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La famille De Bacalan.

Le premier des Bacalan connus, Jean de Bacalan, est dit habitant Pujols en 1502. Il eut comme arrière-petit-fils Symphorien de Bacalan, qui guerroya aux côtés d’Henri IV, ainsi que ses huit fils dont quatre furent tués au service du roi. Parmi ces huit enfants, l'un d'eux, Timothée, eut comme fils Samuel, écuyer, mort en 1690. Enfin, le fils de Samuel, Timothée, capitaine de carabiniers au régiment de Noailles, est le père du chef de la branche des Bacalan de Bordeaux : Joseph, chevalier, seigneur de Grateloup, des maisons nobles de Cazalet et de Morange, vicomte de Cumont, conseiller puis président à mortier au Parlement de Bordeaux, membre de l'Académie de cette ville.

Joseph De Bacalan fut baptisé, le 23 septembre 1701, à Saint-Pierre de Nogaret (Lot-et-Garonne), et épousa, le 26 juin 1731, Marie-Elisabeth de Brulz, fille de Pierre, seigneur de l'Isle, conseiller à la Cour des Aides, et feu Marie Bourdeyron, en l'église Saint-Mexant à Bordeaux (au coin de la rue Sainte-Catherine et de la rue du Parlement). Le 16 février 1738, devant Me Bancherot, notaire à Bordeaux, il acquiert de Sarrazin de Durfort, seigneur-comte de Boissière, maréchal de camp des armées du roy, moyennant cinquante mille livres, les maisons nobles de Cazalet et de Morange, à Ludon en Médoc.

De 1740 à 1745, Joseph De Bacalan est jurat de Bordeaux et assiste en cette qualité à l'érection de la statue de Louis XV à Bordeaux (19 août 1743). Il mourut le 9 mars 1772, au moment où il venait d'être nommé président au Parlement, et fut inhumé dans l'église Saint-Éloi à Bordeaux. Son fils, Messire André, Timothée, Isaac, chevalier, maître des Requêtes et intendant du commerce, fut un économiste distingué. Il était né le 9 août 1736 et épousa, le 1er juillet 1761, en l'église Sainte-Eulalie, Jeanne de Lavie, fille de Messire Jean-Charles de Lavie, chevalier, baron de Nontron, marquis de Bourdeix, comte de Belhade, seigneur du Taillan, président honoraire au Parlement.

Physionomie fruste et bourrue, apôtre des idées nouvelles, Jean-Charles de Lavie est en même temps un écrivain de talent dont les ouvrages ont pu être, en son temps, comparés à ceux de Montesquieu. Né à Bordeaux en 1694, il fut inhumé au Taillan le 22 août 1775. La réputation de travailleur et d'économiste du jeune de Bacalan ne fut pas étrangère au choix qu'il fit de ce dernier pour son gendre. Mme de Bacalan avait deux sœurs : Gabrielle-Henriette, morte le 2 avril 1797 ; Marie-Adélaïde, mariée à Messire de Pomies, seigneur d'Agassac, à Ludon.

Les portraits de deux des demoiselles de Lavie font partie de la collection de tableaux de M. Henri Cruse en son château du Taillan, leur ancienne demeure. Le premier pastel représente Marie-Adélaïde de Lavie qui devait épouser un de Pomies. Elle a un beau visage régulier mais hautain ; ses cheveux sont poudrés, sa robe montante bleu de roi est garnie de fourrure.

Le deuxième pastel est celui d’Henriette, Gabrielle de Lavie, qui ne se maria pas. Figure non régulière, en robe puce, sa main est cachée dans un manchon de fourrure, sa tête est recouverte d'un capuchon ou bonnet à ruban bleu. Ce portrait est certainement inspiré de celui de Marie Leczinska. Timothée, Isaac de Bacalan mourut prématurément à Paris, le 21 juin 1769, par suite, croit-on, d'excès de travail. Il fut inhumé à Saint-Germain l'Auxerrois.

Il y eut, au cours du XVIIème siècle, des Bacalan d'une autre branche qui habitaient Bordeaux. L'un d'eux fit bâtir au bord du fleuve, après les Chartreux, une magnifique résidence de campagne où il recevait les élégantes et les belles dames de la petite Cour de Bordeaux, dans le quartier qui porte encore son nom.

Timothée, Isaac avait eu deux enfants Gabrielle-Henriette, mariée à Charles-Mathurin de Noiret, vicomte de Cézac, morte à Bordeaux, 38, rue du Mirail, le 8 janvier 1844, à 81 ans. Timothée, Martial de Bacalan, né en 1762, qui fut conseiller à la Cour d'appel et adjoint au maire de Bordeaux en 1810. Il avait été inquiété pendant la Terreur et inscrit sur la liste des émigrés, bien qu'il n'eût pas quitté la France. Il épousa, en 1825, une femme beaucoup plus jeune que lui, Marie, Françoise, Augustine, Delpy de La Roche. Il mourut à Bagnères-de-Bigorre le 23 août 1835. Il est le dernier des Bacalan.

À cette époque, la maison de Cazalet, appelée depuis château de Bacalan, comprenait encore environ dix hectares de vignes et prairies qui s'étendaient pour la plus grande partie entre la mairie actuelle, la croix de Fontbonne et le chemin de Phalot. Mme de Bacalan, veuve de Timothée, Martial, est morte au bourg de Ludon le 5 décembre 1883. Elle avait vendu sa maison de Cazalet à M. Eugène-Louis Simonnot, le 28 mai 1854. M. Simonnot avait épousé à Troyes, en 1833, Eugénie Arnault de La Ménardière dont il eut quatre enfants, parmi lesquels M. Adrien, Pierre Simonnot qui est mort dans sa maison de Bacalan en 1901.

Après avoir passé entre les mains de différents propriétaires, dont MM. le docteur d'Ayrenx et le colonel Michau, Bacalan a été acheté par M. Jacques Delmas qui l'a admirablement restauré selon le goût de l'époque et en a fait une résidence princière.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.126-129.

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