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L'hirudiniculture ou l’histoire de l'élevage des sangsues.

« Connaissez-vous « l' hirudo médicinalis » ? Il s'agit de la sangsue médicinale qui est carnivore dans sa jeunesse et avide de sang des mammifères à l'âge adulte. Avec ses mâchoires acérées, elle perfore l'épiderme de sa proie et suce le sang rendu incoagulable par l' hirudine qu'elle secrète.

Depuis les temps les plus reculés, l’homme a utilisé cette propriété de la sangsue pour saigner les malades et, au début du XIXème siècle, la consommation en France est tellement importante qu'on la fait venir des pays étrangers : Turquie, Suisse, Grèce, Espagne, Hongrie et Algérie. La consommation nationale est de dix à trente millions par an de sangsues payées douze francs le mille en 1850 ou même alors cinquante centimes pièce. Il n'est donc pas étonnant que certains hôpitaux pratiquent des dégorgements artificiels pour réutiliser l'animal. Outre les parasites et les microbes que ce dernier promène, voilà une autre cause de la propagation des maladies. Quoiqu'il en soit, des agriculteurs de Blanquefort, surpris de voir le nombre de sangsues augmenter dans le marais, se rendent compte que cette multiplication existe depuis que des chevaux d'une entreprise de voitures publiques y broutent. L'un d'eux, Monsieur Vayson étudie le phénomène et fait des essais qui s’avèrent concluants. De 1840 à 1845, les élevages de sangsues se répandent dans le marais.

La première méthode employée est assez rudimentaire ; chaque éleveur divise la parcelle dont il dispose, en barrails de un à deux hectares chacun qu'il entoure d'une digue en terre de cinquante centimètres environ de hauteur comme de largeur.

Au printemps, il recouvre ces barrails de vingt à trente centimètres d'eau et il y jette des sangsues reproductrices. Comme ces dernières pondent sur la terre ferme, il assèche les barrails de la mi- juin à la fin septembre. Après la remise en eau, il y introduit des chevaux pour nourrir les sangsues, jeunes et moins jeunes, avec un temps d'arrêt pendant les grands froids. À l'âge de trois ou quatre ans, les sangsues sont commercialisées On s'est vite aperçu que le piétinement de chevaux défonçait le terrain et qu'il était difficile de pêcher les sangsues.

La deuxième méthode est plus rationnelle. On maintient l'eau dans les barrails toute l'année mais on y aménage des îlots pour la ponte, et des fossés à fonds de sable et de gravier pour y conduire les chevaux. Enfin, on creuse un ou plusieurs bassins pour la « purification » des sangsues qui ne doivent être vendues que lorsqu'elles ont complètement digéré le sang du cheval, ce qui peut demander une année. Les fermiers des environs mènent leurs chevaux dans ces élevages afin de les saigner mais la plupart des bêtes qui sont livrées aux sangsues sont des animaux impropres aux travaux par leur vieillesse ou une infirmité et achetés à bas prix.

Placés quelques heures, tous les trois jours, dans les bassins, les chevaux remuent l'eau. Les sangsues savent que des proies vivantes les attendent. « Elles sortent aussitôt de leurs retraites et on les voit accourir à la curée, se précipiter sur les jambes de leurs victimes, s'y attacher, s'y gorger et, grosses et petites, se succéder sans interruption, tout le temps qu'on les laisse livrées à leur activité sanguinaire ». L'auteur nous montre ainsi l'avidité sanguinaire de ce ver marin. Les élevages peuvent produire quinze mille à vingt mille sangsues par hectare ; celles des palus du Médoc sont commercialisées sous le nom de « vertes payses ». Cette activité est trop rentable pour ne pas se développer et inciter des propriétaires du marais à entreprendre cet élevage malgré les protestations des responsables du syndicat du marais et du comité d'hygiène et de salubrité.

L'élevage des sangsues se poursuit dans les marais de Blanquefort jusqu'à la fin du siècle et même au-delà. Monsieur Chiché sera le plus persévérant. La désaffection de la saignée en thérapeutique, les progrès de la médecine rendront cet élevage inutile.

On peut consulter utilement les archives de la DDA (direction départementale de l’agriculture) de la Gironde à la cité administrative de Bordeaux.

Eléments extraits de l’étude d’André Guillocheau, Le Marais de Blanquefort et les terres environnantes, Publications du G.A.H.BLE, 1993, p. 75-79

Pour découvrir une famille, éleveurs de sangsues à Blanquefort, cliquez ICI.

L'élevage des sangsues dans les marais, un conflit avec les agriculteurs, cliquez ICI.

Les sangsues, utiles en médecine ? cliquez ICI.


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