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Généralités sur le peuplement de l’Aquitaine.

Avant d'entreprendre une étude plus exclusive sur les « Blanquefort » et de traiter des origines de la période féodale, il nous semble utile de situer sur un plan plus général le problème de la région Aquitaine. Rien n'est plus fluide que cette appellation et nous restons embarrassés devant les cartes de l'Atlas historique de Joseph Calmette (édit. Presses Universitaires de France). En voici le résumé :

1°) À l'époque de la Gaule indépendante, il n'est question que des tribus celtiques :

Les Vocates, en bordure de la Garonne, en s'étendant vers le Sud.

Les Bituriges Vivisci (venant de Bourges) au nord, dans la direction du Médoc.

L'Aquitania est figurée plus au sud vers les Pyrénées et Bordeaux n'en fait pas partie.

2°) Sous l'Empire romain à la mort de Trajan (117 ap. J.-C. : L'Aquitaine représente le tiers de la France actuelle (du Centre et des rives de la Loire jusqu'aux Pyrénées).

3°) Sous Théodose (379-395), les divisions créées par Rome indiquent deux provinces :

L'Aquitaine I, centrée autour d'Avernia (l'Auvergne) ; L'Aquitaine II, de la rive droite de la Garonne jusqu'à la Loire.

4°) La carte de la Gaule chrétienne est muette.

5°) Vers 714, sous Dagobert II et Pépin l'Heristal, l'Aquitaine redevient le quart de la France (de Nantes à Oloron, de Toulouse à Bourges en passant par Alès).

6°) Vers 912, sous Charles le Simple (fin des invasions normandes) : L'Aquitaine s'étendait depuis la rive droite de la Garonne jusqu'à Nantes, Le Puy, Clermont et Bourges. Dans ce temps là, Bordeaux faisait partie de la Gascogne.

7°) Sous la féodalité (XIIIème siècle), le Duché d'Aquitaine comprend tout l'espace situé entre Poitiers et Agen (les ducs d'Aquitaine étaient en même temps comtes du Poitou). Une seule enclave dans ce vaste territoire portait le nom de Duché de Guyenne (autour de Blasimont).

8°) Sous Louis IX (1226-1270), le nom de l'Aquitaine disparaît et la Guyenne s'étend depuis Bayonne et Lourdes jusqu'à Limoges et Ussel (une enclave qui semble unique porte le nom d'Albret).

9°) Au traité de Brétigny (1360), la Guyenne occupe sensiblement les limites du département actuel de la Gironde. Il ressort de cette énumération plusieurs constatations :

a) La Guyenne n'apparaît en nom qu'à partir du début du XIIIème siècle, après les invasions normandes et au début de l'époque féodale.

b) Le terme Guyenne ne semble pas avoir jamais remplacé le mot Aquitaine comme on l'a dit à la suite d'une déformation de prononciation, car il ne faut pas oublier que dans ce temps-là la langue anglaise telle qu'elle est parlée aujourd'hui n'existait pas et que le langage employé sur les bords de la Tamise était sensiblement le même que celui employé sur ceux de la Garonne (les écrits étaient en latin).

c) Il nous semble plus que certain qu'au point de vue génétique les origines des mots Aquitaine et Guyenne sont identiques et dérivés tous deux du mot latin Aqua (l'eau) ; à la différence cependant que la racine du premier terme est tirée du latin directement tandis que la racine du second est le reflet d'une interpénétration des langues latine et germanique (nous en reparlerons plus loin à propos des origines des appellations des mots Guillaume et Akelmus). C'est la raison pour laquelle le mot Guyenne n'a jamais désigné la même portion de territoire que l'Aquitaine ainsi que nous le constatons dans les lignes qui précèdent. La Guyenne n'est donc qu'un morceau de l'Aquitaine, parfaitement bien délimité dont l'existence ne date que du début du XIIIème siècle, baptisée ainsi par les envahisseurs qui l'ont occupée.

Pour ce qui est de la racine du mot Aquitaine, les controverses sont nombreuses. L'origine indiquée par A. Nicolai dans ses « Noms de lieux de la Gironde », comme étant Ibère, en comparant les mots Asquitania et Occitania, ne nous convainc pas car elle semble annuler précisément la racine Aqua qui se retrouve dans le mot Guyenne par la suite.

Maurice Métraux, Les « Blanquefort » et les origines wikings dites normandes de la Guyenne sous la féodalité, Imprimeur Samie Bordeaux, 1963, p.7-8.

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