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L'économie du marais aux XIX et XXèmes siècles.

Au XIXème siècle, la vie économique du marais prend de l’ampleur : la remise en état du marais va rendre la jalle navigable depuis son embouchure à la Garonne jusqu’au port de Terrelade, c'est-à-dire environ quatre kilomètres à l’intérieur des terres. La jalle peut recevoir des gabarres de quinze à vingt tonneaux et entre ses berges bien nettes, navigueront les couralins, filadières et gabarres. Les filadières, petites gabarres portant mâture, de huit à dix mètres de longueur et de trois mètres cinquante à cinq mètres de largeur, seront les moyens de transport les plus utilisés pour aller de Blanquefort à Bordeaux. Les marchandises apportées par charrette aux différents petits ports étaient chargées dans ces bateaux, qui profitaient du flux ou du reflux pour remonter ou redescendre la jalle. Parfois, il était nécessaire de faire appel à des attelages de bœufs pour les haler. Dans ces dernières années où le marais était inondé et la jalle envasée, seuls les couralins naviguaient ; plus petits, ils sont utiles dans les chenaux intérieurs et sur la jalle, mais rarement sur la Garonne.

En 1837, Blanquefort compte 2037 habitants dont 92 dans le marais vivant dans des métairies et au petit village qui se crée à l’embouchure de la jalle.

Les propriétaires des marais, groupés en communauté depuis 1813, créent une association en juin 1844 ; elle a pour mission de traiter la gestion de l’écoulement de l’eau, l’endiguement, la gestion des équipements…, mais aussi de veiller aux sujets de discorde engendrés par deux phénomènes : l’élevage de sangsues et le colmatage.

Sangsues : Les élevages de sangsues se sont répandus dans le marais de 1840 à 1845 et dureront jusqu’au début du XXème siècle. Elles sont utilisées pour saigner les malades et leur consommation nationale est de l’ordre de 20 millions par an. La désaffection de la saignée en thérapeutique et les progrès de la médecine rendront cet élevage inutile.

Colmatage : Le colmatage consiste à laisser entrer l’eau de la Garonne dans le terrain choisi et à l’y laisser un certain temps pour qu’elle y dépose ses alluvions ; ainsi, on exhausse et on fertilise le sol grâce à l’eau limoneuse et vaseuse du sol.

En 1872, sur les 173 hectares colmatés, 50 sont en prairies, 60 en artichauts et 60 en céréales, alors qu’en 1664, avant le colmatage, 20 hectares étaient en prairies, 10 en terres cultivées et 143 étaient des marais à joncs ou baugières.

Productions : l’osier, la vigne, le foin.

La vigne continue à être cultivée dans les palus ; la submersion des pieds de vigne dans les marais permettait de lutter contre le phylloxéra à partir de on apparition en Gironde en 1865 à Floirac.

L’osier jaune ou vime jaune, le plus cultivé, est employé avec l’écorce, ce qui lui donne plus de force ; on en fait des liens pour la confection de corbeilles, de claies ou toute autre vannerie commune. Refendu en deux ou trois brins, il est utilisé par les tonneliers pour cercler les barriques. Le vime sert aussi à lier la vigne. On forme une oseraie avec des boutures de plus de 50 cm plantées à environ 1,40 m de distance.

Le foin est une ressource importante pour nourrir tous les chevaux et bœufs de l’agglomération bordelaise.

Ces productions sont présentées plus longuement dans les pages85-87

En 1886, nous avons la répartition suivante dans le marais, en ares : pâtures 3 900 ares, près 7 400, terres 31 400 saussaies 847, vignes 39, jardins 53, oseraies 252, aulnaies 105, bois, taillis 435 et maisons 12, soit un total de 444 ha 43 a pour une superficie de marais de 512 ha.

L’Union des associations syndicales entre les associations dénommées : Société des marais de Bordeaux et de Bruges, Association du Grangeot, Communauté des marais de Blanquefort et Association des Padouens de Blanquefort a pour objet la remise en état et l’entretien des ouvrages suivants : digues, écluses et vannes destinés à la protection des périmètres syndicaux contre les inondations ainsi que les ouvrages d’assainissement et d’évacuation :

Jalles de Grangeot, de Blanquefort et jalle noire,

Jalles de La Lande et de Contre-ceinture,

Jalle Conrad,

Estey de Lauzun,

Canal de Flamand,

Fossé courant,

dans les communes de Bordeaux, Bruges, Eysines et Blanquefort.

André Guillocheau, Le Marais de Blanquefort et les terres environnantes, Publications du G.A.H.BLE, 1993, 128 p.

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