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Colmatage :

Obturation totale ou partielle des entrées d'eau d'un élément du système drainant ou de l'intérieur de celui-ci, entraînant un dysfonctionnement du système.

Le colmatage des marais.

À l’occasion de l’étude de documents relatifs à l’élevage des sangsues dans le marais de Blanquefort, apparaît un conflit entre agriculteurs et éleveurs.

« La création de l'association syndicale des Padouens en 1844 n'est pas tout à fait fortuite. Deux phénomènes vont sinon bouleverser le marais, du moins apporter de la discorde : l'élevage de sangsues et le colmatage.

La pratique du colmatage.

Quand le dessèchement du marais a été réalisé, c'est-à-dire quand on a donné aux eaux intérieures des moyens suffisants d'écoulement, on a songé à mettre les terres plus basses à l'abri des inondations par colmatage. Le colmatage consiste à laisser entrer l'eau de la Garonne dans le terrain choisi et à l'y laisser un certain temps pour qu'elle y dépose ses alluvions ; ainsi, on exhausse et on fertilise le sol grâce à l'eau limoneuse et vaseuse du fleuve.

Si le Service hydraulique estime que l'élevage de sangsues nuit au bon état du marais, il est persuadé, au contraire, des avantages que les particuliers et les associations syndicales peuvent retirer du colmatage des terres. Les ingénieurs réussissent à convaincre quelques propriétaires mais la commission syndicale, dans sa grande majorité, s'oppose à ces opérations. Dans les deux cas, élevage de sangsues et colmatage, il est nécessaire d'ouvrir les portes des écluses, aux grandes marées ce qui est en contradiction avec les principes du dessèchement.

Les propriétaires du marais peuvent se permettre, le cas échéant, d'introduire l'eau de la jalle de Blanquefort par l'écluse de l'Isle ou par un chenal particulier mais les propriétaires du marais de Pichon et ceux des Padouens n’ont que l'ouverture des portes de flot de Bécassin pour inonder leurs terres. En régime normal, ces portes servent à l'évacuation des eaux des Padouens et des eaux des terrains supérieurs et, seulement l'été, l’introduction momentanée des eaux de la Garonne pour rafraîchir le marais et abreuver le bétail. Le préfet de la Gironde reçoit des lettres de réclamations, dont la teneur diffère suivant l'intérêt du plaignant. Le 1er juillet 1852, les ingénieurs des Ponts et Chaussées, Bellegarde et Malaure, accompagnés de Monsieur Rondeau, maire de Parempuyre, de Monsieur Courejoles, maire de Blanquefort, de Monsieur Pauly, directeur du syndicat du marais et de Monsieur Meymat, directeur adjoint du syndicat des Padouens, se rendent sur les lieux.

De nombreux propriétaires les accompagnent : MM. Pichon, Béchade, Fourcet, Delisle, Lafon, Préchat, Meymat, de Matha, Ferry, Bouet, Vignolles, Delas, Rateau, Esclarnadon. Cette visite à l'écluse de Bécassin a été demandée par le Préfet à la suite de ces réclamations contradictoires et même de décisions contradictoires des autorités.

Ainsi, le 24 octobre 1851 : « Considérant qu'il est indispensable en matière de dessèchement que les canaux destinés à l'évacuation des eaux intérieures soient distincts et séparés de ceux qui peuvent être affectés à l'introduction des eaux nécessaires soit à l'irrigation soit au colmatage des terrains compris dans l'enceinte du marais ; Considérant dès lors qu'estey ou ruisseau sur lequel est établi l'écluse de Bécassin, ne peut servir tout à la fois de canal d’introduction et qu'il y a lieu de lui conserver la destination principale qu'il a toujours eue, celle de canal d'évacuation ; Considérant, en outre, qu'il est impossible au moyen d'un canal unique de conserver les intérêts opposés des cultivateurs et des éleveurs de sangsues arrête :

Article 1er : La jalle de Bécassin sera exclusivement consacrée à l'évacuation des eaux des terrains supérieurs ; en conséquence, il est formellement interdit d'ouvrir des écluses situées à son embouchure pour l'introduction des eaux de la Garonne pendant le flot ».

Monsieur de Pichon et les propriétaires des Padouens se pourvoient devant le Ministre des Travaux Publics, contre cet arrêté du Préfet. L'arrêté est donc suspensif jusqu'à la décision du ministre ce qui n'est pas du goût du directeur du syndicat du marais qui dépose, à son tour, une réclamation d'autant plus que la jalle de la Lande depuis le dessèchement du marais a été « constamment en la jouissance et direction du syndic de ce marais ». Le Préfet prend alors la décision d'ouvrir un registre à la mairie de Blanquefort, du 10 au 30 mai, pour recevoir les observations des intéressés. C'est pourquoi, ce 1er juillet 1852, à la suite de cette enquête, dès neuf heures du matin, tout ce monde est rassemblé à l'écluse de Bécassin. Après différentes remarques sur les écluses, les portalets, les portes de flot et les fossés, les ingénieurs demandent à chacun de formuler ses revendications. Messieurs de Pichon et de Richard, propriétaires du marais de Parempuyre, et les propriétaires des Padouens désirent une hauteur de prise d'eau telle que leurs terrains soient baignés par les eaux d'irrigation sur une hauteur de vingt centimètres. Messieurs Delisse et Rateau souhaitent également une hauteur de vingt centimètres d'eau mais d'eau vaseuse. Monsieur Pauly souhaite colmater les terrains de Madame Duffour par un bain de vingt-quatre centimètres. Hauteurs de bains, périodes d'ouvertures des portes de flot et établissement d'un règlement dans les éventualités d'évacuation et d'irrigation par la jalle de la Lande sont des sujets d'une discussion animée. Les heures passent. On ne peut se mettre d'accord sur le mode de règlement des prises d'eau tant et si bien que l'on se quitte à trois heures de l'après-midi sans avoir progressé. Le 24 novembre 1854, le Conseil d'Etat déboute « les sieurs Matha et autres de leur requête sur l'excès de pouvoir du Préfet dans son arrêté du 24 octobre 1851 ».

Éléments extraits de l’étude d’André Guillocheau, Le Marais de Blanquefort et les terres environnantes, Publications du G.A.H.BLE, 1993, p. 75-79

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