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Le château de Blanquefort.

Pour la construction du château, nous nous réfèrerons à Léo Drouyn (La Guyenne Militaire) qui en a laissé la plus sérieuse étude. Nous ne sommes pas d'accord avec lui sur un seul point : la date de construction qu'il situe entre 1287 et 1309 sous le règne d'Édouard 1er et que nous situons entre 1160 et 1190 aux temps d'Ayquem-Guillaume le Vieux, c'est-à-dire à une période antérieure de trois quarts de siècle environ. Nous reprendrons cette question dans la suite en confrontant les dates de l'histoire avec celles du chapitre consacré au château. Nous donnerons également, dans la mesure des documents existants, la généalogie des « Blanquefort » avec les principales dates et citations. »

Maurice Métraux, Les « Blanquefort » et les origines wikings dites normandes de la Guyenne sous la féodalité, Imprimeur Samie Bordeaux, 1963, p.6, photo p 24.

arienne

Remarques sur sa construction.

Nous n'avons pas l'intention ni la prétention d'apporter quelque chose de bien nouveau sur la construction du château de Blanquefort qui n'ait été déjà exprimé par Léo Drouyn dans sa « Guyenne Militaire ». Nous avons cependant fait ressortir par ailleurs, en nous plaçant dans le seul domaine historique, qu'en raison des textes cités il nous paraissait impossible d'accepter la date de sa construction dans la seconde moitié du XIIIème siècle entre 1287 et 1309. Nous pensons même relever une certaine contradiction dans le texte de Léo Drouyn quand il dit, d'autre part, que son édification relève du type le plus authentique des châteaux normands (ou vikings). C'est en raison de cette dernière remarque que nous estimons que l'origine de la construction nous semble plus ancienne et que nous la plaçons plus volontiers dans la deuxième moitié du XIIème siècle.

En se référant aux textes et aux dates des évènements nous relevons en effet que la période la plus faste de la maison des Blanquefort se situe à l'époque de Ayquelm-Guillaume le Vieux (v. 1155), soit dans la seconde partie du XIIème siècle (le mariage de sa fille Raymonde avec Pierre III de Bordeaux eut lieu aux environs de 1195). Nous savons, par ces mêmes textes, que la garde du château fut confiée à Pierre III en 1214 et que les transformations entreprises par Arnaud II étaient terminées avant 1247. Il faut donc aller jusqu'au XIVème siècle pour trouver mention d'améliorations plus importantes réalisées par Gaillard de Durfort de Duras (qui épousa Marquisa de Goth en 1323).

En outre, des considérations historiques qui nous paraissent incontestables, il existe une autre façon, plus technique, de situer la conception et la forme de cet important ouvrage par rapport aux constructions de la même époque, en faisant abstraction bien entendu des éléments de surcharges, décoratifs ou autres (dans le cas de Blanquefort, ces éléments se situent jusqu'à la Renaissance). Or, dans ce domaine, nous retrouvons à la base le véritable tracé du XIIème siècle sous la forme du donjon isolé au centre de son enceinte unique et entourée d'eau.

II est fort probable que son entrée a été conservée assez longtemps au premier étage tout comme au château de Robert le Diable à Falaise (voir la tapisserie de Bayeux). Nous retrouvons ainsi, et la remarque de Léo Drouyn est parfaitement justifiée, le type le plus évident de la conception viking, dite normande, du donjon de bois, dans sa forme d'un rectangle allongé édifié sur une « motte » naturelle ou artificielle entourée d'un fossé rempli d'eau. C'est dans le courant du XIème siècle que les donjons de bois disparurent pour faire place à des constructions de pierre, tout en conservant certains éléments en matériaux légers tels que les planchers ainsi que certains accessoires de la défense (mâchicoulis, chemins de ronde, etc.). Ces premiers donjons de pierre, en général très élevés, étaient étayés à l'extérieur à l'aide de contreforts sans grand relief (type : Loches). Il en reste encore des traces sur l'extérieur des remparts.

Dans le cours du XIIème siècle, parurent d'abord les quatre tours d'angle afin d'augmenter le potentiel de la défense, puis vinrent ensuite les tours tangentes intermédiaires qui furent édifiées dans le but de diminuer la longueur des courtines (le premier exemple connu est le château de Gaillard des Andélys, v. 1196).

Les constructions de pierre du début n'utilisaient qu'un petit appareil avec des remplissages (il en reste de très nombreuses traces sur place, particulièrement le long de l'enceinte). Ce n'est qu'à partir du XIIIème siècle que l'on trouve un appareil plus important ainsi que l'emploi de la voûte d'arête pour soutenir les planchers. Un des éléments les plus caractéristiques que l'on peut encore voir sur place ainsi que sur le plan de Léo Drouyn, est la curieuse façon de construire les salles situées dans la base des tours sur un plan carré alors que ces mêmes tours sont rondes à l'extérieur ; ces salles sont en outre recouvertes par une voûte en berceau (XIIème siècle). Cela devrait prouver suffisamment à notre sens, soit que la voûte d'arête ne s'employait pas au temps de leur construction, soit que la réfection de ces mêmes tours n'a jamais été entreprise en repartant des fondations, On peut ainsi comprendre l'étonnement de Léo Drouyn de ne pas trouver les fameux empattements qui auraient dû raisonnablement exister si elles avaient été édifiées au XIIIème siècle.

Dans ce même XIIIème siècle, les dépendances deviennent aussi plus nombreuses et les enceintes se multiplient en formant un certain nombre de cours s'imbriquant les unes dans les autres avec des poternes intermédiaires (cela ne semble pas avoir été jamais le cas de Blanquefort). L'entrée principale n'ayant plus sa raison d'être au premier étage disparaît à son tour. L'influence des croisades devait apporter bien d'autres modifications aux conceptions de l'art militaire et par conséquent à la manière de construire les châteaux et d'établir la défense. La création des fameux « Cracs » de Syrie ou du Liban fit abandonner jusqu'à l'implantation des ouvrages qui se situèrent par la suite, le plus souvent sur des endroits élevés (nous sommes déjà très loin du donjon et de la motte des Vikings). Le personnel armé, comme celui du service civil se multipliant, il fallait loger tout ce monde en transformant les constructions existantes de fond en combles, en construisant d'autres édifices en se basant sur une conception toute différente des structures.

Dans le cas du château de Blanquefort, nous ne retrouvons rien de tout cela, ce qui confirmerait ce que nous disions plus haut, à savoir que la situation la plus brillante de la famille des Blanquefort correspond à la période de Ayquelm Guillaume le Vieux et que lorsque le roi Jean Sans Terre confia la garde du château à Pierre III de Bordeaux, sa réputation de puissante forteresse était déjà quelque peu périmée. Les travaux exécutés par Arnaud II de Blanquefort ne nous semblent pas suffisamment conséquents pour avoir pu utiliser les éléments existants en les reprenant jusque dans leurs bases (d'où l'étonnement de Léo Drouyn de ne pas trouver d'empattements au pied des tours, qui auraient dû exister normalement dans une construction du XIIème siècle).

Nous pouvons donc maintenir, dans le cas présent, que malgré les quelques transformations successives, dont les plus importantes ne furent entreprises qu'au XIVème siècle, que la structure générale reste celle d'un château de la fin du XIIème siècle. Il reste évident qu'au temps de la naissance de l'artillerie, la forteresse de Blanquefort ne représentait plus un potentiel bien important et on ne s'explique pas très bien l'acharnement de Mazarin à le détruire. Au cours d'une visite sur place on peut encore actuellement, malgré le peu d'accessibilité, constater plusieurs choses curieuses : ainsi, vue de l'extérieur, une partie de l'enceinte se présente avec un appareil de pierre plus petit à la base qu'en élévation, ce qui peut passer pour le contraire de la logique ; on aperçoit également, en comparant les différents appareils de pierres les parties qui ont subsisté de la première construction (au droit des anciens contreforts) et celles qui furent modifiées ou ajoutées dans la suite ; seule, la chapelle comporte une couverture voûtée en ogive (XIIIème siècle) ; partout ailleurs l'absence de voûtes est assez significatif (à part les voûtes du berceau signalées plus haut). Il existait cependant au sommet de l'escalier de la tour S.-O., qui s'est effondrée il y a à peine deux ans, une coupole remarquable en forme de calotte. Il nous semble pourtant difficile d'en déterminer l'âge car ce moyen de couverture a été utilisé depuis le XIIème siècle (rapporté des croisades) jusqu'au XVIème siècle et à l'époque de la Renaissance.

Pour nous résumer et pour tenter de fixer un processus des différents stades de la construction du château de Blanquefort, nous pensons qu'on pourrait le formuler de la façon suivante :

Premier stade : édification après les invasions normandes dans la seconde moitié du Xème siècle du donjon de bois, avec son enceinte de même et ses fossés réunis à la Garonne par un canal, existant encore, qui permettait l'accès des « Drakkars ». Ce donjon fut édifié sur une motte artificielle entre deux bras de rivière à la façon normande, par le fondateur de la maison de Blanquefort : Wilhelm Furt dit Guillaume le Fort (suivant une tradition devenue classique, le donjon fut édifié sur le plan d'un rectangle allongé avec son entrée protégée au premier étage).

Deuxième stade : reconstruction du donjon en pierres soutenu probablement par des contreforts plats à l'extérieur, dans le type du XIème siècle, par Arnaud 1er (1080-1107) qui participa à la première croisade (1096-1099).

Troisième stade : Ayquelm-Wilhelm le Vieux, petit-fils d'Arnaud 1er, vers 1155, qui épousa Assahilde de Tartas et dont la fille Raymonde épousa Pierre III de Bordeaux (vers 1195) semble avoir été le plus important Seigneur de Blanquefort. Ses nombreuses possessions à Blaye, Castelnau, Bourg, l'île d'Ornon, etc., représentent le plus grand héritage de la Maison (époque de la 3ème croisade). C'est probablement pendant son existence que l'aspect du château se modifia le plus sérieusement avec l'adjonction des tours (fin du XIIème siècle).

Quatrième stade : La rénovation partielle entreprise par Arnaud II, terminée avant 1247 (XIIIème siècle) doit comprendre la tour Nord de l'enceinte et la chapelle ainsi que les différentes modifications de l'enceinte.

Cinquième stade : La 8ème croisade de Louis IX est terminée (1270). Le château, dont on se dispute la possession, ne paraît pas avoir subi d'autres modifications avant d'appartenir à Bertrand II de Goth (vers 1308). Le neveu du Pape Clément V le cèdera à sa fille Marquisa, épouse de Gaillard de Durfort de Duras et ce sont ces derniers qui exécuteront les grandes transformations que l'on voit encore, telles que l'entrée de la tour avec ses sculptures du XIVème siècle. C'est à ce stade qu'il faut placer également l'édification du grand escalier ainsi que les modifications des ouvertures dans l'enceinte pour installer les batteries de l'artillerie. Quant à l'entrée principale de l'enceinte, elle annonce déjà la Renaissance sous une forme assez maladroite.

Ainsi, aucune des transformations successives de la vieille forteresse n'a jamais modifié sérieusement les structures de base ni la forme du plan du XIIème siècle. Seul l'aspect des façades fut modifié selon les besoins et les circonstances ou selon les modes rapportées des croisades. C'est, à notre avis, la seule explication de sa configuration actuelle et de la fragilité de ses bases.

Il reste évident que parmi tous les châteaux de la région, Blanquefort reste le seul témoin de ce type de construction du XIIème siècle qui n'a que très peu évolué dans le sens des grands changements opérés par les siècles suivants. C'est aussi le seul témoin qui nous reste de la période viking dite normande. Ce seul titre devrait lui permettre de n'être pas négligé comme il l'est présentement ; titre qu'il partage avec Cubzac-les-Ponts qui ne présente pas cependant des traces aussi anciennes (le château dit des 4 Fils d'Aymond).

Maurice Métraux, Les « Blanquefort » et les origines wikings dites normandes de la Guyenne sous la féodalité, Imprimeur Samie Bordeaux, 1963, p.19-24.

 

Autre présentation issue de Wikipédia : le premier château construit au XIème siècle est un solide donjon normand, de forme rectangulaire (18 x 11 mètres). Les moellons de petites tailles rappellent l'ancienneté de la construction. Le rempart devait quant à lui être en bois. Des douves entouraient le château.

Comme souvent, le château de pierre devait succéder à un petit château en bois, avec tour et palissade, érigé peu avant l'An mil. Mais de cette motte castrale, nulle trace ne demeure aujourd'hui. Vers 1300, les rois-ducs entreprennent une campagne d'agrandissement qui transforme le modeste château seigneurial en forteresse royale anglaise. Le donjon double de superficie par le flanquement de six tours. Une enceinte en pierre remplace la palissade de bois, des tourelles la défendent. Devant le pont-levis, une petite barbacane contrôle la voie. C'est peut-être à cette époque que la rectiligne route romaine est détournée pour contourner le château plutôt que de passer trop près du donjon. L'émergence rocheuse étant de taille modeste, deux petites salles souterraines sont creusées sous la cour du château pour servir de lieux de stockage. Au total, la forteresse de Blanquefort pouvait accueillir une vingtaine ou trentaine de soldats anglais en permanence ; s'y ajoutait la famille royale ou seigneuriale à l'occasion.

Pour situer le château dans l'histoire de la commune, cliquez ICI.

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