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 Les dots de nos ancêtres

 La dot est le bien qu’une femme apporte en se mariant ; ce mot venu du latin s’impose au sens juridique à partir du XVIème siècle. Ce sont aussi des biens donnés par un tiers dans le contrat de mariage à l’un ou l’autre des futurs époux. Aux archives départementales de la Gironde, on trouve, dans les contrats de mariage dans les actes notariés des XVIIIème et XIXème siècles, de nombreuses informations sur les futurs mariés, leurs familles avec les témoins, leurs biens parfois et assez souvent l’apport de chacun des futurs époux.

Voici quelques exemples de ces échanges codifiés (durant des années, les formules sont souvent proches) et symboliques : le lit d’abord, quelques rares meubles, du linge, de la vaisselle… mais aussi pourquoi pas une vache appelée Muscadine ou un cheval et son harnais, une carriole et tous les ustensiles nécessaires pour l’exercice de la profession de laitier… La parité de la valeur des dots semble fréquemment respectée.

Le 24 mai 1725, Jean Saubesty, vigneron, de Blanquefort, et Françoise Bernada de Blanquefort. La future apporte : 4 linceuls, 2 barriques de vin… Le futur : 6 boisseaux, 4 touailles (toiles)…

En 1766, Jean Jean, vigneron de Breillan à Blanquefort et Marie Serres, de Linas à Blanquefort. La future apporte : 100 livres et un trousseau. Le futur : 1 châlit en noyer, 1 coffre de plusieurs espèces de bois avec 2 boules de noyer, 1 grand trépied de fer, des chenets…

Le 5 avril 1770, Arnaud Guillevaud, vigneron, de Maurian à Blanquefort, et Pétronille Cadefer, de Blanquefort. Biens de la future : valeur 350 livres, pareille somme pour le futur. La future se constitue : 1 couette et 1 coussin plaine (sic) de plumes, des rideaux de jadis bleu, 1 paire de linceuls de toile bourre, le tout neuf, 1 paire de linceuls de brin à demi-usés, 1 nappe et 4 serviettes, 1 cabinet à 1 porte peint, 1 chaudière demi-neuve, (des mots illisibles…), 300 livres que M. et Mme Hosteins lui doivent pour reste de tout gage et salaire, depuis qu’elle est servante chez eux jusqu’à présent. Le futur : 120 livres. Dame Hosteins, à savoir la moitié de la récolte de son vin de la présente année et l’autre moitié de la récolte de l’année prochaine sans intérêt.  En plus, Mme Grillon, sa mère constitue 8 linceuls presque neufs, 2 touailles, 1 poêle à frire, 1 poêlon, 1 chaudière demi-neuve, 1 table de différents bois à 4 pieds…  

Le 2 décembre 1770, Charles Filatreau de Blanquefort, et Marie Monlun, de Maurian à Blanquefort. L’époux constitue lit, linge, chaudron… L’épouse : la dite Metey (la mère) 1 vaisselier en bois de sapin, etc. Le 6 janvier 1798, le citoyen Pierre Verdier, vigneron, de Laignet à Blanquefort, et citoyenne Marie Nougueyrere à l’écluse à Blanquefort. Verdier (sa mère Anne Bacquey) : 1 coffre bois de noyer, 4 linceuls toile commune, 4 touailles, 1 lit composé… et garniture de Bergame, lit bois de sapin et noyer, à demi-usé et 6 cuillères d’étain. 100 F. Nougueyrere : 1 lit complet… et garniture de radis vert, bois de fayant, foncé haut et bas, le tout à moitié usé, plus 1 armoire à 2 battants bois de sapin, fermant à clé, 2 nappes et aussi toile commune, 6  assiettes fayance (sic) grise, 6 cuillères d’étain, évalué 100 F.

Le 27 novembre 1798, Guillaume Lacaussade, vigneron du Taillan, et la citoyenne Catherine Cornet, de Talence, prés de Bordeaux. Pas de promesse des parents.  

Le 27 janvier 1799 (8 pluviose an 7), le citoyen Bernard Dubourdieu, vigneron de Caichac, à Blanquefort, natif de Saint-Médard-d’Eyrans, et la citoyenne Marguerite Guillebaut, de Maurian, à Blanquefort. Arnaud Guillebaut, (le père de l’épouse) en attendant la succession future, constitue : un lit formé d’une paillasse, 1 couette, 1 traversin, 1 couverture de laine blanche, bois du dit bois de noyer, et 4 quenouilles, le tout à moitié usé, évalué la somme de 30 F, sera livré à la dite future épouse à sa demande. Déclare le futur époux ne posséder en ce moment aucune  espèce de biens, ni de revenus.

Le 31 mars 1799 (11 germinal an 7), François Filatreau, vigneron de Galochet à Blanquefort, et citoyenne Magdeleine Renouil, lieu dit l’Allemagne au Taillan. Renouil : 1 lit composé, 1 garniture de camelot bleu, bois de noyer foncé haut et bas, 4 linceuls neufs, 4 touailles neuves aussi, 1 vaisselier avec 1 armoire au dessous lui servant de support, bois de nerva, 1 poêle à frire, 1 poêlon en cuivre jaune et 1 table bois de noyer, le tout estimé 100 F. Monlun (mère de Filatreau) : 4 linceuls neufs, 4 touailles, 4 essuye-mains, 4 serviettes demi-neuves… 30 F.

Le 29 décembre 1804 (8 nivose an 13), Henri Bereau, vigneron de Breillan à Blanquefort, et Catherine Caudéran, de Peyboas (sic) à Blanquefort. La famille de la future : 6 linceuls, 4 touailles, 4 essuye-mains, 1 poêlon cuivre jaune, 1 lit avec paillasse, etc., rideaux, garniture de radis vert, bois de noyer foncé haut et bas, le dit neuf à l’exception de son bois qui est à demi-usé… Estimé 100 F.  

Le 14 février 1813, Jean Fradet, vigneron, natif du Taillan et habitant Blanquefort, et Marie Teycheney, native de Talence, habitant depuis plus de 10 ans Blanquefort. La future : 1 lit composé d’1 paillasse, d’1 couverture de laine blanche, traversin, 2 rideaux, 2 garnitures de cotonile bleue et blanche, le lit en bois d’acacia, 6 linceuls, 6 touailles, 6 essuie-mains, 6 serviettes, 4 chaises communes, le tout neuf. Estimé 100 F Le futur : meubles, linge…

Le 4 janvier 1829, sieur Pierre Cornet, vigneron, de Maurian à Blanquefort et Catherine Filatreau, Blanquefort. Future : le père et la mère ont constitué un lit complet, couverture de laine, courtepointe, rideaux et garniture de cotonile bleu, le tout demi-neuf, 2 paires de linceuls, 4 petites nappes, 4 essuie-mains, le linge demi-neuf. Emolument : 120 F Epoux : le père et la mère ont donné la même quantité et qualité de linge que celui promis à la future épouse.    

Le 24 mars 1833, Jean Verdier, vigneron, de Maurian à Blanquefort, et Pétronille Béreau, de Cachac à Blanquefort. Les parents de la future : 1 lit à galoune en bois de cerisier complet…, du linge neuf, 6 fourchettes, 6 cuillères, 1 table de bois de pin neuve, 1 poêlon, 1 poêle de fer, 1 grill et 30 F estimé 40 F. Le futur : 2 paires de linceul demi-usés, estimé 20 F.  

Le 8 janvier 1834, sieur Jean Durgeon, vigneron, au lieu dit l'Allemagne au Taillan, et Jeanne Servant, au lieu de la Coste à Blanquefort. Future : 1 lit à colonnes bois de noyer complet, couverture de laine blanche, rideaux et garniture de cotonile bleu, le tout neuf, 1 table bois de sapin dans le même état que le lit, 6 linceuls, 6 petites nappes, 6 essuie-mains, linge neuf, 1   vache appelée Muscadine de l’âge de 21 mois. Evalué 60 F. Epoux : 1 cabinet à 2 portes, bois de cerisier, neuf, 6 linceuls dont 3 neufs et 3 demi-usés, 6 petites nappes, 6 essuie-mains quasi-neufs, 3 courrèges de vigne au Taillan. 40 F.

Le 31 mai 1836, sieur Jean Fradet, vigneron de Caychac à Blanquefort, et Marie Dubourdieu, de Maurian à Blanquefort. Mère de la future : 1 lit à colonnes, bois de noyer, complet à l’exception du matelas, couverture de laine blanche, rideaux garniture de cotonile bleue, le tout à demi-neuf, 2 paires de linceuls, 2 petites nappes et 2 essuie-mains, le linge demi-usé, et de plus un  cabinet à 2 portes bois de sapin ; évalué 120 F. Père et mère du futur : 3 paires de linceuls, 6 petites nappes, 6 essuie-mains, le tout neuf.

Le 13 août 1851, le sieur Joseph Bret, vigneron, à Blanquefort et demoiselle Catherine Verdier, à Blanquefort. Les père et mère de la future leur ont constitué un lit à l’ange bois de noyer complet avec matelas, couverture de laine blanche, courtepointe et garniture d’indienne, rideaux de coton en carreaux rouges et blancs, une armoire de bois de noyer à 2 portes, 3 paires de linceuls, 4 petites nappes. Ces objets seront : le lit et l’armoire, neufs et le linge moitié neuf et moitié demi-usé. Emolument : valeur : 200 F Les père et mère du futur époux : 4 paires de linceuls demi-neufs, 6 petites nappes aussi demi-neuves et 6 essuie-mains neufs, 6 serviettes à bande en coton et 1 grande nappe demi-usée. 40 F.

Le 10 décembre 1854, le sieur François Cornet, vigneron, village de l’Aubarède, de Blanquefort, et demoiselle Jeanne Durgeon, de la Coste à Blanquefort. Epouse : 1 lit à l’ange bois de noyer complet avec matelas, couverture de laine blanche, courtepointe et garnitures d’intérieur, 4 rideaux de coton à carreaux rouges et blancs, le tout neuf, 3 paires de linceuls, 6 petites nappes, 6 essuie-mains, 1 table bois blanc, 1 chaudron ancien rouge, 1 paillon, 1 gril et 1 garniture de foyer, le tout servable, le tout évalué 140 F. Epoux : 8 linceuls, 12 essuie-mains, 8 nappes, 6 serviettes, 1 armoire bois de noyer à 2 portes, le tout neuf, estimé 60 F.      

Le 30 juillet 1859, le sieur Jean Janicot, laitier à Blanquefort, et demoiselle Jeanne Dugay, demeurant au bourg de Blanquefort. La demoiselle se constitue les objets mobiliers : 1 lit à bateau complet, 1 table de nuit, 2 armoires dont 1 forme ancienne et l’autre forme moderne, toutes les 2 de bois de noyer, 1 table et 6 chaises fines bois du dit, 1 glace, 12 draps de lit dont 4 neufs et  8 denticulés, 2 nappes, 6 essuie-mains, 18 serviettes, 12 torchons, 4 petites nappes de cuisine, 6 tables en bois blanc, 1 garniture de foyer, enfin la somme de 600 F. Les meubles sont évalués 600 F. Le futur époux se constitue : 1 cheval et son harnais, 1 carriole et tous les ustensiles nécessaires pour l’exercice de sa profession, lesquels objets il évalue 600 F.  

Le 21 août 1864, le sieur Pierre Montalieu, cultivateur, à Blanquefort chez M. Lafon, et demoiselle Marie Fradet, au lieu de Bel Air à Blanquefort. Le père de la future lui constitue : 1 lit à l’ange complet à l’exception du matelas, 1 armoire bois de noyer, 6 draps de lit, 6 petites nappes, 6 serviettes et 6 essuie-mains, le tout neuf, évalué 200 F.

Le 23 septembre 1880, Jean Bret, cultivateur, village de Linas à Blanquefort, et Catherine Cornet, village de Maurian à Blanquefort. Mlle Cornet apporte en mariage (de son grand et de sa grand-mère) et se constitue en dot : 1° sa part : une moitié des ensembles et en nature de vigne situés aux Sables et à Taste Clavey à Blanquefort et encore indivis avec son frère Pierre d’une valeur de 1.500 F, 2° une somme de 1.000 F. M. Cornet donne à sa fille : 1 lit en bois de noyer complet et garniture, 1 armoire aussi en noyer, 6 chaises fines de même bois, 6 draps de lit en toile, 6 nappes aussi en toile, 6 serviettes et 6 essuie-mains de même brin, le tout estimé à la somme de 220 F De leur côté, le sieur et dame Bret donnent à leur fils par moitié entre eux et en avancement d’hoirie : 8 draps de lit en toile, 12 serviettes et la nappe aussi en toile et 6 torchons de même brin, le tout estimé 80 F et sera remis aux dits époux la veille de leur mariage.

Notes : Les linceuls sont des draps, les touailles sont des toiles, le lit à l’ange, c’est quand le ciel de lit est limité par une galerie ne couvrant pas la totalité du lit, le paillon est une corbeille de paille, le cabinet est un buffet, une garniture de camelot bleu, le camelot est une étoffe grossière de laine.

Henri Bret, décembre 2008.

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