées. Mais les principaux travaux entrepris sont à cette époque des redressements, des prolongements, des élargissements, des assainissements et des franchissements qui entraînent de nombreuses aliénations de terrains particuliers. On rectifie beaucoup les tracés des anciens chemins et même des rues : ainsi au CGC 68 (de Bordeaux à Labarde, le chemin du Roi) entre 1854 et 1882 ; au CIC 122 de Saint-Médard à la Garonne, entre 1878 et 1880, au CIC 29, de Bordeaux à Macau, en 1882, au CVO 3, de la Lande au marais ou au CVO 5 de Vivey à Pinsenne vers 1888, ou encore dans les chemins ruraux, celui d'Andrian à Virebouc en 1882, celui des Padouens la même année. Parfois, la commune échange une partie de propriété privée contre un morceau de chemin, ainsi en 1867 pour l'avenue de l'Europe. Les nombreux chemins posent également des problèmes d'entretien et il n'est pas rare de voir les riverains pétitionner lorsque le conseil municipal ne prend pas au sérieux ces questions : par exemple le chemin de la Lande à Linas mis en viabilité en 1872 est encore en mauvais état en 1884, ce qui ne manque pas de justifier les réclamations des propriétaires (Arch. Mun. Blanquefort, dossiers de voirie.)

La structure urbaine en 1951 et les transformations autour de 1990.

En 1951, Blanquefort présente l'aboutissement des travaux de voirie du XIXème siècle sur un très beau plan topographique levé par le géomètre Charles Gay et vérifié par le Cadastre (ce plan à l'échelle de 1/5 000° est conservé aux Archives municipales de Blanquefort). La plupart des anciens chemins n'ont pas encore de noms mais ils sont tous à peu près droits ou rectifiés : peu de travaux nouveaux de voirie sont réalisés depuis la fin du siècle passé.

La période la plus récente est marquée par une foule d'aménagements bien caractéristiques. Depuis les Trente Glorieuses, les équipements nouveaux et les immeubles d'habitation sont caractérisés par leur architecture géométrique. Ils s'isolent au milieu des îlots et rompent avec l'alignement ou le retrait traditionnel sur la rue. Les espaces publics qui les accompagnent n'ont donc pas vraiment de forme et il est difficile de les lire sur un plan. Ainsi à Garenotte et près du centre commercial, à Laubarède, à Muratel, Curegan, Solesse, Grincel, Plantille ou encore, à l'entrée du bourg, à Dulamon et Cimbat. Toutes ces opérations d'habitation et d'équipement sont isolées au milieu de vastes parkings d'où il est parfois difficile de trouver l'entrée des bâtiments.

Les voies de desserte des lotissements sont également caractéristiques de l'urbanisme moderne. Très nombreuses, elles s'enroulent sur elles-mêmes et viennent combler les derniers terrains urbanisables, dans les mailles et les îlots définis par les chemins d'autrefois. À proximité du bourg, les cas les plus remarquables sont ceux des lotissements qui descendent vers Canteret, Solesse, Le Tiscot et, en remontant au nord, ceux d'Andrian, Marpuch, La Landille. Au nord et à l'ouest du bourg, de vastes opérations s'observent aux Sables, à Gilamon, Peyrestruc, Saturne, Mongireau et une plus petite près de Dulamon. Les promoteurs rivalisent d'invention pour trouver des tracés qui rentabilisent au mieux les terrains. Ces voies aboutissent souvent en impasse sur de petites places que l'on appelle aussi des raquettes qui permettent de faire demi-tour, parfois elles ne desservent qu'un seul pavillon.

Enfin, les aménagements récents de voirie les plus visibles sont aussi les ronds-points qui ponctuent régulièrement chaque carrefour un peu important. Sur l'ancien chemin du Déhès il en est construit deux, un près de la rue Tastet, deux vers Solesse. L'avenue du Général-de-Gaulle en possède deux, un autre est aménagé à l'entrée de Fongravey. Ces ronds-points engendrent souvent des déviations sensibles des routes et des anciens chemins même lorsqu'ils en reprennent le tracé car ils doivent répondre aux rayons de courbures des véhicules. Chaque époque a ses façons de faire. Aux chemins tortueux de l'Ancien Régime et aux percées rectilignes du XIXème siècle succèdent les raquettes et les ronds-points. La structure du territoire communal est ainsi un composé complexe et hybride d'une succession d'aménagements ponctuels. Il en résulte qu'il n'est guère facile de se repérer dans Blanquefort, son plan n'étant pas régulier. Cependant la structure ancienne du bourg existe encore et les grands aménagements marquent le paysage urbain : la rue centrale tortueuse, l'avenue du Général-de-Gaulle, celle du Onze-Novembre sont des axes essentiels. La place de l'église, le carrefour de Carpinet, celui du calvaire sont des points de repères. En dehors de ces espaces, le tissu urbain porte toujours l'empreinte de ces chemins, ce qui lui donne un pittoresque et un mystère qu'un plan trop régulier aurait évacué.

Texte issu du document : Blanquefort, structure urbaine et paysagère de la commune à travers l’histoire, association Pétronille, patrimoine et découverte, 1 place Lucien Victor Meunier, Bordeaux.

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