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Blanquefort

Souvenirs de Saint Michel par Marcel Béreau .

Marcel Béreau fut secrétaire à la mairie de Blanquefort en 1943-1944. Il avait écrit ses souvenirs et impressions dans un cahier écrit en février 1951 dont le titre est  « La vie du pensionnat Saint-Michel de Blanquefort ».

En voici un extrait :

« C’est grâce à M. l’abbé Dechartre, curé-doyen de Blanquefort, que le vœu de Mme veuve Tastet, propriétaire du château Maurian à Blanquefort, dont il a déjà été parlé dans ce récit, fut exaucé, et que les Religieuses du Bon Pasteur firent leur apparition à Blanquefort, créant l’hospice de vieillards Saint-Michel, c’était au mois de mai 1936. C’est donc dans ce même établissement où jadis, il y a plus de 50 ans, avaient vécu les petits Frères de Marie et leurs nombreux élèves, qu’aujourd’hui une quarantaine de vieillards, femmes âgées, fatiguées ou abandonnées, quelquefois sans aucunes ressources même viennent finir leurs jours, confiées aux bons soins des religieuses du Bon Pasteur. Cette installation dans un immeuble semblable demanda quelques modifications qui étaient à peine terminées lorsque la guerre de 1939 éclata. Les réquisitions étant nombreuses à Blanquefort, les Allemands pas toujours de bonne humeur, en quête de mauvais coups, annoncèrent tout à-coup la réquisition de Saint-Michel le 1er mai 1943, donnant brutalement un délai de 10 jours pour quitter les lieux. Que faire, où trouver un local ou plutôt des locaux suffisants pour y loger une cinquantaine de personnes, y compris le personnel. Cependant, après de nombreuses recherches et aussi de démarches, il faut bien l’avouer, le hasard fait découvrir le domaine de Montigny qui actuellement n’est pas occupé et qui offre toutes les conditions d’hygiène et de salubrité requises pour y trouver un refuge suffisant pour tout ce monde. Reste le déménagement, travail considérable, délicat même, certaines des pensionnaires, grandes malades, obligées de garder le lit. Heureusement, des bonnes volontés surgirent tout à coup et s’offrirent pour venir en aide aux religieuses, et à la date fixée pour la réquisition, le 10 mai 1943, les Allemands prenaient possession de Saint-Michel en chantant ! Est-ce possible ; combien durera cette maudite guerre, combien de temps Saint-Michel sera-t-il occupé ? Autant de questions résolues par un point d’interrogation ? Les religieuses avaient du laisser, en partant, une installation complète de cuisine import ante, c’est-à-dire une cuisinière type hôtelière avec bouilleur eau chaude de 300 litres ainsi que le chauffage central, le tout faisant défaut dans le nouvel immeuble. Malgré le dévouement des personnes qui aidèrent au déménagement, il est bon de souligner que l’enlèvement de tout le mobilier de matériel divers et aussi du bois, occasionna des dépenses très élevées de camionnage surtout, ainsi que pour l’aménagement du nouvel immeuble. Qu’il me soit permis en passant de dire un mot sur le domaine de Montigny et sur sa propriétaire Mme veuve Gautier Lacaze, décédée en 1936. Actuellement, c’est son neveu, Pierre Lacaze, qui en est devenu le propriétaire depuis cette époque.

Cette propriété est située en plein centre de Blanquefort, le principal immeuble, très important par lui-même, est composé dans tout son ensemble d’un rez-de-chaussée avec premier étage. Indépendamment d’un grand vestibule, il possède un certain nombre de chambres, grandes et petites, avec dépendances, dont un grand préau adossé à une chapelle ancienne remarquable surtout par ses vitraux en forme d’ogive, très fréquentée autrefois, et où j’ai servi la messe souvent, mes parents ayant habité la dite maison pendant 25 ans. L’immeuble en question est situé au milieu d’un vaste parc d’agrément, où les pensionnaires nouvelles locataires de Saint-Michel pouvaient en disposer à volonté. Non loin de là, Mme veuve Gautier possédait un autre immeuble avec un étage, où elle avait installé : 1° une salle de réunion où avait lieu tous les ans l’exposition des travaux de couture et de lingerie ainsi que la broderie de l’école des filles des Sœurs de l’Immaculée-Conception de Blanquefort. 2° la bibliothèque paroissiale. 3° une installation communale de douches à usage gratuit pour la population. 4° enfin, dans deux logements contigus à cet immeuble, elle y logeait deux familles nombreuses. C’est à la suite de deuils bien cruels, survenus dans sa famille, que Mme veuve Gautier, possédant ses brevets d’institutrice, se consacra entièrement à l’enseignement libre, devenant par la suite Supérieure de l’école des filles des religieuses des Sœurs de l’Immaculée-Conception de Blanquefort. C’est cette même personne qui, quelques années auparavant, avait acheté la série de logements situés en face de sa propriété de Montigny, au lieu dit « La Dimière, les avaient fait transformer en école avec préau et y avait fait installer les religieuses. Enfin, dans ces dépendances, elle avait fait également aménager une superbe chapelle avec jardin fleuriste qui servait de lieu de réunion à l’Association des Mères Chrétiennes existant alors à Blanquefort. Mme veuve Gautier était titulaire de plusieurs décorations, membre de la Société des Nations et de la Croix-Rouge, auteur du Bulletin mensuel « Mon clocher » à la tête de toutes les œuvres de la commune s’intéressant aux familles pauvres qui trouvaient en elle un appui bienfaisant en toute circonstance ».

Ce document est la propriété de l'Établissement Saint Michel.

extrait de « La vie religieuse à Blanquefort au XXème siècle », Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 2006, p. 64 et sq.

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