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Joomla : Porte du Médoc

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Le château Dillon.

Ce château appelé aussi Terrefort fut construit à la fin du XVIIème siècle. Un étage y fut ajouté au siècle suivant. Son fondateur fut Dillon, passé lui aussi avec Jacques II. Un membre de cette famille, Théobald, fut un des principaux lieutenants de Dumouriez à la bataille de Valmy et fut mis à mort par ses soldats près de Lille en 1792. Il avait racheté le château confisqué par l'État, ses deux frères ayant émigré.

La propriété fut ensuite acquise par M. de Martignac, ministre de Charles X. Il passa ensuite entre les mains de M. Blanc-Noguès, Mme Ramonet, M. Seignouret (1829), M. le vicomte d'Arlot de Saint-Saud.

Guy Dabadie, Histoire du Médoc, imprimerie Samie, Bordeaux, 1954, p. 107.

Pour connaitre la liste des objets découverts dans la propriété du château, cliquez ICI.

Le château Dillon est une demeure très ancienne ne se présentait pas telle qu’on l’a connue de nos jours. L'histoire montre un grand bâtiment à étage avec un campanile et des combles ajourés ; il a conservé son aile sur côté levant formant une très grande cuisine, une grande cheminée, une série de petits fourneaux potagers, qu'on remplissait de braise ou de charbon de bois, une très grande souillarde attenante au hangar à bois ; ces locaux de service laissaient tout le grand bâtiment réservé aux maîtres de ces lieux, les chambres des domestiques étaient sous les combles avec accès par un escalier de service. L'entrée privée sur la face midi n'était utilisée que pour les réceptions, donnant sur un grand parc de vieux arbres mal entretenus, entouré par un mur sur trois faces qui protégeait les regards indiscrets et conservant leur intimité. L'entrée face nord donnait sur une cour généralement employée pour tous services, délimitée par une grille sur bahut pierre, qui débouchait sur la cour des charretiers, à gauche on trouvait les hangars, leurs écuries et trois petits logements.

On retrouve dans l'histoire de Dillon en 1704 Mlle Leconte comme propriétaire ; elle vendit ses droits en 1754 à Messire de Tirac qui la garda quelques années, puis céda sa place à M. Robert Dillon qui très fier de son domaine le conserva jusqu'à la Révolution en 1793 ; une partie de ce domaine fut vendue comme bien national, et depuis, eut de nombreux propriétaires. En 1820, il appartient à M. de Montignac, frère de l'ancien ministre. Puis en 1829, il fut acheté par la famille Seignouret qui, sur les conseils de son régisseur, rachetait les terrains environnants et l'on replanta en vigne rouge. Dillon redevenait un des plus importants vignobles de cette commune ; il était cadastré pour 40 hectares de plantation de vigne très bien encépagée de cabernets francs, cabernets sauvignon, de malbec, de merlot et carménaire [carménère], et ensemble produisaient en moyenne 220 tonneaux, quelques fois plus, dont 25 tonneaux de vin blanc. Les vins rouges ont été pendant de longues années expédiés par barriques plâtrées aux États-Unis où M. Seignouret avait des attaches commerciales et familiales. Ce vin très apprécié par sa bonne tenue, sa robe, son bouquet velouté, se vendait le plus cher des vins de la localité car il tenait bien la bouteille. Plus tard, sa commercialisation fut vendue à un négociant bordelais avec monopole, sa qualité connue était très demandée et bien cotée dans le négoce. Cette propriété fut régie par M. Chéri Bouges, frère cadet de M. Aimé Bouges, régisseur de Breillan ; il eut 2 fils, Marcel qui succéda à son oncle à Breillan et Louis à son père à Dillon.

Cette famille de père en fils représente sur ces terres un siècle et demi de continuité, très unis, se complétant, se consultant pour tous les problèmes rattachés à leur profession, ce qui me fait dire que les rouges de Breillan et de Dillon étaient très proches en qualité l'un de l'autre. Dillon avait une plantation de vin blanc située dans le haut de Linas sur terrain de marne argileux, ce coteau exposé au midi en pente vers le village côté levant en bordure du château Cambon, plantée de sauvignon, de sémillon et de muscadelle, cépages très sélectionnés qui produisaient un ensemble de vins fins corsés, aromatisés et colorés, nos vins « Blanc que Fort » sont décrits comme étant comparables au vin blanc du Rhin, vin sec de très grande qualité en vieilles vignes, en les comparant aux vins d'Ostrich qu'il nous a été permis de déguster et d'apprécier en délégation. Cette petite région rhénane récolte des vins blancs analogues, sur des terrains argileux calcaires, logés en cave voûtée, creusée dans la marne, ils se vendent très chers et sont très cotés dans le monde, ils sont d'une très bonne tenue.

Nous revenons à la famille Seignouret qui eut une fille qui épousa M. Filippini d'origine corse, homme et musicien distingué (que nous avons connu), il entretenait très bien la propriété sous l'impulsion de son régisseur M. Bougès. Il nous quitta autour de la soixantaine laissant une fille, Melle Marie-Thérèse ; Mme Filippini veuve, se remaria avec M. Cabani, ami et compatriote de son ex-mari. Il s'occupa du domaine mais sans grandes connaissances, il comprit vite que cette très grande propriété de 125 hectares ne pourrait être maintenue lui vieillissant, ainsi que madame, et laissant une fille inexpérimentée, de mauvaise santé et mauvaise vue. Il consentit à louer la propriété à M. Grimal, directeur de l'école d'agriculture en date du 14 novembre 1923.

Le Lycée Agricole. Ce fut une très brillante opération ; en reprenant l'exploitation, il permettait à cette école cloisonnée dans le Béchon sur une superficie de 8 ha 66, superficie insuffisante bien que son effectif n'était pas très important, cette location a permis à l'école son expansion. C'est en 1953, sous l'impulsion de son brillant directeur M. l'Ingénieur Chatenet qu'elle passa École Régionale, puis Lycée Agricole Bordeaux-Blanquefort en août 1960 ; il obtint des crédits en trois tranches (sous le ministère de notre ami Jean Sourbet, député de la Gironde, ministre de l'Agriculture) il fit procéder en plusieurs tranches à la construction et à l'agrandissement des locaux scolaires, amphithéâtre, logement de fonction et de direction, ce qui permit de porter l'effectif à plus de 600 élèves pouvant évoluer dans ce domaine acheté par lui le 14 janvier 1956.

Cette propriété de polyculture permet de donner à ses élèves, sur le tas, un enseignement complet dans tout ce qui touche à l'agriculture ; tenue à la pointe du progrès elle suit de très près tous les perfectionnements viticoles, agricoles et d'élevage. Ce fut très heureux et cela était vraiment indispensable à un bon enseignement. Son exploitation vinicole a repris hautement le flambeau de sa réputation, exploitée par des connaissances approfondies avec son matériel moderne hautement qualifié. Cette vente n'a lésé personne, Mlle Filippini se maria tardivement avec le Comte Arlaud de Saint-Saud ; elle n'avait pas d'héritier direct. Cette grande propriété aurait disparu. Il nous reste en définitive aux quatre points cardinaux, quatre propriétés produisant quatre vins type bourgeois, quatre vins différents de brillante qualité, ce qui conserve le renom de nos vins récoltés dans notre cité.

Texte de Raymond Valet, Feuillets d’une mémoire, G.A.H.BLE, Blanquefort, 1984, p.67-70.

 Pour lire la bibliographie du château, cliquez ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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