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La forteresse médiévale d'Agassac.

Le 15 juin 1594, dans le rôle des nobles de Guyenne sujets au ban et à l'arrière-ban, est cité pour la paroisse de Ludon le sieur de Gassac. Ainsi peut-on supposer très sérieusement que Ludon existait du temps des Romains, qu'un temple s'élevait à la place de l'église actuelle et qu'un certain Gassus donna son nom à la villa qu'il occupait, mais aucune fouille n'a pu nous apporter jusqu'à ce jour la moindre certitude.

Voici la description que donne Léo Drouyn du château d'Agassac dans ses notes inédites qu'il écrivait à la suite d'une visite qu'il fit à Ludon en 1862 :

Le château d'Agassac s'était d'abord composé d'une motte à peu près ronde enveloppée de larges fossés alimentés par une source qui sourd à 250 mètres environ du château. Des fossés plus étroits, et venant rejoindre les premiers, enveloppaient au nord une vaste cour à peu près carrée. Ils passaient au nord du colombier B. Un léger reste de ces seconds fossés existe encore en A. On les a retrouvés en faisant les fondations du bâtiment C. On voit encore les fondations d'une tour en D...

plan-agassac

Il est probable qu'un vallum extérieur aux fossés en faisait le tour, mais il ne reste plus aucun vestige. Tel était l'ensemble de cette forteresse qui est probablement antérieure à la domination anglaise.

Mais, au XIVème siècle, on construisit au milieu de la motte un petit château à peu près carré possédant une tour ronde à chacun de ses angles. À cette époque, le rez-de-chaussée ne devait avoir pour l'éclairer que des meurtrières ou au moins de très étroites ouvertures carrées. Il existe maintenant un espace assez considérable entre le fossé et le château. Ces lices n'étaient pas autrefois aussi larges, mais elles devaient exister. Une poterne ogivale, large de 90 centimètres, avait été faite sur le côté est pour y servir de sortie dérobée. Le seuil de cette poterne est à 1 m. 50 environ au-dessus du sol actuel. L'esplanade entre le pont et la courtine septentrionale n'existait probablement pas et le fossé devait baigner le pied des tours et de la courtine. Là, devait se trouver en avant une bastille pour protéger la porte.

Au XVIème siècle, de grandes modifications ont été faites dans la distribution intérieure de la forteresse. On ouvrit des fenêtres à la place des meurtrières, on refit la porte principale, on construisit un large escalier de pierre pour remplacer ceux de bois dont l'usage n'était pas plus agréable que l'aspect. En somme, le rez-de-chaussée n'avait primitivement que trois pièces : deux sur le devant, une grande au fond. Au milieu de cette grande salle du fond existait un pilier en pierre pour soutenir la poutre qui portait les solives du plancher du premier étage. Ce rez-de-chaussée, comme presque tous ceux de la même époque, devait servir de magasin, de cellier. La distribution du premier étage était semblable à celle du rez-de-chaussée, les mêmes murs le divisaient en autant de pièces, trois des tours conservent leur forme, circulaire à l'extérieur et hexagonale intérieurement. Celles du sud sont plus massives, toutes ont leur porte qui s'ouvre dans l'angle des courtines. Elles sont percées dans chacun de leur compartiment de meurtrières cruciformes qui battent tous les points de l'horizon. La quatrième, celle du sud-est, servait de chapelle. C'est un petit édicule pentagone plus large que la base ronde qui le supporte. Cette chapelle était éclairée par deux petites fenêtres ogivales et par un oculus sans meneaux qui devait s'ouvrir au-dessus de l'autel. La chambre située sur la chapelle avait des latrines en saillie juste au-dessus de la fenêtre sud-ouest.

La courtine de façade était couronnée par des mâchicoulis et des créneaux dont on voit les arrachements contre les deux tours. Les autres courtines ne paraissent pas en avoir. On avait sans doute pensé que la largeur des fossés, l'élévation des murs et les archers placés au second étage des tours, étaient une protection suffisante. Les portes de ce second étage des tours étaient nécessairement à la hauteur du chemin de ronde qui, vu le peu d'épaisseur des murs, devait être assez incommode. Dans l'état actuel des choses, on ne peut se livrer qu'à des conjectures probables sur la disposition des toitures. Le château a subi, aux XVI et XVIIèmes siècles, d'importantes réparations qui ont probablement dénaturé les combles primitifs. Quoi qu'il en soit, conclut Léo Drouyn, et tel qu'il est, ce château est une des plus élégantes et des plus pittoresques constructions que je connaisse.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.23-26.

Le château d'Agassac (de agasse : pie) eut des transformations successives, mais l'ensemble, relativement bien conservé, ne manque pas de dignité, les douves qui l'entourent ajoutant à la majesté du lieu. Ses maîtres eurent une certaine puissance au Moyen-âge, possédant, en outre, des dépendances dans Blanquefort, Ludon, Macau, Margaux, Listrac et ne devant au roi, en foi et hommage, que deux éperons d'or (acte de 1270). Mais leur relative puissance ne leur évita pas de nombreux procès dont voici les principaux :

- Vers 1235, la seigneurie d'Agassac dépendait de la châtellenie de Blanquefort ; un des valets de Gaillard d'Agassac ayant été trouvé noyé dans les douves du château, son maître, soupçonné de son meurtre, fut cité à comparaître devant Pierre de Roquetaillade, juge de Blanquefort. Il protesta de son innocence et fut acquitté en prêtant serment sur le « fors » de Saint-Seurin de Bordeaux.

- Un peu tard, des contestations eurent lieu entre le seigneur d'Agassac et les Bénédictins de. Sainte-Croix de Bordeaux, qui lui devaient leur premier « colac » chaque année [le colac est un poisson, l’alose].

- Enfin, en septembre 1713, Pierre Cocart, vicaire de Macau, fut condamné pour avoir insulté... le valet du maître d'Agassac.

Parmi les principaux seigneurs du lieu, citons : Gaillard d'Agassac (1238), les d'Albret (de 1274 à 1377), les de Montferrand (de 1377 à 1441), les Dussault (de 1501 à 1517), les Genouilhac, en 1580. Il fut ensuite racheté par les Pomiès, descendants des anciens seigneurs. Enfin, à Jehan de Villeneuve, dont le fils épousa Antoinette de Durfort, puis, en 1683, à Marie de Cazeaux, dame de Cantenac, veuve de Louis de Villeneuve de Durfort, baron de Macau.

 

Le château de Sauges appartint à la même maison qui en fit une résidence d'été.

Guy Dabadie, Histoire du Médoc, imprimerie Samie, Bordeaux, 1954, p.104-105.

 

 

 

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photos fonds privé François Barreau.

 

Château d’Agassac.

Société civile du château d'Agassac, propriétaire. Philippe Capbern-Gasqueton, administrateur.

Le château d'Agassac, entouré d'un vaste vivier et d'un parc circulaire, est une des résidences les plus pittoresques du Médoc. Ce domaine, d'environ 100 hectares, dont 35 sont consacrés à la vigne, produit en moyenne 100 tonneaux de vin très estimé. On trouve dans ces vins, particulièrement recherchés en Hollande, le bouquet, la couleur, le moelleux, et un goût délicatement aromatisé ; ils gagnent beaucoup en bouteille et se conservent de longues années. Le terrain du vignoble est généralement graveleux. Ses produits ont obtenu, entre autres récompenses ; médaille d'or, Paris 1867, Amsterdam 1895, Rouen 1896, Bruxelles 1897, Londres 1908, Bruxelles 1910.

Les grands vins de Bordeaux, Editions Dussaut, 1980, p. 223.

 

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