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Un château à travers les âges.

Les sociétés passent et les pierres restent. Oui, mais pas seulement. De demeure fortifiée à simple logis, de propriété viticole en institut spécialisé, les hommes ont su adapter le château Breillan à son époque et l'ouvrage a traversé les âges.

Mais où est-donc la « Salle de Breillan » ? Vous pourrez la chercher longtemps dans l'avenue du même nom sans jamais la trouver ou plutôt sans croire jamais la voir, car la salle de Breillan se trouvera là majestueuse, comme le nez au milieu de la figure : il s'agit du château Breillan, successivement appelé salle de Breillan, puis château « La Salle de Breillan ».

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Au Moyen-âge, la « salle » désignait en effet une maison fortifiée, appartenant à des seigneurs de second rang. Le site de Breillan aurait ainsi été occupé par une maison forte médiévale dès le XIIIème siècle. Mais les premières traces de propriété datent du XIVème siècle : le Chapitre de Saint-André de Bordeaux (Collège de clercs), puis au siècle suivant le seigneur de Vaquey de Salleboeuf.

Sur les traces de Montaigne.

Certains châteaux blanquefortais ont accueilli des personnages célèbres, de notoriété régionale ou nationale. C'est le cas du château Breillan qui a abrité la famille des Eyquem de Montaigne. Cependant, et contrairement à ce qui a pu être écrit, Michel de Montaigne, auteur des célèbres « Essais », n'a jamais possédé Breillan, même s'il a du très certainement séjourner dans cette demeure qui a d'abord appartenu à son arrière-grand-père, un riche marchand nommé Ramon Eyquem (ou Ayquem). Son oncle, Raymond Eyquem, puis son cousin, Geoffroy, reçurent Breillan de leurs pères respectifs.

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Breillan à l'heure irlandaise.

Jacques II, roi d'Angleterre et d'Irlande, fut détrôné en 1689. Jugé trop tolérant à l'égard du culte catholique, il fut chassé de son royaume par les « anti-papistes » et accueilli en exil par Louis XlV. Dans son sillage, de nombreuses familles catholiques irlandaises vinrent s'installer en France. Tout comme le château Dillon, et d'autres propriétés locales, Breillan connut donc son heure irlandaise. Mathieu O'Connor acquit Breillan en 1756. Son petit-fils, Édouard Fitzgerald, le vendit en 1790 à Patrice French et Antoine Lynch, irlandais également.

Un Ministre de la Marine.

En 1821, le domaine de Breillan fut acheté par le baron Portal, négociant-armateur bordelais et homme politique avisé sous le règne de Napoléon 1er. Nommé maire de Bordeaux pendant les Cent-Jours, Pierre-Barthélémy Portal d'Albarèdes devint ministre de la Marine et des Colonies de Louis XVII et Pair de France. Les armoiries de la famille Portal sont reproduites en relief sur une pierre de la tour sud du château.

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De nombreuses rénovations.

Attachés à Breillan, le baron Portal et son fils Frédéric furent les maîtres d'œuvre d'importants travaux destinés à agrandir la propriété et rénover le château. Mais c'est Anatole Matéo-Petit qui est à l'origine de la dernière campagne de reconstruction vers 1910. Ce négociant en bois de chêne d'Amérique le restitua dans un style néo-gothique et néo-renaissance, tout en réutilisant le gros-œuvre antérieur. L'ouvrage actuel témoigne de ces restaurations successives.

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Les années sombres de Breillan.

Gaston Cardineau, capitaine aux armées, acheta le château à Daniel Dolfus en 1939. Quelques mois plus tard, le 28 novembre, un ordre de réquisition lui est adressé avec interdiction de disposer de son château. On y installe durant deux ans des vieillards de l'hospice Saint-Julien de Nancy, réfugiés en Gironde suite aux bombardements et à la propagation de gaz toxiques dans le Nord-est. Le choc émotionnel de ces personnes âgées déracinées, les mauvaises conditions de vie, la faim et le froid subis au cours de deux hivers rigoureux ont raison de 63 réfugiés morts à Breillan et inhumés dans le champ commun du cimetière de Blanquefort, avant la création de l'ossuaire. En 1941, l'armée allemande prend possession des lieux. Les réfugiés restés sur Blanquefort sont recueillis à l'hospice Saint-Michel. Le hangar du château sert à garer les camions et à stocker du matériel divers. « Depuis un mois, une compagnie d'infanterie allemande exécute des manœuvres dans ma prairie, se plaint alors le propriétaire dans un procès verbal. Préjudice subi : 50 000 kg de foin perdu minimum ». La couverture en ardoise du château et celles en tuiles des dépendances seront également endommagées par les déflagrations au cours des exercices exécutés par les Allemands, qui ne quitteront Breillan qu'en août 1944.

Un domaine viticole.

Dans les années 40, le château Breillan fut le théâtre de nombreux vols en tout genre : pommes de terre, haricots, mais aussi raisins et bouteilles de vin. En 1944, 20 bouteilles de « Château Suduiraut 1938 » disparaissent mystérieusement. En parlant de vin, saviez-vous qu'on produisait encore au siècle dernier sur le domaine de Breillan un vin rouge, le Clos Montaigne, et un vin blanc sec, le Clos du Cardinal ? Les vignes qui entouraient alors Breillan ne représentaient qu'une part infime de l'immense propriété attachée au château. Depuis, le lycée agro-viticole de Blanquefort a repris l'exploitation des terres, dont 42 hectares mitoyens de Dillon. Sur près de 10 hectares, les mêmes cépages de base que Dillon ont été replantés et le cru Château Breillan a retrouvé son classement de cru bourgeois Haut-Médoc en 1997.

Du vin à l'action sociale.

Le château Breillan abrite aujourd'hui l'Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique. Créé en 1962 par le docteur Alice Cazenave et anciennement administré par le Comité d'Action Sociale et Éducative, c'est aujourd'hui l'Association pour l'Éducation et l'Insertion Sociale qui en assure la gestion. Le château Breillan accueille en internat et semi-internat 50 garçons et filles de 7 à 17 ans dont les difficultés de caractère et de comportement nécessitent, malgré une intelligence normale, la mise en œuvre de moyens pluridisciplinaires.

Équinoxes et Solstices, janvier 2011, n° 42, p. 28-29. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

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Photos du fonds privé PAL.

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