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Et le train arriva à Blanquefort.

La décennie 1860 fut une décennie marquante pour la petite bourgade qu'était alors Blanquefort... A titre d'exemples, on pourrait relever le violent litige avec le Taillan concernant la limite entre les deux communes, le vote par le conseil municipal de l'instruction gratuite dans les écoles primaires (le 21 juin 1867), ou le franchissement du seuil des 2 500 habitants (novembre 1867), l'enlèvement des ordures tous les samedis, la création de la place publique à Peybois (en 1863) et de plusieurs rues nouvelles, comme celle de la gare. Il faut dire que la « station » et le chemin de fer avaient pris et allaient prendre une place grandissante dans la vie des Blanquefortais de l'époque...

Le train passera-t-il par le bourg ?

Dès 1855, les conseillers municipaux avaient été amenés à se prononcer sur l'arrivée du train à Blanquefort ; ils avaient estimé que la voie ferrée devait passer par le bourg, « insistant beaucoup sur les inconvénients qui résulteraient pour le colmatage et la salubrité publique de l'établissement de la voie ferrée dans les marais..., que ceux-ci sont très peu solides et, pour ainsi dire, flottants... » Non, le Conseil municipal n'était pas favorable à la proposition d'installation de la Compagnie des Chemins de Fer du Médoc... » Dix ans plus tard, on protesta tout aussi énergiquement contre la prétention de faire construire la gare loin du bourg, recommandant plutôt son implantation à Andrian. « II est certain que, si la gare se faisait au lieu indiqué par la Compagnie, son éloignement du bourg nécessiterait la création, à cet endroit, d'établissements nouveaux où s'arrêteraient les nombreux voyageurs que les trains de plaisir amèneront les jours de fête. » Mais le conseil dut se résigner et se contenta alors d'exiger trois passages à niveau... les travaux commencèrent en 1865, les ingénieurs s'installant à la future École d'agriculture.

L’invitation à la plage.

Une fois construit (il fallut près de deux ans : on apportait des graves par tombereaux et brouettes, et il fallait tasser à la main), le chemin de fer apporta son lot de révolution. A cette époque, le moyen de locomotion le plus usité était la charrette et surtout on allait à pied... Si M. Delisse, maire en 1859, avait fait établir un chemin communal allant de la barrière Tivoli de Bordeaux à Ludon traversant notre commune... la circulation restait bien mal aisée pour les hommes et le transport de leurs marchandises, Mais avec le train, il devenait plus facile d'acheminer les fûts de vin vers le port, le fourrage et les productions maraîchères vers les marchés du centre de Bordeaux... et puis le train était aussi un appel au voyage.

En 1868, la ligne ne comptait que 18 kilomètres, entre Bordeaux et Macau. Deux trains s'arrêtaient alors à Blanquefort à l'aller et au retour. En 1869, le tronçon jusqu'à Margaux était ouvert... puis en 1877, à la demande du conseil d'initiatives de Soulac appuyée par les maires des communes traversées par la ligne Bordeaux-Le Verdon, la Compagnie proposa des tarifs spéciaux pour les voyageurs désireux d'acquérir « des billets des Trains de Plaisir ». Ce tarif spécial, temporaire (du 15 juillet au 30 septembre 1877), permettait de faire une économie d'environ deux francs selon la classe. Ces billets aller-retour, valables trois jours, permettaient de faire le voyage jusqu'à Soulac-les-bains (lieu de villégiature, semble-t-il, privilégié des Blanquefortais) pour une somme, par personne, comprise entre 6 francs 50 et 9 francs selon la classe. Les enfants âgés de moins de 7 ans voyageaient gratuitement à condition qu'ils soient placés sur les genoux des personnes les accompagnant. Une proposition commerciale qui eut un véritable succès, puisque la compagnie baissa de près de la moitié ces tarifs l'été suivant pour des « Billets aller-retour pour les trains d'excursion aux plages de Soulac et du Verdon les dimanches et jours fériés pendant la saison d'été. »

Equinoxes et Solstices, mars 2002, n° 2, p. 20-21. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

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