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Blanquefort libérée.

Le 27 août, la Commémoration du 60ème anniversaire de la libération de notre commune a mêlé recueillement et témoignages. Après un dépôt de gerbe au monument aux Morts, une minute de silence à la mémoire des victimes de cette sombre période et la remise de la médaille de la ville à M. Henri Ornon, quelques discours et témoignages ont conclu cette cérémonie émouvante qui a réuni un grand nombre de Blanquefortais.

Blanquefort fut occupée pendant quatre ans par l'armée allemande : le camp de Tanaïs, où séjournaient les équipages de sous-marins de la Kriegsmarine, les châteaux Dulamon, Tujean et du Dehez, où furent fusillés les deux Royal Marines de l'Opération Frankton…

Dès 1943, le Conseil National de la Résistance envisage la création de comités départementaux de la Libération qui devaient résister, à l'image du CNR. Leur statut final leur donne, en février 1944, des pouvoirs étendus : coordination de l'action clandestine immédiate, direction de l'insurrection dans la phase finale de la Libération, représentation provisoire de la population auprès des autorités issues de la Libération. Des comités locaux de Libération se constituent également dans les villes et les villages, surtout après le débarquement du 6 juin. L‘objectif était d'éviter une vacance du pouvoir, qui aurait pu conduire à une crise grave de l’État, et à aliéner l'indépendance nationale, en empêchant la mise en place d'une administration militaire américaine, l'AMGOT (Allied Military Government of the Occupated Territories), prévue par l'État-major Interallié.

M. André Déris fut nommé président du comité local de Libération de Blanquefort, au côté de M. Jean Duvert, qui fut le créateur du groupe FFI de la commune, dont il avait pris officiellement le commandement avec les fonctions de commandant militaire de la place à partir du 21 août 1944. Il fut nommé à ce poste par le colonel Saldou, commandant militaire de Bordeaux. M. Henri Ornon fit partie de ce groupe-là.

Le 27 août 1944, les troupes allemandes partirent vers le nord par la route de Caychac, se réfugiant pour partie vers la poche du Verdon, qui ne sera libérée qu’en avril 1945.

Le 28 août, Blanquefort était libre. Une délégation spéciale fut désignée par le comité local de Libération afin de remplacer la délégation de Vichy alors en fonction. Elle fut officiellement installée à la mairie de Blanquefort le 18 septembre1944, M. Jean Duvert étant désigné comme Président et ayant toutes les fonctions et attributions de maire pour administrer la commune. Le même jour, l'ancien maire et son premier adjoint furent internés au camp de Mérignac pour collaboration.

Témoignage

M. Henri Ornon raconte quelques souvenirs de cette période : « M. Duvert, qui n'était pas encore maire de Blanquefort, m'avait sollicité au mois d'août 44 pour récupérer des gens en qui on pouvait avoir confiance pour former un groupe dans la résistance. A partir du 20 août 44, on se réunissait la nuit dans la grange à foin ou le parc à vaches de M. Duvert, sous les ordres de M. André Déris, qui venait d'être nommé président du Comité Local de Libération. On discutait de l'avenir car la libération n'allait pas tarder, les Allemands allaient partir. On n'avait pas d'armes, ou très peu. On avait commencé à former un groupe de résistance là, à la barbe des allemands, qui étaient à Cholet à l'époque et à Dulamon. Quand je revenais de la réunion, j'avais la trouille qu'il y en ait un qui parle, c'était très dur. La libération, le 28 août, est arrivée. Un groupe s'est formé, avec tout un tas de monde, incontrôlable. Il y a eu des exactions qui se sont faites, certaines femmes ont eu les cheveux coupés. Le 29 août, au soir quand je suis revenu de Bordeaux, ma mère m'a dit : « Il s'en est passé à Blanquefort ». C'était l'anarchie. On a formé un corps franc, destiné à occuper tous les endroits de la commune : la mairie, la gendarmerie, l'école d'agriculture, le camp de Tanaïs, la poste et les châteaux, partout où les Allemands étaient, pour récupérer du matériel et essayer d'avoir des renseignements parce que les Allemands venaient de partir mais ils n'étaient pas loin, ils étaient à la Pointe-de-Grave. On avait un commandant, l'ancien directeur d'école, qui occupait la mairie et commençait à faire ce qu'il fallait faire pour l'administration de la commune. Pendant ce temps, les uns, les autres, sans commandement, faisaient des coups d'un côté, de l'autre, c'étaient des exactions. Tout le monde était en ébullition. »

Équinoxes et Solstices, automne 2004, n° 12, p. 24-25. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

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