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Généralités sur la forteresse médiévale.

« Le vieux-château. », c’est sous ce nom que les Blanquefortais désignaient ce que l’on appelle aujourd’hui la forteresse médiévale. Il est vrai que cette appellation est plus précise, mais combien d’entre nous, habitués à jouer dans cette zone qui était à l’abandon, rêvaient du vieux château de notre enfance, merveilleux terrain d’aventures et de mystère. Sur la carte de Belleyme au XVIIIème siècle, il est noté : « Château (ruines) » ; mais au cadastre napoléonien, il est noté « le château rompu ». Sur la carte de 1889, il est le « Vieux Château », et sur la carte IGN de 1958, encore le « Vieux Château (ruines) ». Il est nommé « Vieux Château de Duras, Prince Noir » sur le guide-plan de Blanquefort autour de 1970. Il devient récemment forteresse sur les cartes éditées par la municipalité de Blanquefort, sans doute à partir d’un relevé rédigé par Alain Tridant en 1981.

reconstitution

Maurice Métraux, Les « Blanquefort » et les origines wikings dites normandes de la Guyenne sous la féodalité, Imprimeur Samie Bordeaux, 1963, p.22.

« Cette forteresse est un site extraordinaire édifié sur un piton rocheux au milieu de marais près de Bordeaux. Elle commandait les anciennes routes romaines, toujours en fonction au Moyen-âge, qui menaient du Médoc à Bordeaux. La première construction d’un château de pierre eut lieu à la fin du XIème siècle, et la dernière reprise au XVIIème. Ce n’est qu’à cette époque que les marais furent asséchés et que le site perdit son intérêt stratégique.

Ce magnifique ensemble castral composé d’une enceinte et d’un double donjon a été fouillé et est entretenu par l’association le G.A.H.B.L.E.
Une légende concernant un souterrain situé à Blanquefort existait depuis longtemps. Certaines versions le faisait même se poursuivre jusqu’au château de Roquetaillade. En fait, la présence des marais tout autour du site interdisait toute possibilité d’un souterrain en dehors du piton rocheux sur lequel est construite la forteresse. C’est en 1998 que la légende devint malgré tout une réalité : un effondrement dévoila l’existence de salles troglodytiques creusées dans le roc, sous la cour. »
Pour en savoir plus, retrouvez cet article complet dans le n° 36 d'Aquitaine Historique : http://www.aquitaine-historique.com

Les fouilles menées sur le site de la forteresse de Blanquefort ou à proximité depuis la création d'un chantier archéologique en 1962 ont révélé la présence humaine dès l'âge du bronze (vers le XIIème siècle av. J.C.) Des tessons de céramiques protohistoriques ont été mis au jour sur le site même de l'actuel château, mais aussi à proximité de la Jalle de Blanquefort, la rivière qui coule à proximité et se jette quelques kilomètres plus loin dans la Garonne, en aval de Bordeaux.

La présence romaine est elle aussi assurée par les fouilles qui ont révélé de nombreuses tegulae (tuiles romaines plates) dans les fondations de la forteresse ainsi que deux monnaies d'époque romaine. Il est probable que les Gallo-Romains aient bâti à cet emplacement une modeste construction, péage ou tour de garde, afin de contrôler la voie romaine reliant Bordeaux à Noviomagus, dans le Médoc. Comme les terres alentour étaient marécageuses, les Romains ont dû surélever la route et le site castral. Ceux-ci étaient alors le seul émergeant de ces marais, grâce à la présence d'un affleurement rocheux naturel formé de mollasse (grès en formation).

Le château seigneurial du XIème siècle.

Au XIème siècle, un donjon de pierre de plan rectangulaire est construit, c'est la partie la plus ancienne du château de Blanquefort. Un seigneur nommé Akelmus Willelm Affurt, second seigneur de Blanquefort, est signalé dans une charte de 1028-1032. Le château en lui-même est noté dans le cartulaire de l'abbaye de La Sauve-Majeure en 1078-1080. Ces textes assurent l'existence du château dès le début du XIème siècle, ce qui en fait le premier château fort en pierre de Gironde. En effet, le nom même de la famille seigneuriale et du village proviennent du château. Les premiers textes évoquent « Blanqua fortis », c'est-à-dire le « fort blanc » car la blancheur des pierres au milieu des marécages a marqué les esprits des contemporains à une époque où même les églises étaient encore en bois.

Le château fort seigneurial contrôlait la route du Médoc, au nord de Bordeaux. C'était l'antique voie romaine qui demeurait un axe de circulation majeur dans la région. Les taxes de tonlieu importantes perçues par les seigneurs expliquent d'ailleurs l'édification très tôt d'un bâtiment en pierre.

arienne


Maurice Métraux, Les « Blanquefort » et les origines wikings dites normandes de la Guyenne sous la féodalité, Imprimeur Samie Bordeaux, 1963, p.18.

Au XIIIème siècle, la famille de Blanquefort était l'une des plus puissantes de Guyenne et l'immense seigneurie s'étendait de la Garonne à l'océan Atlantique et au bassin d'Arcachon. Le château est acquis par le roi d'Angleterre. La famille s'éteint vers 1250, faute de descendance. Henri III puis Édouard Ierrois d'Angleterre et ducs d'Aquitaine, font l'acquisition du château et des terres par deux achats en 1254 et 1270. La capitale régionale est entourée de châteaux ; Blanquefort devient le fleuron de ce dispositif défensif, verrouillant le nord de la cité et contrôlant l'accès fluvial. Pour faire face à ses créances, Édouard II cède la seigneurie de Blanquefort à Bertrand de Got, neveu du pape Clément V, en 1308. Par héritage, elle revient à Aymeri de Durfort, seigneur de Duras, en 1325. Le château finit la guerre de Cent Ans entre les mains de la plus puissante famille d'Aquitaine. Le Prince noir, Édouard de Woodstock, fils du roi Anglais et chargé de commander l'Aquitaine au début de la guerre de Cent Ans, y séjourna.

L'abandon du château.

Le château est rendu en 1476 à la famille de Durfort après que celle-ci eut prêté serment de fidélité à la couronne de France. La famille conserve le château jusqu'à la Révolution française, mais elle l'abandonne comme lieu de résidence au XVIIème siècle. La forteresse connaît ses derniers combats durant les guerres de religion, les Durfort ayant embrassé la foi protestante. Après la Fronde, à laquelle les seigneurs ont été mêlés, le crénelage est rasé sur ordre du Cardinal Mazarin, premier ministre du jeune Louis XIV. L'assèchement des marais à cette époque supprime la principale défense naturelle du château qui, à l'époque des citadelles de Vauban, semble obsolète. Le château est abandonné et il subit un incendie dans la deuxième moitié du XVIIème siècle.

À la Révolution, la forteresse est confisquée comme bien national avant d'être vendue à un entrepreneur qui l'exploite comme carrière de pierres. D'où son actuel état de ruines. Prosper Mérimée estime cependant en 1862 que l'édifice, par son passé et la splendeur de son architecture, mérite le classement comme Monument historique. Il faut cependant attendre 1962 pour qu'un chantier archéologique soit ouvert par Alain Frugès.

L'intérêt archéologique du site.

La forteresse de Blanquefort présente un intérêt archéologique certain. Cinq campagnes de fouilles, menées entre 1966 et 1975, ainsi que des campagnes régulières de sauvegarde et de restauration depuis 1962 ont révélé un important mobilier archéologique :

- des céramiques : d'époque protohistorique jusqu'à nos jours (une maison d'origine médiévale a été réhabilitée vers 1900 pour y héberger des métayers)

- des verres : éléments de luxe, souvent colorés, qui expriment la richesse des occupants

- des éléments de la vie militaires : boulets d'artillerie de jet par dizaines, de canon, armes diverses

- des éléments de la vie quotidienne : aiguilles en os, bagues en or, fusaïoles...

des monnaies : plusieurs dizaines de monnaies du Bas-Empire à Louis XIV en passant par Aliénor d'Aquitaine, des monnaies d'Espagne, de France, d'Angleterre, d'Allemagne

- des éléments architecturaux : en particulier une collection exceptionnelle de carreaux de pavements du XIVème siècle, l'une des plus riches de France.

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