Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

Le carnaval.

Un des grands moments de la vie de notre village médocain était l'époque du carnaval.

Très jolie tradition où les gens s'amusaient beaucoup dans une ambiance très cordiale et bon enfant. Durant plusieurs jours, les gens se déguisaient et, masqués, allaient le soir, rendre visite à des amis.

L'intrigue était grande. Qui rentrait chez vous en faisant preuve de toutes les audaces, s'attablant pour déguster à votre table les « merveilles » ou beignets confectionnés par la maîtresse de maison, arrosés d'un délicieux petit blanc ? Et la surprise était souvent totale pour la joie intense de tout le monde. Les soirées se passaient très agréablement. Puis il y avait les bals masqués. Là, maman faisait preuve d'imagination car elle voulait que les siens, Margot et Raoul, fussent les plus beaux. Elle leur confectionnait de merveilleux costumes.

Je me souviens d'un costume de « marguerite » pour ma sœur : toute la jupe en longs pétales blancs, le corsage vert. Une superbe couronne de marguerites en fleurs fraîches auréolant son front, mais maman avait exigé que Margot laisse flotter ses splendides cheveux ondulés dans son dos. Elle dut, hélas, les rattacher en cours de soirée car on valsait beaucoup et en tourbillonnant les beaux cheveux s'accrochaient à tous les boutons des costumes des messieurs. Pour accompagner cette jolie fille en fleur, Raoul avait eut droit à un costume d'Arlequin remarquable où chaque losange était différent des plus proches. Le bicorne était assorti bien entendu. Comme je les trouvais beaux ! Et à juste titre.

J'avais le droit, accompagné par une de mes « dames de compagnie » d'aller assister à l'ouverture du bal et d'y demeurer un moment. J'y prenais un plaisir très vif et comme il me tardait d'être « grand » pour participer. Je crois que dès mes jeunes années j'acquis ainsi le virus de la fête. Le jour même du mardi gras se faisait le défilé des travestis à travers le village avec la fanfare et le « bœuf gras » en tête. Et le mercredi des Cendres, les cavalcades devant le jury qui décernait les prix sur le parvis de la mairie, derrière l'église.

Tous les villages environnants faisaient preuve d'ingéniosité. Les chars étaient tirés par de très beaux attelages et les distinctions étaient très convoitées. Toutes ces fêtes créaient une atmosphère très agréable dans les villages... ainsi les « Feux de la saint Jean », sans parler de la fête locale annuelle, à Macau, pour la saint Roch. Le manège venait avec son orgue de barbarie et ses superbes chevaux de bois. C'était une vraie récompense. Une petite troupe théâtrale communale, animée par maman, donnait de très jolis concerts une ou deux fois par an. Maman et Margot y chantaient ; Margot jouait aussi.

Une fois, ils créèrent une petite comédie musicale où la tête de turc fut le cordonnier du village, M. Moya. C'était un homme simple mais sa femme avait ce qu'on appelle une langue de vipère et de plus, disait-on, « la cuisse légère ». Le prétexte fut développé, on suspendit un mannequin habillé à son effigie, au milieu de la place, avec inscriptions à l'appui et cela donna sujet aux chansons acerbes et sans égards de cette comédie. Moi, j'attendais l'entracte avec impatience car, pour couvrir les frais, les jeunes filles vendaient quelques bonbons et des oranges - chose rare à cette époque et c'était encore une récompense. Les veillées de Noël donnaient bien sur lieu à de charmantes réunions de famille avec l'incontournable menu traditionnel : huîtres et saucisses. Voilà l'ambiance dans laquelle je fus élevé.

Petit Pierre (recueil de souvenirs de Pierre Blanc, Macau, transmis par Mme Ancion).


joomla template