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La famille Bertrand

Cette famille faisait un négoce de draperie, de bonneterie, rouennerie, disait-on alors. Leur commerce avait une certaine importance. La preuve en est, la construction de la grande maison de style Louis XVI, qui se voit encore place de l'église.

Les fils partaient aux colonies vendre leur « pacotille ». L'un d'eux avait fait faire une jolie demeure en face de la mairie, tout contre le Jonqua. Entourée de murs, avec une grille et un portail de fer forgé, garnie d'arbustes et de fleurs, la maison avait bel air. Pour l'habiter, il avait ramené des îles une belle mulâtresse, et ses trois enfants, un garçon et deux filles. Puis il était reparti, et il n'est jamais revenu. Ces pauvres expatriés ont dû s'organier. Le fils à Bordeaux va travailler sur un des ces bateaux-mouches appelés dans notre ville des « hirondelles », et qui faisait constamment le va-et-vient entre le quai de la Monnaie et La Bastide. Sur l'eau, ce fils des îles va se trouver dans son élément. Il va se faire de nombreux amis, il ne reviendra pas souvent à Macau. Mais... les femmes... accueillantes, elles vont prendre des pensionnaires pour apprendre à lire, le petit Eugène, ses parents habitant l'île Cazeau, vit chez M.et Mme Brieux et leur fille.

Les Brieux sont instituteurs, leur fille est professeur de piano, et locataires chez les négresses. Vers 1845, l'instruction publique n'était donnée qu'à 30 enfants à Macau. Les parents doivent payer pour les autres. M. Brieux est mort à Macau, on retrouve sa tombe au cimetière, la croix est démolie mais le livre ouvert, en pierre, est intact et perpétue le souvenir de celui qui enseigne... des débris d'ange, quelques fleurettes éclairent ce tombeau abandonné.

Revenons à nos négresses ! La maman enveloppée de ses châles, recouverte d'une grande cape, toujours nu-pieds (souvenir de sa plage) est morte relativement jeune, après avoir beaucoup toussé. La fille aînée aux yeux aigus et brillants sous sa tignasse crépue, est morte tout d'un coup d'une congestion. Tandis que la métisse aux beaux yeux langoureux s'est éteinte à petit feu, attendant sans doute une vie meilleure, sur une plage ensoleillée.

Nous aimions nos « Négresses ».

Texte extrait de : Macau et quelques uns de ses enfants. Macaou e caouque-zun dé sous gouillats. Mme H. M. Duviller, 1985.

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