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L'historique de la Maison Saint-Michel.

Au cœur de Blanquefort, avenue du général de Gaulle, elle fait partie du patrimoine de la commune.

1875.

La construction de la Maison Saint-Michel résulte d'un vœu exprimé par l'évêché de Bordeaux en 1875 ; le curé de Blanquefort, Raymond-Alexis de Froger de l'Éguille, fut en effet sollicité pour implanter une école catholique dans la paroisse. Des achats de terrains (pour la plupart plantés de vignes, lieu-dit Gastoney de Southey) furent alors effectués, grâce à l'aide des fidèles.

Commencés dès 1879 par la construction d'un pavillon central et de deux ailes latérales (52 m de long sur 8 m de large), les travaux permirent rapidement l'ouverture d'un établissement d'enseignement, dit « École Saint-Michel ».

L’école Saint-Michel  prenant vite de l'ampleur, une nouvelle contribution des paroissiens permit l'extension des locaux, en 1885, par une surélévation de deux étages, ce qui donna à la Maison son aspect actuel, avec une grande statue de saint Michel combattant le dragon placée en 1889 dans une niche au sommet du pignon du pavillon central (œuvre en fonte réalisée par les établissements Dormoy, de Bordeaux).

1887.

Un collège de garçons.

Les 1er novembre 1887 et 15 avril 1890, l'école fut vendue à la Congrégation des Petits Frères de Marie pour en faire un « collège » de garçons (établissement secondaire qui allait alors jusqu'aux classes terminales).

Les 150 élèves, pensionnaires et externes, étaient tenus de porter un uniforme de drap bleu foncé, avec boutons dorés ornés de la figurine de saint Michel et casquette bleue à visière noire portant les initiales de l'établissement, entrelacées et brodées d'or. Le coût important de cette tenue limitait le recrutement aux familles relativement aisées. L'établissement préparait alors aux concours d'entrée dans les grandes écoles techniques : Arts et Métiers, Polytechnique. Cet établissement avait une excellente réputation.

À partir de 1895, la mise en place du tramway facilita les déplacements des élèves et de leurs parents venant les visiter le dimanche. Auparavant, seules les voitures hippomobiles pouvaient être utilisées.

À l'ouest du bâtiment, un grand jardin potager tenu par deux frères de la congrégation fournissait les cuisines en légumes. Alors qu'une troisième tranche de travaux était envisagée en raison du succès de l'école qui devait refuser des élèves (elle en accueillait 200 à cette époque), et à la suite de la publication de la loi du 1er juillet 1901 concernant les associations, le collège dut fermer ses portes parce qu'il était dirigé par une congrégation « non autorisée ».


1904.

La loi du 7 juillet 1904, qui supprima aux congrégations le droit d'enseigner, entraîna la dissolution de la Congrégation des Petits Frères de Marie et l'obligation pour les frères de mettre en vente tous leurs biens.

Les terrains avaient été achetés en mars 1903 et juillet 1906 par M. Emmanuel Cabon, jardinier du château Béchon.

Madame Jeanne Girard fit l'acquisition du bâtiment le 26 octobre 1906. La volonté de Mme Tastet était d'en faire don à la commune afin que celle-ci puisse y « entretenir à perpétuité » un hospice destiné à recevoir « les infirmes, les vieillards et les nécessiteux », établissement qui n'existait pas encore à Blanquefort. M. Cabon, à cette fin, accepta de lui revendre une partie des terrains en 1907.

« L'école Saint-Michel, tenue par des frères, était très cotée, fréquentée par le gratin ; elle préparait au concours des grandes écoles, Arts et Métiers, etc. Les parents venaient chercher leurs enfants, cela formait de l'animation dans la commune. Je me souviens du branle-bas occasionné par la séparation de l'Église et de l'État en 1907. L'inventaire fut fait à l'époque par le receveur des domaines, M. Rabier, qui habitait rue Gambetta. Il ne put opérer le jour même, les membres de la Fabrique s'y opposant, injuriant le receveur. Il dut procéder un autre jour avec le concours de la gendarmerie, puis Saint-Michel et le petit cercle furent vendus au tribunal. Mme Tastet-Girard en fit l'acquisition, elle fit don de l'école Jules Ferry pour l'éducation des enfants de la commune, dont le doyen en exercice était le gérant. Saint-Michel fut aménagé aux frais de la donatrice, le bâtiment ne correspondant plus à sa nouvelle destination d’hospice. »

La donation par Madame Tastet fut établie le 11 septembre 1909, avec condition pour la commune de créer l'établissement dans un délai de deux ans. Madame Tastet s'engageait par ailleurs à verser, dès l'ouverture de l'hospice, une somme importante afin de faire face aux premiers frais de fonctionnement.

Si cette institution était bien créée dès 1912, et les locaux prêts à fonctionner en juillet 1914, son ouverture fut retardée en raison des événements internationaux qui allaient survenir.

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1914-1918. Hôpital temporaire.

La Première Guerre mondiale allait en effet priver Madame Tastet de voir se réaliser, de son vivant, l'œuvre qu'elle avait projetée. Afin de faire face aux besoins immédiats de la guerre, la Maison fut transformée en « hôpital temporaire », géré par la Croix-Rouge avec 125 lits, puis, en 1919 et 1920, la Maison fut affectée à une section de l'École des Mutilés de Bordeaux. « Pendant la durée de la guerre 14/18 la Maison fonctionna comme hôpital suburbain, on y a soigné de nombreux blessés avec le concours bénévole de dames dévouées de notre commune ». N'ayant pas été entretenus pendant six années, les locaux exigeaient de grosses réparations auxquelles la commune ne pouvait faire face. Divers projets de cession à un autre organisme furent alors élaborés, notamment au département de la Gironde ou à la ville de Bordeaux. Il fut même envisagé, en 1923, que les Petits Frères de Marie redeviennent propriétaires. La Croix Rouge fut aussi sollicitée en 1925, mais aucun projet ne put aboutir et Madame Tastet s'éteignit le 24 septembre 1926, à l'âge de 81 ans.

En 1926, inquiets de la non-réalisation des clauses de la donation de 1909, les héritiers Tastet (neveu, nièces et sœurs de la donatrice, le couple n'ayant pas eu d'enfant) durent s'entendre sur de nouvelles bases avec la commune car si ceux-ci souhaitaient récupérer l'immeuble « Maison Saint Michel », celle-là exigeait le remboursement total des frais d'aménagement engagés avant 1914. La municipalité de l'époque n'avait pas organisé le démarrage, manque de crédit, le temps passait, la municipalité fut mise en demeure de remplir les conditions formelles du legs ou de l'annuler. C'est alors que fut trouvé le fonctionnement et la prise en charge par les sœurs du Bon Pasteur, ce qui sauva la situation délicate et onéreuse pour une municipalité sans grandes ressources. L'accord ne put se faire qu'en mars 1928 : les héritiers renonçaient à leur revendication mais la commune acceptait de ne plus recevoir ni la somme promise par Madame Tastet, ni l'indemnisation demandée pour les frais engagés. En outre, la transaction stipulait explicitement que les locaux pouvaient dès lors recevoir une tout autre destination que celle d'un hospice : la commune avait la faculté d'en faire l'usage qui lui conviendrait, « sans aucune affectation ou charge quelconque ».

1930.

La Maison Saint-Michel fut alors louée pour trois années, de 1930 à 1932, par le Patronage laïque de Bordeaux afin d'y installer une « colonie municipale de vacances », ce qui permettait à la commune de déléguer la remise en état des locaux. À cette occasion, la ville de Bordeaux étant gérée par Adrien Marquet socialiste, la statue de saint Michel fut déposée car son caractère religieux était jugé incompatible avec l'utilisation de l'établissement. La statue fut remontée à l'expiration du bail.

1934.

En mai 1934, grâce à la détermination du curé de Blanquefort et de la municipalité de Blanquefort, l'hospice put enfin ouvrir, placé sous l'autorité des sœurs du Bon Pasteur de Bordeaux-Caudéran. Une quarantaine de pensionnaires y étaient accueillis, exclusivement des femmes, dix personnes assurant le service. L’abbé Dechartre avait repris l'affaire en main depuis la fin de 1932 et, sur ses fonds privés, avait aménagé la Maison et obtenu de la mairie un bail de location.

1940.

Dès son arrivée en 1940, sœur Marie-Eustelle du Bon Pasteur y fonde un « cours professionnel ménager », on disait alors un « ouvroir », pour les jeunes filles du canton, avec 5 élèves pour commencer. Immédiatement, les sœurs créèrent une chapelle dans les locaux, tout naturellement dédiée à saint Michel. D’abord installée dans l'aile nord, elle fut déplacée vers 1950 dans l'aile sud. Si le lieu de culte était principalement utilisé par les pensionnaires de la maison de retraite, une messe hebdomadaire y était aussi fréquentée par les paroissiens blanquefortais.

1943.

« Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Saint-Michel fut réquisitionné par les troupes allemandes le 1er mai 1943 ; l'hospice dut en toute hâte s'installer au château Montigny, et les pensionnaires ne purent retrouver « leur maison » que le 11 décembre 1944. À cette époque, c’est l’abbé Poncabaré qui est curé de Blanquefort. L’immeuble « Établissement Saint-Michel » est réquisitionné à dater du 10 mai 1943, avec ses dépendances, exception faite du jardin potager soit un terrain de 43 ares 45 centiares.

Un constat sommaire de l’état des lieux de 2 pages est établi par les services municipaux avant la prise de possession par l’armée allemande : « grand bâtiment de 60 m de long environ construit et aménagé pour recevoir un personnel nombreux, vieillards, malades, jeunes filles ainsi que la communauté religieuse chargée de leur entretien, remis à neuf il y a peu de temps et dans un état parfait d’entretien » ; signé  le conducteur des travaux de la mairie, Sarrazin. Plusieurs courriers de la mairie seront adressés aux autorités de la préfecture, pour demander une aide pour la communauté religieuse qui a du déménager dans un immeuble plus petit et en très mauvais état, et a subi, de ce fait, un préjudice manifeste.

Au départ des troupes allemandes le 30 août 1944, un constat en 6 pages des dégâts occasionnés par les occupants est établi. La formation d’infanterie qui occupait les lieux avait installé un poste d’observation sur le toit, qui mal isolé, va occasionner des dommages importants au bâtiment, à la suite des pluies d’orage. Avant son départ, l'armée allemande avait systématiquement démonté tout ce qui était en cuivre : tuyaux, loquets de porte, etc. Le chauffage central ne fonctionnait plus. De manière générale, toutes les parois intérieures sont très sales et dégradées, peinture de propreté partout nécessaire. L’installation électrique, ayant été transformée et modifiée à plusieurs reprises par chaque unité d’occupation, il est nécessaire de la réviser. De même la serrurerie est à revoir partout, les planchers sont à raboter dans leur ensemble, sans parler des dégâts particuliers à chaque pièce.

Des devis de travaux sont établis : Menuiserie, Maurice Berniard, 14 735 F, Serrurerie, Valet, 11 582 F, Plomberie, zinguerie et couverture, Pont : 23 381 F, Entreprise du bâtiment, L. Carme : 138 625 F.

En janvier 1944, un état des factures payées par la directrice des religieuses du Bon Pasteur, adressé à la commission d’évaluation des réquisitions se monte à 81 025 F et la liste des artisans se monte à 13. Le service des réquisitions va allouer une somme de 5 000 F, à répartir entre les entrepreneurs (Pineau peintre, Pont chauffage, Dumora électricité, Garcia peintre) dont les factures atteignaient 22 940 F.

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1946.

La guerre terminée, les deux missions de Saint-Michel pouvaient à nouveau être remplies.

En septembre 1946, un dispensaire municipal de soins aux malades et de pesée des nourrissons fut ouvert.

En 1949, le cours devint école technique privée avec internat, et, comme l'établissement qui l'avait précédé soixante ans auparavant, il prit de l'ampleur : 44 élèves en 1960, 103 en 1965, sa spécialité étant la formation au secrétariat et à la comptabilité, avec tutelle de l'enseignement catholique diocésain.

En 1963, l'établissement évolua en Lycée d'enseignement professionnel sous contrat avec l'État. En 1958, « Mère Eustelle » avait été portée à la tête des deux institutions placées sous le même toit mais, en 1971, elle abandonna la direction de la Maison car, depuis 1964, elle était devenue Supérieure générale de la Maison du Bon Pasteur de Caudéran (elle ne manquait pas cependant de revenir chaque jour à Saint-Michel). Elle fut remplacée à l'école par une directrice laïque, simultanément professeur à mi-temps dans l'établissement. Revenue diriger l'hospice en 1972, « Mère Eustelle » et les deux dernières sœurs du Bon Pasteur quittèrent définitivement Saint-Michel en 1980.

Jusqu'à cette époque, la grille d'entrée était surmontée d'une belle ferronnerie déposée le 18 novembre 1977 ; en effet, elle empêchait le passage du véhicule venu redescendre, par sécurité, la statue de saint Michel. Cette statue altérée par les intempéries, ce symbole de la Maison devenait dangereux pour les élèves, les pensionnaires et le personnel de l'Établissement. La statue, longtemps installée sur une pelouse, a été remontée à sa place en 1998, après restauration ; mais la ferronnerie fait toujours défaut, malgré les demandes réitérées de restitution émises par le G.A.H.BLE. Longtemps restée entreposée par les services municipaux, elle semble aujourd'hui avoir définitivement disparu !

1980.

Une directrice laïque fut nommée pour gérer la maison de retraite. À cette date, 200 élèves fréquentaient à nouveau l'École, mais le dispensaire avait été transféré dans d'autres locaux municipaux depuis septembre 1976.

1988.

En avril 1988, l'intégralité de la Maison Saint-Michel fut attribuée au Lycée professionnel, l'hospice ayant été installé dans un nouvel établissement construit sur les terres de Cimbats, « les Vergers du coteau », par la commune de Blanquefort. Peu après la rentrée scolaire de 1988, après cinq longs mois de travaux qui entraînèrent la dispersion des classes en divers lieux de Blanquefort, le lycée Saint-Michel se lança dans une reconversion de son enseignement à l'intention des 280 élèves qui le fréquentaient alors. Tout en gardant quelques classes à vocation commerciale et d'entretien, il se spécialisa dans la formation aux carrières de l'hôtellerie-cuisiniers, serveurs et personnel d'accueil, avec un restaurant d'application ouvert en janvier 1989. Le réaménagement des locaux avait été financé par la commune de Blanquefort, toujours propriétaire des lieux. Le lycée pouvait accueillir 330 élèves en 1991.

Une campagne de travaux étalés sur toute l'année 1998, sans doute la plus spectaculaire puisqu'elle a en particulier permis d'agrandir les locaux en façade, côté rue, avec la création d'une très grande salle de restaurant affirmant la vocation bien déterminée de Saint-Michel comme « Lycée hôtelier ». Les travaux ont permis aussi de refaire entièrement l'installation des cuisines avec la mise aux normes européennes et de réaménager certaines parties des locaux pédagogiques utilisés par les élèves qui fréquentent l'établissement. Respectant parfaitement la structure du bâtiment d'origine, le « nouveau » Saint-Michel est dû à l'architecte Roquelaure. Ces travaux ont entièrement été financés par le conseil régional d'Aquitaine (l’évolution des locaux de tous les lycées est à la charge des conseils régionaux depuis la loi de décentralisation de 1986).

2001-2002.

Des locaux complémentaires furent édifiés. Le « lycée Saint-Michel » accueillait, sans internat, 340 élèves venant principalement du Médoc et des environs de Bordeaux. 42 professeurs et 12 membres du personnel d'encadrement et d'entretien assurent le fonctionnement de l'établissement.

2013. Un lycée professionnel au service des jeunes. « Un lycée où il ne s’agit pas seulement de préparer un métier, mais un lycée où le jeune est accueilli, écouté et accompagné afin de développer ses connaissances, ses compétences et le sens des responsabilités. Un lycée où le jeune est guidé progressivement vers l’autonomie, la réussite, l’insertion et l’excellence.
C’est dans cet esprit de tolérance, de confiance et d’ouverture que tous les membres de la communauté éducative du lycée Saint Michel proposent au jeune un parcours de formation qui soit en adéquation avec son projet professionnel et personnel. La diversité des projets pédagogiques et éducatifs, notamment au niveau européen, permet aux élèves de préparer leur future vie d’adulte et de citoyen européen ». Bertrand Perroy, directeur.
Cet établissement comporte une U.L.I.S (Unité Localisée d'Inclusion Scolaire) et une classe de 3ème module découverte professionnelle.

Le lycée prépare aux diplômes suivants :
CAP Boulanger
Mention complémentaire Cuisinier en Desserts de Restaurant
Baccalauréat professionnel Cuisine
Baccalauréat professionnel Boulanger - Pâtissier

CAP services en brasserie-café
Bac commercialisation et services en restauration
Bac professionnel accueil relations clients et usagers
Mention complémentaire accueil réception

Baccalauréat Professionnel Services de Proximité et Vie Locale
Baccalauréat Professionnel Accompagnement
Soins et services à la personne

Pour plus de renseignements sur le Lycée Saint Michel, cliquez ICI

 

Texte extrait d’articles rédigés par : Alain Tridant, bulletin paroissial Dialogues d'avril 1978 - bulletin du G.A.H.BLE en particulier n° 37 de mai 2001 - « La vie religieuse à Blanquefort au XXème siècle », Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 2006, p. 64 et sq. - « Années sombres à Blanquefort et dans ses environs, 1939-1945, de Catherine Bret-Lépine et Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 2009, p. 227 - Archives de la mairie de Blanquefort - « Feuillets d’une mémoire », Raymond Valet publié par le G.A.H.BLE en 1984, p. 10. - Cahier manuscrit de Marcel Béreau.

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