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L’église Saint-Joseph de Caychac.

L’église Saint-Joseph a été créée de toute pièce, un peu après le milieu du XIXème siècle, afin de répondre aux vœux – et grâce aux dons – des habitants du village de Caychac (on écrivait alors Cachac) qui étaient privés de lieux de culte depuis la destruction de la chapelle Saint-Ahon. Elle fut construite en 1867-1868, en style néogothique. À la suite de diverses démarches et d'une pétition signée en 1870 par de nombreux fidèles, Caychac devint une « paroisse succursale de Blanquefort » en 1872 ; auparavant, elle était desservie par le vicaire du Taillan-Médoc. Joseph Raby, alors vicaire de Blanquefort et initiateur du projet, en devint le premier curé ; il mourut le 27 octobre 1914, à l'âge de 80 ans, comme le rappelle son tombeau surmonté d'une grande croix dans le cimetière de Blanquefort. (Une rue proche de cette église s’appelle : rue de l’abbé Raby)

Lors de sa réunion du 20 février 1870, le conseil municipal aborde la question de la paroisse de Cachac ainsi : « M. le préfet demande par lettre l’avis du conseil au sujet d’une pétition qu’elle accompagne signée d’une partie des habitants du nord de la commune et comprenant les villages de Cachac, Peybois, la Rivière et Linas. Ces habitants demandent l’érection d’une paroisse sur le territoire des dits villages suivant les indications du tracé du plan qui est joint au dossier.

Les pétitionnaires se fondent sur l’éloignement où ils se trouvent de l’église paroissiale du bourg et des difficultés qu’ils en éprouvent pour se rendre aux exercices du culte, difficultés, qui pour les femmes, les vieillards et les enfants, deviennent insurmontables par les temps rigoureux. Ils exposent en outre qu’ils ont fait construire une église et qu’ils s’imposeront des sacrifices pour la construction d’un presbytère et pour pourvoir la nouvelle paroisse de tous les objets nécessaires au culte, sans rien demander à la caisse communale.

Un membre du conseil s’oppose au projet en argumentant sur le risque d’une scission de la commune comme cela s’est passé au Haillan qui s’est coupé de Saint-Médard. Le conseil délibère et donne un avis favorable à l’érection d’une paroisse à Cachac en reprenant la demande de la pétition ».

L'église Saint-Joseph est de plan basilical, sans transept (environ 21 m de long sur 10 m de large) ; les trois nefs, séparées par des piliers en bois plâtré posés sur une base en pierre, sont couvertes de voûtes en berceau brisé montées en plâtre sur lattis de bois : en raison des moyens modestes qui ont permis sa construction, l'église n'a qu'une structure en pierre, l'ensemble de l'aménagement étant réalisé en bois. Exceptionnellement, le chœur de cette église est tourné vers le nord, sans doute en raison des contraintes de terrain au moment de la construction. La porte de la façade sud est surmontée d'un tympan sculpté représentant une Fuite en Égypte, assez rudimentaire ; il est lui-même inscrit dans un gâble à pans rectilignes percé d'une baie aveugle tréflée et doté d'une croix de Jérusalem à son sommet (croix à double traverse, dite « de Lorraine » depuis son adoption, en 1477, comme signe de reconnaissance par les troupes de René II de Lorraine sur le champ de bataille de Nancy contre Charles le Téméraire ; elle était auparavant reconnue comme le symbole de l'Anjou dont la famille était issue de Baudouin de Boulogne, roi de Jérusalem en 1100 à la suite de la Première Croisade ; René de Lorraine était petit-fils de René d'Anjou ).

eglise.caychac

CPA fonds privé Césard

En 1883, et toujours grâce à la générosité des fidèles, l'église fut dotée d'un décor intérieur polychrome par les artistes peintres Louis Augier et Léon Millet (ils avaient fait le même type d'intervention en 1875-1878 à l'église Saint-Martin) ; l'architecture et le décor peint forment à Saint-Joseph la même unité qu'à Saint-Martin, ce qui en fait, là aussi, un édifice caractéristique du XIXème siècle. Dans la nef orientale se trouve un confessionnal plus ancien que l'église ; il semble du XVIIIème siècle et doit provenir d'un autre lieu de culte, probablement la chapelle Saint-Ahon.

Un siècle après sa construction, l'église Saint-Joseph a fait l'objet d'une grande campagne de restauration. Les travaux ont commencé en 1983 : toiture, zinguerie, traitement des bois, chauffage ; ils ont repris en 1988 : maçonneries extérieures, électricité, plâtres et rénovation des peintures ; l'église a symboliquement été rouverte au culte pour la « messe de minuit » du 24 décembre 1989. À l'occasion de cette remise en état, le fleuron qui surmonte le pignon triangulaire du clocher-mur a pu être restitué, suite à une intervention du G.A.H.BLE : tombé dans les années 60, il avait disparu de la mémoire collective et seule sa pierre de support avait été refaite ; grâce aux cartes postales anciennes conservées à la maison du Patrimoine, les tailleurs de pierre ont pu en réaliser la copie qui rétablit l'élan vertical de la façade.

Afin de préserver l'équilibre intérieur du décor de ce petit édifice, le grand autel du chœur n'a pas été démonté et la table de communion en fer forgé est restée en place pendant plus de dix années (elle a récemment été démontée par le nouveau curé de Blanquefort, le père Beck, curé de 1997 à 2003) ; cependant, un petit autel a été ajouté en 1989, face aux fidèles : réalisé en bois, il a été dessiné dans le style néogothique de l'église par Jean-Bernard Faivre, architecte des Monuments historiques qui a participé à la conduite des travaux de restauration.

Texte extrait de La vie religieuse à Blanquefort au XX° siècle, Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 2004, p. 49-52.

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