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Les Tastet-Girard.

Des bienfaiteurs pour Blanquefort.

Madame Jeanne Girard (1844-1926), veuve de Gustave Tastet (1845-1898), courtier en vins bordelais (ils étaient propriétaires du château Maurian), fit l'acquisition du bâtiment de Saint-Michel, le 26 octobre 1906 (les terrains avaient déjà été achetés en mars 1903 et juillet 1906 par M. Emmanuel Cabon, jardinier du château Béchon). La volonté de Mme Tastet était d'en faire don à la commune afin que celle-ci puisse y « entretenir à perpétuité » un hospice destiné à recevoir « les infirmes, les vieillards et les nécessiteux », établissement qui n'existait pas encore à Blanquefort (M. Cabon, à cette fin, accepta de lui revendre une partie des terrains en 1907). La donation fut établie le 11 septembre 1909, avec condition pour la commune de créer l'établissement dans un délai de deux ans ; Madame Tastet s'engageait par ailleurs à verser, dès l'ouverture de l'hospice, une somme importante afin de faire face aux premiers frais de fonctionnement. Si cette institution était bien créée dès 1912, et les locaux prêts à fonctionner en juillet 1914, son ouverture fut retardée en raison des événements internationaux qui allaient survenir. La Première Guerre mondiale allait en effet priver Madame Tastet de voir se réaliser, de son vivant, l'œuvre qu'elle avait projetée.

L'œuvre de bienfaisance de Madame Tastet ne s'est pas limitée à Blanquefort.

En 1909, elle avait fait don aux hospices civils de Bordeaux d'une somme assez importante de 250 000 francs pour permettre la construction d'un nouvel hôpital qui reçut le nom de « Tastet-Girard » de 28 lits. Cet établissement devait pouvoir accueillir gratuitement « tous les malades ayant leur domicile à Bordeaux ou dans la commune de Blanquefort », à condition qu'ils soient « indigents » ou dans une situation pas « assez aisée pour payer sans difficulté dix francs par jour ». Plus tard, intégré au complexe hospitalier Tondu-Pellegrin, cet hôpital a depuis été détruit. Les Amis du Vieux Blanquefort ont pu récupérer, grâce à Madame Gisèle Guiraud qui travaillait à l’hôpital, les bustes de Monsieur et Madame Tastet qui ornaient le hall d'entrée ; ils sont aujourd'hui conservés à la Maison du Patrimoine.

En 1926, inquiets de la non-réalisation des clauses de la donation de 1909, les héritiers Tastet (neveu, nièces et sœurs de la donatrice, le couple n'ayant pas eu d'enfant) durent s'entendre sur de nouvelles bases avec la commune car si ceux-ci souhaitaient récupérer l'immeuble, celle-là exigeait le remboursement total des frais d'aménagement engagés avant 1914. L'accord ne put se faire qu'en mars 1928 : les héritiers renonçaient à leur revendication mais la commune acceptait de ne plus recevoir ni la somme promise par Madame Tastet, ni l'indemnisation demandée pour les frais engagés. En outre, la transaction stipulait explicitement que les locaux pouvaient dès lors recevoir une tout autre destination que celle d'un hospice : la commune avait la faculté d'en faire l'usage qui lui conviendrait, « sans aucune affectation ou charge quelconque ».

Texte extrait de « La vie religieuse à Blanquefort au XXème siècle », Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 2006, p. 64 et sq.

La commune de Blanquefort honorera Gustave Tastet en lui consacrant le nom d’une rue lors de la séance du conseil municipal du 9 février 1908 ; après son décès en 1926, on rajouta son nom à celui de son époux et la rue devint Tastet-Girard.

 

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