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L’histoire de Ludon.

Les bords de la Garonne n'étaient pas, autrefois, ce qu'ils sont maintenant, de riches vignobles ou de grasses prairies, mais des marais inaccessibles, inondés deux fois par jour par la marée. Les jalles n'étaient pas encaissées entre des digues qui conduisent leurs eaux directement dans le fleuve ; elles débordaient de toutes parts et laissaient, après l'hiver, des flaques et des mares que les étés les plus chauds ne pouvaient entièrement dessécher. Des échancrures du rivage, maintenant en pleine culture, formaient alors des anses et des golfes peu profonds mais assez cependant pour permettre à des bateaux plats d'y naviguer facilement. Sur les éminences qui bordent ces marais et ces golfes, sur les boursouflures de terrain solide, souvent rocheux, qui se remarquent quelquefois au milieu de ces lagunes, on trouve des restes d'anciennes forteresses ; quelques-unes conservent des traces du passage des Gaulois, d'autres de celui des Romains dont les établissements ont été détruits par les Normands qui, eux, à leur tour, s'y sont retranchés et ont été remplacés par les puissants seigneurs du Moyen-âge (Léo Drouyn, La Guyenne militaire).

Nous pouvons suivre, en effet, le tracé des anciens bords de la Garonne si nous relions entre eux les différents châteaux-forts de la région : Cantemerle, Agassac, Parempuyre, Blanquefort, en passant par l'église de Ludon. Et nous trouvons que cette ligne de démarcation est partout la même que celle qui sépare le territoire des graves de celui appelé aujourd'hui la palu. Toutes ces forteresses ont été construites sur des mottes ou dunes, sortes de tertres peu élevés, situés au bord de l'eau, qui dominaient le pays et le protégeaient. Il est permis de penser qu'elles ont remplacé des fortifications plus anciennes, probablement gallo-romaines. Le fleuve proprement dit s'était évidemment retiré depuis longtemps lorsque ces constructions furent entreprises, entre le XI et le XIIIème siècles, mais les marais restaient inondés une partie de l'année, facilitant ainsi l'accès de la contrée aux bateaux plats des pirates. C'est du côté de l'eau qu'une agression pouvait être le plus à craindre ; c'est là que la ligne des forts veillait. En cas d'alerte, les signaux, répétés par les mottes de Cantemerle, de Ludon, de Parempuyre et de Blanquefort, donnaient l'éveil à la ville de Bordeaux.

C'est sous cet aspect d'une ligne de châteaux-forts montant la garde le long de la Garonne que l'on doit envisager le territoire compris, au Moyen-âge, entre Macau et Bordeaux. Tout l'arrière-pays est, pour ainsi dire, inexistant ; il n'y a pas de routes, les forêts s'avancent presque toujours jusqu'au littoral. Les agglomérations se pressent autour des châteaux et des églises qui sont, elles-mêmes, sur la ligne fortifiée.

On ne peut détacher Ludon au Moyen-âge de cet ensemble défensif, dont il ne forme qu'un échelon, pas plus que l'on ne peut songer à écrire son histoire, si l'on néglige celle de la châtellenie de Blanquefort qui tenait tout le pays environnant sous sa domination.

Ludon possédait alors deux châteaux sur son territoire, chacun à l'une des extrémités de la paroisse : Cantemerle au nord, Agassac au sud. Mais les deux seigneurs de ces fiefs étaient vassaux du sire de Blanquefort et le reconnaissaient comme leur suzerain. Cet état de choses dura jusqu'en 1601, époque où Jacques de Durfort, seigneur de Blanquefort, que les guerres de religion avaient en partie ruiné, se vit obligé, pour se créer des ressources, d'aliéner la haute justice et les rentes agraires de sa châtellenie, ce qui fut fait par un contrat de vente retenu par Me Pascal, notaire à Bordeaux. Cette date de 1601 est à retenir, elle marque la fin de la suprématie des seigneurs de Blanquefort. Alors seulement, Ludon vivra de sa vie propre, sous la domination exclusive des seigneurs d'Agassac. C'est donc à cette date que nous terminerons la première période de l'histoire de Ludon.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.17-19.

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