Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

Une lisseuse repasseuse à Blanquefort dans les années 1930.

Parmi les commerçants regroupés près de l'église Saint-Martin en face de la poste, se côtoient un dentiste, une bouchère, une lisseuse repasseuse... Marguerite Ferry dite « Guiguite » est une figure emblématique du quartier. Fille d'un géomètre ayant construit notamment les lignes de chemin de fer d'Artouste et de Mauléon, elle naît à Blanquefort en 1899. L’histoire a voulu que Marguerite ne se marie jamais, car à la mort de son père, sa mère lui dit : « maintenant, c'est toi qui vas t'occuper de moi ». Mlle Ferry a pratiqué vaillamment le métier de lisseuse repasseuse durant de nombreuses années, rue Gambetta. Une femme formidable, très avenante aux dires de ceux qui l'ont connue... Sa boutique était attenante à celle de la bouchère, Mme Racary, située à l'angle de la rue (à l'emplacement de l'actuelle banque). Les deux femmes étaient très proches et très complices.

Une anecdote raconte que la bouchère filait voir la repasseuse dès qu'elle se fâchait avec son mari. « Guiguite » repassait le linge plat habituel (torchons, draps, nappes, serviettes... ) ainsi que le linge nécessitant un apprêt comme les cols cassés des chemises d'hommes sur lesquels il ne fallait pas oublier de mettre une épingle avant livraison, pour préserver la tenue. Elle s'occupait aussi du linge demandant un repassage en forme, comme les cornettes des sœurs du lycée Saint-Michel qu'elle amidonnait en échange d'un repas quotidien. Un travail de femme, certes, mais un travail rude, en raison des instruments lourds et dangereux à manipuler. Pour faire chauffer ses fers, « Guiguite » les installait sur un grand poêle cylindrique en fonte, appelé « cloche de repassage », qu'elle remplissait de charbon. Pour évaluer la température de ses fers, elle les rapprochait de son oreille, c'est pourquoi elle finissait toujours par avoir la joue rouge.

Chaque année au mois de mai, la fête de Blanquefort battait son plein. Cette fête était l'occasion pour certains commerçants de réunir la famille et les amis autour de grands repas conviviaux. Mme Racary, la bouchère, organisait des festins pour 50 personnes, aidée par ses amies du quartier dans la bonne humeur. « Guiguite » elle aussi, organisait des repas sur sa grande table à repasser.

Un soir, Gaston et Fernand, deux frères du quartier, se sont assis sur les marches de la boucherie et ont fait du tapage. Ne parvenant pas à s'en débarrasser, la bouchère vida son pot de chambre sur leurs têtes du haut de sa fenêtre, pour les faire déguerpir. Le stratagème fut efficace. Une autre anecdote raconte que la blanchisseuse n'a jamais voulu se faire soigner les dents, alors que le dentiste, M. Gadrat se situait à proximité de son atelier. Marguerite Ferry est décédée à La Réole le 2 octobre 1983 et inhumée à Blanquefort. Très connue et très appréciée en son temps, elle inspire encore de bons souvenirs aux gens qui l'ont côtoyée (propos recueillis auprès de Monsieur Pericat, le neveu de Marguerite Ferry)

Les outils de la repasseuse.

Le nombre d'éléments nécessaires au travail de repasseuse était important. Des fers pleins ordinaires de différentes tailles, des fers à tuyauter (pour réaliser des plis), des fers à glacer, des fers à plastronner, des fers à coque (fers de forme cylindrique permettant de repasser les manches et coiffes)... A cela s'ajoutait les indispensables porte-fers en fonte, en fer émaillé ou en aluminium, mais aussi des poignées en tissus ou en cuir avec de la tôle à l'intérieur pour tenir les fers, des bassines émaillées pour faire cuire l'amidon, sans oublier les patemouilles pour les lainages et les pattesèches pour les délicats, etc.

Equinoxes et Solstices, date ? 2004, n° 13, p. 24-25. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

joomla template