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Les blockhaus à Blanquefort.

Nous avons déjà tous vu, lors de nos balades sur les plages atlantiques, des blockhaus (ou bunkers), gros cubes de béton, vestiges de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, les côtes ne sont pas le lieu d’implantation exclusif et de nombreux blockhaus ont été construits dans les terres. Ainsi, des promontoires de verdure un peu particuliers se dessinent ici et là à Blanquefort. En se rapprochant, le promeneur attentif notera des détails troublants : ouverture en béton, conduit d’aération… Ces buttes sont des vestiges d’une triste période, que la vie s’est réappropriée.

Des implantations stratégiques.

Ce terme allemand (de block : bloc et haus : maison) désigne, depuis la Première Guerre mondiale, un réduit fortifié construit en béton armé. Isolé, il sert à défendre un point de passage ; groupés, les blockhaus sont des « points d'appui » pour constituer une position défensive. Ce système de fortifications a particulièrement été développé durant la Seconde Guerre mondiale par les nazis avec l'édification du « Mur de l'Atlantique » ou « Atlantikwall » le long des plages et des falaises allant de la Norvège à l'Espagne pour « interdire » tout débarquement anglo-saxon. De nombreux blockhaus ont également été construits à Bordeaux et dans sa région sur les principaux axes de pénétration routiers ou ferroviaires permettant d'accéder à des points stratégiques. Outre la base sous-marine, trois « points d'appui » ont été particulièrement développés : le secteur de La House à proximité de Canéjan situé sur l'axe routier en provenance de Bayonne, celui de l'Alouette à Pessac situé sur l'axe routier en provenance du Bassin d'Arcachon et Blanquefort du fait de sa position géographique stratégique entre le Médoc et Bordeaux et de la présence du Port de Grattequina utilisé par l'armée allemande à l'époque.

Le « point d'appui » de Blanquefort.

Les positions et le nombre de blockhaus diffèrent selon les cartes d'état-major allemandes, françaises et la réalité sur le terrain. À ce jour, 14 blockhaus ont été répertoriés à Blanquefort. Peu d'entre eux sont restés intacts. Ils ont été, au fil des années, soit partiellement ou entièrement détruits, soit recouverts, soit utilisés à d'autres fins. Ainsi, et c'est certainement le plus connu des Blanquefortais, à Fongravey, près du Maurian, le blockhaus est devenu un lieu de répétition musicale depuis 1989. Il accueille les groupes de musique rock qui peuvent, grâce à l'épaisseur des murs, répéter sans craindre de gêner le voisinage. Parmi les exemples plus atypiques, des maisons ont été construites sur des blockhaus. D'autres encore ont été transformés en cave. Lors de vos prochaines promenades, ouvrez l'œil pour découvrir notre commune sous un angle méconnu.

Typologie et emplacement des blockhaus.

La plupart ont été construits en 1943. L'Armée allemande codifiait ses constructions avec des lettres et des numéros qui définissaient la fonction du blockhaus.

Il existait 4 types à Blanquefort : R 604 (abri pour canon anti char), R 608 (poste de commandement), R 621 (abri pour un groupe de combat), R 622 (abri pour deux groupes de combat) et R 627 (observatoire avec plaque blindée).

10 blockhaus ont été construits selon ces « plans types » (Regelbau) et implantés sur les principaux axes routiers et ferroviaires.

Sur ces 10 blockhaus, 3 étaient destinés à abriter des canons anti-char et 4, implantés à proximité, servaient d'abri pour le personnel. 2 abris observatoire ont également été retrouvés. 1 PC de commandement actuellement détruit était situé rue du château d'eau. 2 chambres de coupure protégeaient le système de connexion entre les différents points d'appui. 2 constructions sans plan-type (sonderkonstruction) sont situées dans le parc du château Magnol et rue du Dehez. Ce type de construction répondait à des besoins précis. D'après les éléments encore visibles (ventilation, rails), ils servaient de lieu de protection pour les militaires allemands qui avaient réquisitionné le château du Dehez et de lieu de stockage.

Une des deux chambres de coupure construite à Blanquefort était située à l'entrée du parc de Fongravey, un canon anti-char à l’entrée du château Dillon, un observatoire avec plaque blindée était implantée rue de Gilamon.

1-localisation: quartier Gilamon (propriété privée) type: H 622 - aujourd'hui : cave

2-localisation: avenue de l'Europe type : H 604 - aujourd'hui : enherbé

3-localisation: rue de Gilamon type : H 627 - aujourd'hui : enherbé

4-localisation: avenue du Général de Gaulle (entrée du château Dillon) type : H 604 - aujourd'hui : enherbé

5-localisation: quartier de Maurian (propriété privée) type H 622 - aujourd'hui : cave

6-localisation: rue Jean Duvert type: H 604 - aujourd'hui : lieu de répétition pour les groupes musicaux

7-localisation: quartier de Maurian (propriété privée) type : H 621 - aujourd'hui : cave

8-localisation: quartier de la gare (propriété privée) type : H 621 - aujourd'hui : cave

9-localisation: avenue du 11 novembre (propriété privée) type : H 627 - aujourd'hui : cave

10- localisation : rue du Maréchal Leclerc type : chambre de coupure - aujourd'hui : détruit

11- localisation: Fongravey type : chambre de coupure - aujourd'hui : enherbé

12- localisation: avenue du château d'eau type : H 608 - aujourd'hui : détruit

13-14-localisation : rue du Dehez (propriétés privées) sonderkonstruction - aujourd'hui : cave

La « bunker archéologie ».

Ce terme a été inventé par Paul Virilio, architecte, pour qualifier l'étude sur l'espace militaire européen de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des informations ci-dessus nous ont été fournies par des passionnés de l’histoire de ces fortifications, les « bunkers archéologues ».

Équinoxes et Solstices, hiver 2006, n° 17, p. 24-25. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

 Jean-François Laquièze, le spécialiste des blockhaus.

Il connaît tout sur les bunkers du territoire. Jean-François Laquièze mène des recherches actives et partage volontiers sa passion. C'est une affiche du CIO de Bergerac qui lui a donné l'envie de devenir laborantin. Afin de travailler, il est venu habiter à Blanquefort. Et, par hasard, a trouvé résidence à côté du bunker du Maurian... Déjà, à 5 ans, il faisait de la spéléologie avec ses parents et avait été sensibilisé par son grand-père à l'histoire contemporaine des dernières guerres. Il a ensuite été maquettiste, spécialisé dans les avions américains de l'US Air Force en Europe, de 1950 à 1975. Une passion qu'il a développée sur un site Internet, consulté même par les Américains. Tout ceci le prédisposait sûrement à la bunker-archéologie. Aujourd'hui, il connaît sur le bout des doigts les bunkers de Blanquefort, très bien dotée en la matière. Il a d'abord commencé par interroger ses collègues infirmiers à domicile. Puis, il s'est plongé dans les archives avant d'aller sur le terrain. Le premier bloc mentionné sur les cartes par les Allemands était un BOl, il n'a jamais été construit. Le plus connu, un semi-actif de type R604, se situe au Maurian, aujourd'hui devenu lieu de répétition musicale. Juste à côté, se trouvent deux abris passifs qui protégeaient à la fois la gare et la route de Parempuyre. Quant à la butte de Dillon, ce n'est autre qu'un bunker semi-actif avec canon, situé sur la route du Médoc, en face d'un abri personnel, devenu une cave ! Sur la route du Taillan, avenue de l'Europe, se trouvaient un semi-actif R604 et un abri personnel E622, aujourd'hui caché sous une maison. À Gilamon, un abri semi-actif d'observation sans canon. À côté du château d'eau figurait également un R608, PC de commandement pour les officiers réquisitionnés au château Dulamon. Ensuite, sur l'avenue du l1 novembre à la Landille, un R627 était chargé de la surveillance des marais depuis l'écluse de Parempuyre jusqu'à la Garonne au pont des Religieuses, soit180° de vision. Deux chambres de coupure, c'est-à dire des relais de téléphone qui reliait tous les blocs, étaient également sur ce territoire. Quant aux deux constructions du château du Dehez, qui ne répondent à aucun plan type, elles ont été adaptées au lieu et à la demande pour du stockage. Tous ces bunkers, dont certains étaient équipés de puits, demandaient six semaines de construction, plusieurs tonnes de béton et de fer ; ils ont été construits en 1942-1943 afin de défendre l'arrivée des voies de communication et protéger les alliées d'invasions venues du Nord.

 Article du journal Sud-ouest du 24 février 2010, Marie-Françoise Jay.

La Seconde Guerre mondiale a été étudiée sur notre commune et vous trouverez le résultat de quatre années de recherche dans l’ouvrage « Années sombres à Blanquefort et ses environs 1939-1945 », Catherine Bret-Lépine et Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 304 pages, 2009. Les pages 126.128 décrivent le système de défense mis en place sur la commune, on trouvera le développement de ces investigations dues à un spécialiste des ouvrages défensifs construits par l’armée allemande sur le site atlantikwalk ; en particulier, photos et schémas de bunkers sur les communes de Blanquefort, Le Taillan-Médoc, Saint-Médard-en-Jalles, Parempuyre, Bordeaux-Bacalan.

Pour mieux connaitre le blockhaus de Blanquefort, voir ce site en cliquant ICI.


 

 


 

 

 

 

 

 

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